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célèlires de l’Asie Mineure. Du temps de Strabon, elle était déjà la plus belle de l’Orient. Aujourd’hui, sous l’empire des Turcs, elle conserve encore une grande importance. Sa population s’élève à environ 150,000 habitants.
Les musulmans sont en minorité. Les Grecs sont trèsnombreux, près de 80,000 ; mais ils ne jouissent pas d’une grande confiance et vérifient, plus que partout ailleurs, le ])i’overbe : Il ne faut pas se fier aux Grecs. Grœca fides, 'nulla fides. Leurs églises sont richement ornées ; ils ont même plusieurs clochers assez remarquables qui donnent à la ville un coup d’œil agréable.
Les catholiques aussi y sont nombreux, environ 15 à 20,000. Mgr Spacca-Pietra a bâti une cathédrale qui est grande et belle, dans le goût italien. Les Lazaristes et les Sœurs de Charité jouissent d’une grande considération même auprès des dissidents et des musulmans, dont plusieurs leur confient l’éducation de leurs enfants. Ils font là, comme dans tout l’Orient, un bien immense.
Nous avons eu l’honneur de dîner avec Mgr l’archevêque et de jouir longtemps de sa conversation. C’est un homme plein de zèle et de mérite, d’un caractère doux et conciliant. Italien d’origine, il parle très-bien le français, et porte un intérêt tout particulier à nos établissements de Smyrne. Il est très-attaché à sou église et très-aimé de son troupeau, il a su se procurer les ressources nécessaires pour la construction de sa cathédrale.
A Smyrne, les transports de matériaux, ne se fout pas comme dans nos grandes villes. Dans la plupart des rues, il est impossible de circuler en voiture. Quelques-unes seulement jouissent de ce privilège. Mgr Spacca-Pietra, ne sachant comment faire transporter les matériaux pour commencer la construction, fait un appel à son peuple et lui demande une corvée.
Le jour fixé, l’archevêque se rend sur les lieux, met une
pierre sur son épaule et la porte sur remplacement de sa cathédrale. Le peuple suit son exemple, et, en très-peu de temps, tous les métériaux sont sur place. Spectacle digue des premiers siècles et qui excita radmiration de toute la ville. Voilà un trait qui peint le successeur de saint Pülycarpe.