‹ Le pèlerin de Sainte-Anne [microforme]Chapitre 58 sur 68 · OU ROSSETTE TROUVE UNE PLANCHE DE SALTWT · texte numérisé non relu

OU ROSSETTE TROUVE UNE PLANCHE DE SALTWT

éri !

Ile : Désireux de savoir ce qui se passait à la ère maison de Lepage et ce qu'était devenu son

fidèle camarade le charlatan, Saint-Pierre, le

chef, se rendit au Château-Richer. Ceux qui le connaissaient ne le reconnurent point. Son cràne dénudé se perdait sous une riche chevelure noire ; une énorme moustache ornait sa lèvre, des lunettes noires dérobaient les reflets fauves de ses yeux. Il s'arrêta à la porte de la maison, demanda de l’eau pour son cheval et lia conversation de l'air le plus indifférent du monde, avec le garcon de ferme. Il apprit en peu d’instants plus de choses qu’il n’en espérait, et il eut besoin de ses lunettes pour cacher l’étonnement que trahissait son regard. Il remercia le garçon babillard, monta dans sa calèche, et reprit au grand trot le chemin de la ville. Le garçon pensa :

— Voilà un drôle. I] vient ici faire boire un cheval qui n’a pas soif et s'en retourne sans plus de façon.

Il retrouva ses complices à l’'Oiseau de proie. La réunion était silencieuse : il y avait de l’inquiétude sur les figures.

— Mauvaises nouvelles, fit-il en entrant,

— Il est mort ?

— Non; il peut même en revenir,

— Qu'y a-t-il donc ?

> un ans

QU TA Pin-

— L'enfant est encore dans cette maison.

— Nous la reprendrons,

— Nous sommes découverts...

Il y eut un mouvement de terreur extraordinaire, et chacun songea à s’enfuir.

— Est-ce le docteur qui a parlé ?

— C’est le muet, peut-être ?

— Le muet? Il n'y en a plus de muet, fit le chef d’une voix sourde.

Un cri de joie retentit. Ils le croyaient mort. Le chef secoua la tête avec désespoir.

—Le muet à parlé, reprit-il. Il a été guéri niraculeusement par sainte Anne.

— Le muet parle ! murmuraient avec stupeur les brigands,

— C'est lui, ajouta le chef, qui s’est embarqué dans un canot pour nous sauver pendant l'orage. Il est venu sur l'ilct ct il a surpris nos dessins.

Charlot s’écria furieux :

— Mille millions de tonnerres ! Si vous m'aviez écouté quand j'ai voulu le tuer, dans la nuit du vol, à Lotbinière, tout cela ne serait

pas arrivé, et nous serions tranquilles, à l'abri des soupçons et des recherches.

— Il faut le suivre partout, le traquer, l’exterminer !.…

— Oui, Seigneur !

— Il doit aller à Lotbinière dans quelques jours, l’occasion sera bonne, reprit le chef.

Un éclair illumina la face diabolique du maitre d'école.

— Il y a, dit-il, sur la ferme qu’il va réclamer une cachette superbe, près de laquelle il passera nécessairement... si nous y mettons un peu. de savoir-faire.

I] fui compris, car il y eut un murmure approbateur.

Le lendemain le chef et le maître d’école partirent pour Lotbinière.

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