‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme] (volume 3)Chapitre 57 sur 69 · LES DEUX) CALÈCHES · texte numérisé non relu

LES DEUX) CALÈCHES

Le maître d'école chercha Geneviève et la petite Marie-Louise, pendant trois Jours, ct ne put découvrir le lieu dé leur retraite. Ine pouvait: s'expliquer ane fuite aussi prompté tsi peu-préméditée. 11 se perdait en ‘conièctures : Serait-ce‘le muet? pensait-il, serait-çe. (rene ;iève ?- «TE se: rendit à l'aubotge de l'Oiseau de proie, où flAnaient toujours: quel: ques .uus de ses nouveaux: compagnons. Il leur fit part de sa mésaventure : tous jurérent de l'aider dans ses recherches, Et en effet,ils se répandir >nt dans Ja ville, comme des bêtes fauves, rôdant, flairant partout, s’attardant aux coins des rues pour épier les gens, et questionnant tout le monde. Mais leurs peines furent inutiles : ils trayaillèrent en pure perts, Une retraite sûre autant que sacrée donnait aux fugitives son efficace. protection contre leurs ennemis, Le vendredi arriva, Racette

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qui avait mandé son beau-frère de descendre à Québec, craignait maintenant de le voir venir. Son triomphe s'était changé en une défaite humiliante. 11 était morne, irascible, et se serait donné au diable pour le plaisir de se venger de Geneviève et de perdré l'enfant.

L’après-dinée du vendredi s’écoula et le beau-frère ne vint point.

—Le bateau doit être:arrivé maintenant, pen:

sait-il ; si Eusèbe était descendu, je l'aurais vu déjà. Il n’est pas venu, tant mieux! je vais me rendre au marché, pour m'en convaincre.

Et il partit Uns pensée lui vint : Si je passais par le palais ? il y a r. it-être quelque berge de Lotbinière : je les visiterai de crainte que les diablesses n'y soient cachées.

Il se dirigea vers le palais. Il n’y avait là qu'un bateau de Lotbinière et un autre, de St. Jean Deschaillons : mais les fugitives n'étaient point à bord. Racette, déçu de nouveau,

prit la rue St. Paul et chemina lentement

comme un homme qui ne sait où il doit aller.

L'Angelus sonnait. Pendant que les âmes pieuses faisaient monter vers le ciel, avec les flots d'harmonie de l’airain sacré, leur humble

lab

cendre à oir venir. Le défaite le, et se isir de 5e enfant.

ula et Île

enant, pen l'aurais vu ch je vais convaincre.

vint : Si L

Et il s'élance à la poursuite de la calèche :

prennent pas ce qu'il veut dire. Il rencontre #1 un chantier, .monte dans. da ivoiture :

de nouveall |entement

! il doit aller. | marche ! file ! Le en avant !

laboure les flancs du cheval qui bondit et s'é-

prière, lui, le misérable, il blasphémait le saint nom du Seigneur. Tout à coup, comme il passait vis-à-vis la côte des Chiens, il vit venir une calèche. Le soufflet en était relevé comme aux jours de pluie, et le cheval trottait dru sous les coups de fouet. La voiture passa comme une flèche, mais il put voir, dé, ses yeux | de lyux, une femme ‘et une enfant assises 4 toutes deux en arrière, et il entendit un cri léger:1La foudre l’eut frappé qu il ne se Snt pasarrêté plus subitement:

—Les malheureuses ! thble-L Y les sintitiul !

—Arrêtez-les ! criet-il; arrêtez:les:! :

Les gén se détournent pour voir ét ne 6om:

— Vite! fais crever ton cheval s’il le faut .:.….;

—Où ? |

—Rejoins la éalèché qui vient de passer !

—Ce n'ést point aisé !

—Malédiction ! vas-tu partir ? Fouette !

Le cocher ne se le fait plus répéter. Le fouet

lance sur la route. Les roues de je calèche tournent come, deux scies rondes. Pourse garer de cet attelage rapide les autres voitures cédent tout le chemin. Les deux calèches passent devant le palais et s'engagent dans la rue St. Joseph, qu ’elles suivent jusqu'à la rue du Pont. Alors, tournant à droite, elles prennent celle- -Ci pour gagner la campagne,

Quand Ja colèche qui empoñtait Geneviève et Marie-Louise passa la bartière.du pont Dor chester,. l’autre m'était plus qu'à, iqnefques perches en arrière. |

— Fermhesila barrière! 'erte 16 sites Se au. gardien, trs, were nous, SOMMES -POUrsuivis.

Le gdrdieh fée le babtidte, Ratétie qüi vient 'de dire à’:son''charretier : Pasbe. tout droit si la barrière est ouverte, pousse un juron.,en voyant le. gardien la refermer. :Mais le retard n’est pas long, et. la rapidité du cheval qui se sauve n’est égalée que ,par Es. rapidité de celui qui le poyrsuit. Les fers résonnent fort sur le chemin durci. Déjà des flocons d'écume se forment sous lés harnais et les chevaux exhalent, de leurs naseaüx di:

, calèche Pourse s'yoitures calèches gent dans jusqu'à la roite, elles campagne:

Geneviève u pont Dorà, quelques

miér docher pmmes pour

Racette dti . Passe tout , pousse 0” semer. : Mais rapidité du » que, paï C it. Les. ir i, , Déjà des

j'iés harnais naseaux di

latés, un souffle brûlant. Le trot ne süffit plus et lès Toiturés se mettent au galop. La petite Marie-Louise tout effrayée tiéht Geneviève par le bras èt se serré contre elle. Geneviève, pâle et intérdite, se croit déjà entre les mains du maître d'école sans pitié: elle pense au rêve de la nuit précéderité. Son âmant d’hier, à ses yeux si séduisant et'si beau, s'est changé en un monstre affreux. Elle invoque la mère de Marie-Louise et lui ditencore: Sanvez-nous ! sauvez-nous |... Elle est:tirée de,cet.état de: stupeur par la voix du cocher qui s’écrie: Il fat arrêter : je p'ai pas envie de faire créver ia Bête..." Cette parole ei comine nn potghard qui fouille le cœur de la pauvre fille.

—N'arrêtez.pas, dittelle, n'arrêtez pas!

Mais ‘ils nous réjoigiienit !...... ils tapprochent ! Li d 8t 19% |

Il se penche pour régardét éh arrière : Îls voht passér et nôus barrèer lé chéinin; continue-

[til Vous ne connaisséz pas de maison où vous seriez en sureté ?

—Je ne ‘connais pérsonne ici, je Suis éträngère. |

Au même instant ses yeux aperçoivent le

clocher de l'é glise de Beauport qui porte haut, | dans l'air, la croix de Jésus. Le clocher fait tou-

‘ jours naître hne pensée consolante, un rayon ai d'espoir! C’est le drapeau qui rallie les trou- 1 pes éparses ; c'est le phare qui annonce l'entrée | du port tranquille; c'est le doigt de la religion ail qui nous montre le ciel.

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