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« Capitaine Allen, où ils ant été recueillis par sa “ chaloupe. Monsieur Moraud nous prie, tant ‘ en son nom qu’en celui de ses compagnons ‘“ d'infortunes, de témoigner leur : profonde ‘“ reconnaissance au Capitaine Allen et à son “ équipage, dont les généreux efforts les ont ‘“ sauvés.
“ P, $S.. Une note qui nous est communiquée “ donne ainsi les noms des personnes qui se “ trouvaient à bord du bateau.
‘“ Personnes noyées : François Rivard, Fré- “ déric Laliberté, Joseph Laliberté et Théo- “ phile Lemay, Marie Blanchet, Rosalie Rous- “ seau, Sophie Pérusse (la veuve Beaudet) et ‘un autre dont le nom est inconnu.
‘“ Sauvés : Le docteur Grenier,.M. Moraud,
“ notaire, Jean-Baptiste LeMay et un autre “ dont le nom est aussi inconnu.”
La nouvelle de ce pénible accident se ré
pandit chez nous comme une trainée de poudre enflammée. Chacun voulut voir Eusèbe Asselin et l'interroger.
La femme de Jean Letellier allait devenir mère encore. Jeune, belle et bonne, elle était mariée depuis neuf ans. Elle avait un petit
Madai y ava visage ou tre rougis
La?
sagère tremb mit sa à fonc diman fix, po s'envil demi-l
—E j'entre
—F répon
parsa |sarçon de huit ans, frais et mignon comme ces le, tant [petits anges que les grands artistes savent gnons |peindre. Trois autres enfants, morts au berceau, ofonde |lattendaient au ciel: Ce n’était pas à qui lui ‘à son [annoncerait le naufrage du bateau de Paton, les ont Îcar on savait que son mari était au nombre des passagers et qu'il avait péri. Les femmes, les niquée mères surtout ont un instinct merveilleux. qui se Madame Jean Letellier s’aperçut bien qu'il y avait du mystère autour d'elle. Tous les F visages étaient tristes, toutes les voix, muettes si se ou tremblantes, tons les veux, mouillés ou PRÉO= |ougis, Rous- Hd. fes ?
let) et La mère Loset fut choisie pour être la messagère de la douleur. La pauvre bonnefemme | tremblait comme si le froid l’eut slacée. Elle RESge mit sa Jupe neuve et son mantelet d'indienne
à fond blanc, tout comme pour un jour de dimanche. Elle s’'agenouilla devant son crucifix, pour demander la force et la prudence, puis s’envint chez Letellier qui demeurait à une | à demi-lieue de chez elle. | à
—ÆExcuse, dit-elle en entrant, excuse, Julie, si j'entre sans cogner.
—Pas d’offense ! mère Lozet, pas d’offense !
répond de sa voix douce la jeune femme
Venez vous asseoir. Disant cela, elle apporte une chaise à son ancienne voisine : Il fait beau, R reprend-elle, et nos hommes, je l'espère, se sont rendus heureusement à Québec.
La mère Lozet ne peut retenir une larme qui roule sur sa joue. Elle n'ose parler, car sa voix brisée par l'émotion la trahirait trop vite. Elle s’assied, tire sa tabatière d'argent et son mouchoir de poche, et, pour se donner de la contenance, elle hume une prise de tabac. La jeune femme continue :—Je n'ai pas été bien la nuit dernière. J’ai mal dormi. Des rêves fatigants m’écrasaient la poitrine sitôt que je fermais les yeux. Puis l'heure approche je crois. Sile vent d’en haut retardait la berge, je pense qu’à son retour Jean trouverait sa famille augmentée... Si je lui donnais une fille, comme il serait content !
En entendant cela la mère Lozet perd toute contenance et les sanglots l’étouffent.
— Mon Dieu! qu'avez-vous done, madame Lozet ? Qu'y at-il ? vite! parlez! repart le jeune | femme. Est-il arrivé quelque chose à Jean ? Se serait-il noyé ?..... Mon Dieu ! Mon Dieu!
Et la pauvre créature, en proie à la plus
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La mère Lozet allant vivement prendre les deux mains de sa jeune amie, lui dit alors:
Julie, Julie, ne te décourage point : il faut se soumettre à la volonté de Dieu.
—Ah! mon mari est mort! mon mari est mort ! C’est donc vrai, mon Dicu ! c’est donc vrai! Et, jetant ce cri. de douleur, elle s’évanouit.
Au même instant plusieurs personnes arrivent : ce sont M. le curé, Pierre Blais et sa femme, la mère Chénard et la José-Baptiste.
Le curé s'était hâté d'aller voir tout à tour ceux de ses paroiïssiens que le ciel venait d'éprouver si cruellement. Jean Letellier demeurait un peu loin de l’église : ce ne fut pas là qu'il dût venir en premier lieu.
On dépose la jeune femme sur son lit. Elle est prise bientôt des douleurs de l’enfantement, et donne le jour à une petite fille. Une fièvre terrible qui dévore, le plus souvent, les victimes dont elle s'empare. la met dès le même soir eux portes du tombeau. Comme la lampe qui
se ranime ayant de s’éteindre pour jamais, et
jette un dernier rayon dans l'appartement assombri, la mère infortunée se réveille dans les ombres de la mort. . Elle a.un éclair d'intelligence, un instant de force. Elle prend sa fille, l'enveloppe d’un long regard d'amour et la presse sur ses lèvres blêmes. Elle appelle son petit garçon qui joue à la porte. L'enfant s'approche du chevet de sa mère.
—Embrasse-moi, dit-elle de sa voix mourante, tu ne me verras plus, pauvre enfant !...... je
L'enfant entoure de ses petits bras le cou de sa mère et la couvre de baisers et de larmes : Reste ici! dit-il, ne t'en va pas !...... Je ne veux pas que tu meures !....., je ne veux pas rester seul ! ...... Attends que papa soit revenu ! ..... Papa va revenir !...... Maman, ne meurs pas | maman, ne meurs pas !.....
Tout le monde pleure. Et c'est, en effet, un tableau navrant.
—Je m'envais avec le bon Dieu, continue la mourante. Tu y viendras aussi toi, si tu es un bon enfant. Dis tous les jours un Ave, Maria, en l'honneur de la Sainte Vierge, et tu viendras
rtément le dans air d’inrend sa nour et appelle J'enfant
purante, [1576
* cou de larmes :
. Je ne ux pas soit rean, ne
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tinue la u es un
Maria, iendras
au ciel nous rejoindre un jour.....Le diras-tu, mon cher ?
—Oui, mère, répond l'enfant, je vais le dire de suite; mais ne meurs pas |...
Et se jetant à genoux il récite dévotement, les yeux levés sur une image de la Sainte Vierge: Ave, Maria, gratin plena; Dominus lecum...…. Et pendant qu’il prie ainsi sa mère expire ; et l'âme pure de cètte humble femme s'envole aux cieux.