‹ Le pèlerin de Terre SainteChapitre 80 sur 100 · LA DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA DIVINITÉ DE JÉSUS-CHRIST

Reconnue par les Païens mêmes.

Certainement la divinité de Jésus-Christ est si visible qu’elle a été reconnue et publiée par ceux mêmes qui avaient le plus d’intérêt à la nier, et qui avaient le plus de peine à la croire. Joseph, qui vivait vers l’an 70 de Jésus-Christ, a été le personnage le plus éclairé qu’aient eu les Juifs. Voici ce que cet écrivain, si zélé pour le J udaïsme, dit de Notre- Seigneur Jésus-Christ dans son histoire :

“ En ce temps, dit-il, parut Jésus, homme sage, si néan- “ moins on ne peut l’appeler qu’un homme, car il était “ puissant en merveilles, et le maître de ceux qui aimaient “ la vertu. 11 attacha plusieurs d’entre les Juifs à sa doc- “ trine, et beaucoup de Gentils. 11 était le Christ; malgré “le supplice de la croix auquel Pilate le condamna, sur les “ poursuites des chefs de la nation, ses premiers disciples “ ne cessèrent de lui demeurer unis. 11 leur apparut vivant “ trois jours après sa mort, selon que l’avaient prédit les “ Prophètes avec les autres prodiges de sa vie; et jusqu’à “ ce jour ses sectateurs ont continué de subsister sous le “ nom de Chrétiens, qu’ils empruntent de lui. ”

Les Talmudistes, c’est-à-dire ceux qui sont attachés aux sentiments du Talmud, qui est un livre où les Juifs ont renfermé tout ce qui regarde l’explication de leur loi ; les Talmudistes, dis-je, ennemis les plus furieux et les plus déchaînés qu’aient eus les Chrétiens, n’ont pu se dispenser d’avouer les miracles de Jésus-Christ. Leur animosité contre nous, dans sa plus grande fureur, n’a rien pu contre la notoriété de ces faits, et ils ont été contraints de con-

fesser que le Dieu des Chrëtiens avait étonné la terre par ses merveilles.

Il n’est pas jusqu’aux empereurs romains, si furieusement déclarés contre les Chrétiens, dont ils avaient juré la perte, qui n’aient reconnu quelque chose de divin dans Jésus-Christ.

Tibère, informé par Pilate même des prodiges que Jésus- Christ avait fait dans la Syrie, et de toutes les merveilles qui étaient arrivées à sa mort, et trois jours après sa mort, en ressuscitant comme il l’avait prédit, ce qui était attesté par un grand nombre de témoins, et démontré par des preuvres incontestables; Tibère demanda au Sénat que Jésus-Christ fût mis au rang des autres divinités de l’empire. Tel était alors l’usage des Romains ; ils divinisaient les hommes dans lesquels éclataient des marques extraor- ■dinaiies de puissance et de vertu. Nul n’en avait jamais tant montré que Jésus-Christ, et les relations qui venaient en foule de la Judée annonçaient chaque jour le détail prodigieux de ses miracles. Le Sénat refusa, dit Eusèbe, d’exécuter ce que l’empereur demandait, parce qu’il ne voulait point être prévenu dans ses décisions, ou plutôt parce que Jésus-Christ lui-même ne voulut point permettre que son nom se trouvât mêlé avec ces divinités païennes. 11 est toujours vrai que Tibère proposa d’accorder à Jésus-Christ les honneurs suprêmes : ce qui prouve, dit Tertullien, combien les miracles que Jésus-Christ a faits sont incontestables, et l’impression qu’ils faisaient même sur l’esprit des païens.

Lampride est garant de la vénération profonde que l’empereur Adrien avait pour Jésus-Christ. Ce prince eut dessein de lui dresser des autels, et de le mettre au nombre de ses dieux : il fit bâtir des temples dans toutes les villes, sans y placer aucune idole, dit l’historien ; et il ajoute que si le projet demeura sans exécution, c’est que les oracles

LE PÈLEKlN

consultés l’épondirent que, si ce dessein s’exécutait, tous les anciens dieux allaient devenir muets, et toute la terre chrétienne. Tous ces faits sont positifs.

L’empereur Alexandre Sévère, charmé de tout ce qu’il avait entendu dire de Jésus-Christ, le plaça dans un oratoire domestique, dit Lampride ; et il était si enchanté de sa doctrine qu’il fit publier par un héraut quelques maximes de l’Evangile, et il les fit graver sur des ouvrages publics, et jusque dans son cabinet et dans sa chambre, voulant que son palais même les pîésentât toujours à ses yeux. Que si, malgré l’estime et la vénéiation qu’avaient ces princes pour Jésus-Christ, il y a eu durant leur règne des martyrs, c’était l’effet de la prévention superstitieuse des peuples, et de l’impie cruauté des gouverneurs de province, la plupart vrais tyrans, aussi bien que de la haine furieuse que tout l’enfer avait contre le Christianisme. A^oilà ce que le paganisme, malgré sa prévention et sou entêtement pour ses dieux, pensait de Jésus-Christ ; et il n’est pas jusqu’aux plus anciens et plus célèbres historiens païens qui n’aient raconté avec admiration quelques événements miraculeux de sa vie.

