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-le vais au saint Sépulcre ; à rintérienr, il eat illuminé, ot cette vue me réjouit le cœur. Je pense que bientôt j'auvai le bonheur d’y célébrer les saints mystères. Cepen- ( ant, je sens que la fatigue me gagne, et je veux aller ] rendre un peu de repos. Je cherche à rentrer au couvent, mais la porte en fer s’était refermée derrière moi, et me voilà prisonnier involontaire. Bon gré mal gré, il i'aut en prendre son parti ; c’était quatre heures à passer.
Je m’asseois 'pour prier, mais impossible; j’avais les membres brisés par les courses de la journée, et les émotions que je venais d’éprouver avaient épuisé mes forces, .le prends le parti de me coucher aussi dans l’église des Franciscains, où j’étais seul. J’étends un tapis entre les stalles, et je m’en fais un lit; mais nous ne .sommes pas habitués à dormir de la sorte ; imfossible de fermer les yeux.
Que de pensées viennent se croi.ser dans mon esprit 1 J’étais là, enseveli comme dans un tombeau. Je craignais que mes forces ne me permissent pas de célébrer le matin. Cette idée me tourmentait, lorsque j’entends le bruit d’une ])orte qui roule sur ses gonds ; je lève la tête ; c’est celle du couvent ; on venait préparer matines ; je fais signe de m’ouvrir, et après avoir erré dans les escaliers, je retrouve enfin ma cellule et le lit après lequel je soupirais.
Dès trois heures, j’étais debout ; je descends à la basili- (pie, et voilà que les Arméniens étaient réunis auprès du saint Sépulcre. Us célébraient un office avec as.sez de gravité et de recueillement. Leurs chants m’ont paru longs, interminables, lîevêtu des ornements sacrés, j’attendais à la sacristie, lorsqu’enfiu on me dit : “ Il est temp-s allez au saint Sépulcre. ” Quel saisissement j’éprouvai !
Me voilà donc dans cette .sainte grotte que Joseph d’Arimathie donna à Jésus; c’est sur le lieu même où reposa le corps du Sauveur que je vais prononcer cette
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l'tonnante parole : Ceci est mon corps. Ce tombeau no va plus être st^paré de sa victime, l’nr un pouvoir que Dieu seul pouvait donner aux liommes, la parole de Jésus, sur mes lèvres, va reproduire la chair et le sang de Jésus- Christ. Le sacrifice du Calvaire va se renouveler, et c’est moi, pauvre pèlerin, venu des extrémités de la France, qui vais déposer, comme Joseph, le corps et le sang du Sauveur sur son véritable tombeau.
Mais cette tombe et sa victime no sont plus aujourd’hui couvertes des ignominies de la croix, elles sont remplies de gloire. Ce n’est plus Jésus sous les enveloppes de la mort, mais Jésus ressuscité et sous la forme mystique de r eucharistie, ayant triomphé de la mort.
Je l’avoue, j’étais trop agité pour produire de ces sentiments de foi et de piété si doux et si tendres, qui font les délices de certaines âmes choisies ; je ne pus que prier Notre-Seigneur d’ensevelir dans sou tombeau tontes les fautes de ma vie ; je ne pus que prier de se souvenir de ma nombreuse famille, de mes amis, de mes paroissiens, que j’aime et que je regarde comme mes enfants, et surtout des âmes des vivants et des morts auxquelles je pourrais être redevable. Tant de recommandations qui m’ont été faites se sont représentées devant moi comme une immense dette que je voulais acquitter. Puissé-je. dans ce moment si précieux, unique dans ma vie, avoir satisfait à toutes mes obligations! J’ai voulu ensuite assister <à la messe de mon confrère, au tombeau même, où je ])Ouvais à peine trouver place. C’était le 5 avril 1873, la veille des Piameaux, et ce jour ne s’effacei'a jamais de mon souvenir.
«l’ai visité, dans de précédents voyages, bien des .sanctuaires vénérés; j’ai célébré la .sainte messe dans l’auguste basilique du Vatican, auprès du tombeau de saint Pierre, dans la pri.sou Mamertine, aux pieds du capitule, dans les églises les plus vénérées de Eome; j’ai célébré sur le tom-