‹ Le pèlerin de Terre SainteChapitre 81 sur 100 · VUE GÉNÉRALE DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE DU CLERGÉ

Le Christ vit, le Christ règne, le Christ commande, et ceu.x' qu’il a laissé sur la terre, les dépositaires de son autorité divine, sont les successeurs des apôtres, les Evêques et les prêties, ou le clergé séculier et régulier. Lisons donc les quelques chapitres remarquables que Chateaubriand a consacrés au clergé dans le Génie du Christianisme, œuvre d’un grand mérite, véritable monument élevé tout à la gloire de Jésus-Christ, de sou Église et de sa sainte doctrine. Ce savant écrivain explique lui-même dans sa préface de la première édition la touchante origine de son œuvre. En voici quelques phrases :

“ Ma mère, dit-il, après avoir été jetée à soixante-douze ans dans les cachots, où elle vit périr une partie de ses enfants, expira enfin sur un grabat où ses malheurs l’avaient reléguée. Le souvenir de mes égarements répandit sur ses derniers jours une grande amertume ; elle chargea en mourant une de mes soeurs de me rappeler à cette religion dans laquelle j’avais été élevé. Ma sœur me manda le dernier vœu de ma mère. Quand la lettre me parvint au delà des mers, ma sœur elle-même n’existait pilus ; elle

LE PÈLEKIN

ëtait morte aussi des suites de son emprisonnement. Ces deux voix sorties du tombeau, cette mort qui servait d’interprête à la mort, m’ont fra])pé. Je suis ro<levenu chrétien. Ma conviction est soitie du cœur ; j’ai pleuré et j’ai cru.”

Ainsi Chateaubriand, dit Ancelot, sentit renaître tout-àcoup les croyances, les souvenirs et les impressions de son enfance ; une lumière soudaine dissipa toutes les ombres, écarta tous les nuages, et le réi)entir du fils réveilla la ferveur du chrétien.

Kegrettant alors la publication de son premier livre, V Essai sur les Révolutions^ ouvrage qu’il regardait maintenant comme un crime. Chateaubriand conçut le dessein de l’expier en en composant un autre destiné à glorifier la religion qu’il avait attaquée avec tant de témérité, et dont les égarements avait été la cause d’une si grande amertume pour sa pieuse mère, durant ses derniers jours. Ce monument fut le Oenie du Christianisme.

C’est dans cette œuvre si brillante et expiatoire que le grand poète, le pjeintre sublime, le savant historien, parlant à la fois à l’âme, au cœur et à l’imagination, montre “ cette l'eligion, si longtemps calomniée et raillée, admirable dans ses pompe, s, touchante dans ses cérémonies, céleste dans sa morale, rattachée au berceau du monde par l’antiquité de ses souvenirs, offrant à la poésie, à l’éloquence et aux arts leurs plus hautes inspirations, remplissant le monde de chefs-d’œuvre, d’héroïques dévouements, de consolations et de lumières, renouvelant l’esprit humain qu’elle arrache à la barbarie, étendant partout les conquêtes de sa charité, brisant les fers de l’esclavage, et portant dans sa main libérati'ice le flambeau de la civilisation.” (1)

Voicii maintement comment le célèbre écrivain parle de Jésus-Christ et de sa vie ainsi que de la divine et sublime mission du clergé en général.

(1) Vie de VhalcaaOriuitd, piir Ancelot.

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