Chalcide rapporte tout au long le phénomène qui apparut aux Mages d’Orient. Phlégon, ahranchi d’Adrien, raconte comme un prodige inouï l’échpse de soleil arrivée à la mort de Jésus-Christ, dont parlent les Evangélistes : Talhus a fait la même observation. Macrobe atteste la vérité du merrrtre des enfants innocents immolés par Hérode à la naissance du Sauveur, sans avoir épargné même son propre fils ; ce qui fit dire, au rapport de cet historien, qu’il valait mieux être le porc que le fils d’Hérode. Enfin Porphyre, quelque emrenri qu’il soit du Christianisme, convient que Jésus-Christ avait chassé les démons, aboli leur empire, et rendu vaine la puissance des dieux de la gentilité, par la seule vertu de son nom. Tout l’enfer même a été contraint, malgré sa haine contre Jésus-Christ,

Air,

de vendre témoignage à sa divinité et à sa tonte-pnissance. On a vu dans l’iiistoire de la vie de ce divin Sauveur combien de fois les démons, forcés par sa vertu de sortir du corps des possédés, ont avoué qu’il était le Messie, le Christ, le fils de Dieu, en se plaignant qu’il était venu ruiner leur empire.

Nous lisons dans le chapitre 19 des Actes des Apôtres, que saint Paul, étant à F.phèse, y baptisa quelques Disciples qui n’avaient reçu que le baptême de Jean, et (pie, leur ayant imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux; en sorte qu’ils reçurent le don des langues et le don de prophétie. En ce temps- là, quelques-uns des Exorcistes Juifs qui couraient le pays, voyant les miracles que saint Paul opérait tous les jours au nom de Xotre-Seigneur, se hasardèrent d’invoquer le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur ceux qui étaient possédés des malins esprits, en disant : Je vous conjure, par Jésus que Paul prêche, de sortir de ce corps. Ceux qui faisaient cela étaient les sept tils de Sceva, juif. Prince des Prêtres. Mais le malin esprit leur fit cette réponse : Je connais Jésus, et je sais qui est Paul : pour

vous autres qui êtes- vous ? A l’instant, l’homme qui était possédé d’un démon très-méchant se jette sur eux, et les ayant meurtris de coups, s’en rend le maître. La chose fut sue de tous les Juifs et de tous les Gentils qui demeuraient à Ephèse, ajoute l’historien .sacré ; ils en turent tous épouvantés et on exaltait le nom du Seigneur Jésus.

C’est ainsi qne l’enfer même est contraint de rendre témoignage à celui au seul nom duquel tout ce qu’il y a dans la ciel, sur la terre et dans les enfers fléchit le genou, et confesse que le Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire de Dieu le Père, où il est aile nous préparer une place* pourvu que nous suivions ses traces en gardant ses lois. Il est assis dans le ciel à la droite de Dieu, ce qui marque son égalité avec son Père. Il y conserve les cicatrices sacrées sur ses mains, sur ses pieds, et à sou côté ; monuments

dteniels de son ainoni’ pour nous et de ses souffrances, qui sont autant de langues, dit saint Iteniard, qui demandent sans cesse pour nous miséricorde. C’est dans ce séjour de sa gloire, dit saint Paul, qu’il jirie sans cesse pour nous, et qu’il nous sert d’avocat pour défendre notre cause auprès de son Père ; de seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme qui s’est donné lui-même pour être le prix du rachat de tous les hommes; de Pontife enfin, toujours vivant i)onr intercéder toujours en notre faveur. Car il était convenable que nous eussions un Pontife tel que celui-ci, qui est saint, innocent, sans aucune tache, éloigné de tout commerce avec les pécheurs, et placé au-dessus des cieux ; qui n’a pas besoin chaque joui’, comme les Pontifes, d’offrir des victimes pour ses péchés, puis pour ceux du peuple. Aussi n’a-t-il offert qu’une fois, lorsqu’il s’est offert lui-même ; car ceux que la loi fait Pontifes sont des hommes sujets aux infirmités ; mais Jésus- Christ est le Prêtre éternel selon l’ordre de Melchisedech, qui est j our toujoui’s dans un état de pei’fection. De plus, pour les autres Prêtres, il y en a eu plusieurs, par la raison que la mort les empêchait de subsister toujours ; mais celui-ci subsistant pour toujours, son Sacerdoce est éternel ; et de là vient qu’il est toujours en état de sauver ceux qui par lui vont à Dieu.

C’est pourquoi, continue le même Apôtre, pouvant entrer dans le sanctuaire avec assurance par le sang de Jésus- Christ, par la voie nouvelle qui mène à la vie, et qu’il a ouverte au travers du voile, qui est sa chair, ayant aussi BU lui un Grand-Prêtre qui gouverne la maison de Dieu, approchons-nous avec un cœur sincère et une foi parfaite. Jésus-Chiist est celui qui est mort, qui est ressuscité, qui est à la droite de Dieu, qui intercède même pour nous. Après cela, qui nous séparera de l’amour de Jésus-Chri.st, s’écrie le même Apôtre ? sera-ce la tribulation, ou les angoisses, ou la faim, ou la nudité, ou les dangers, ou la persécution, ou le glaive ? Pour moi, je suis assuré, ajoute-

t-il, que ni la mort, ni la vie, ni les Auges, ni les Trincipautës, ni les Vertus, ni le présent, ni l’avenir, ni la puissance, ni ce ([u’il y a de plus liant, ni ce qu’il y a de plus bas, ni nulle autre créature, ne nous pourra séparer de l’amour de Dieu, qui est fondé en Jésus-Christ. Allons donc avec confiance au trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde, et de trouver grâce auprès de lui, i>uisque toutes choses sont de lui, et par lui, et en lui.. A lui soit la gloire dans tous les siècles.

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