‹ Le pèlerin de Terre SainteChapitre 39 sur 100 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Voie Douloureuse, ou Chemin de la Croix.

Les quatorze stations.

Et Jésus, portant sa croix, alla au lieu appelé Calvaire, nous dit saint Jean. Les premières fois qu’on lit la Passion, on sent son cœur brisé et ses yeux mouillés de larmes; c’est qu’eu effet, il y a dans ce simple récit quelque chose de si touchant que, pour ne pas s’attendrir, il faudrait un cœur dur comme la pierre. Mais suivre Jésus portant sa croix, dans la ville même de Jérusalem, parcourir les mêmes rues qu’il parcourut, suivi d’une populace effrénée ; suivre les traces de ses pas qui, alors, furent marquées de son sang ; s’arrêter aux mêmes endroits où il s’arrêta, chargé de sa croix, recueillir et méditer, sur cette voie douloureuse, tous les souvenirs qu’il a laissés, ce n’est plus un récit touchant qui fait pleurer, c’est un drame sanglant qui se déroule devant vou,s, et dont les divers actes qui passent successivement sous vos yeux, viennent tour à tour remuer la sensibilité de votre âme, jusqu’à ce qu’elle soit frappée comme d’un coup de foudre, lorsque le dénouement arrive sur le Calvaire, lorsque la croix apparaît, supportant sur ses bras la victime immolée pour le monde. Je ne sais comment retracer les impressions que j’ai éprouvées. Nous allons suivre les diverses stations, telles qu’elles sont marquées dans l’exercice ordinaire du Chemin de la Croix ; supprimons tout ce qui serait étranger aux lieux actuels.

Première station.

I)e la maison de Pilate au Calvaire, on compte environ mille trois cent vingt pas. La première station devrait se faire dans la caserne turque, au lieu même où Pilate

LK PÈLEKIN

sié^eniit. sur son Iribuiial condamna désii-î ; mais, comme TentiV'c n’en est pas tou jours accessible, on se place auprès de l’emplacement de la sca/a santa, marqué dans le mur de la caserne par la trace d’un escalier. Le pèlerin s’agenouille, dans la rue en face de l’endroit où Jésus fut condamné, et il ])cut méditer à loisir sur l’iniquité de ce jugement et adorer celui qui a racheté le monde par sa sainte, croix. Il n’a jas à craindre les insultes et les moqueries des passants qui respectent sa foi. Les riches et les savants fléchissent là le genou sans aucun respect humain, et peuvent s’abandonner tranquillement aux saintes pemsées qui assiègent leur âme.

Deuxième ftation,

C’est au même endroit que se fait la deuxième station, puisque c’est au bas de l’escalier qui conduisait du prétoire dans la rue que Jésus fut chargé de .sa croix. Le pèlerin, qui s’est prosterné de nouveau, se dit ; C’est là, indubitablement, (pie Jésus a passé, portant sur ses épaules sacrées l’instrument de son supplice ; il a pris sur lui le fardeau de nos iniquités. Que n’étai.s-je là pour le soulager! Avec quel bonheur j’aurais baisé la trace de ses pas.

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