‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 113 sur 170 · PLIS ÈS PEAR ARE RS ETS STE · texte numérisé non relu

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invention admirable dont la science s’est servie pour scruter

les secrets de la nature et porter ses regards jusque dans les profondeurs du ciei.

Nous pénétrons dans la ville rar l'unique porte pratiquée dans ses murailles. Saint-Jean-d’Acre est l’ancienne Acco de la tribu d’Aser, Quaud Ptolémée s’en fut emparé, elle s’appela Ptolémaïde. Cette ville fut des premières à recevoir l'Evangile, puisque saint Paul, venant de Tyr, y passa un jour avec les frères (1). Plusieurs évêques de Ptolémaïde parurent avec honneur dans les Conciles, à Nicée, à Constantinople, à Chalcédoine,

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Lorsque Ptolémaïde fut au pouvoir des croisés, les chevaliers de Saint-Jean s’y établirent, et la ville prit le nom

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de Saint-Jean-d'Acre. Cette ville a subi un grand nombre de sièges. Le plus remarquable est celui des croisés commencé en 1180, et qui ne se termina que deux ansaprès par la chute de catte ville. C'est un des événements les plus mémorables, non-seulement dans les guerres saintes, mais dans les annales du monde. Napoléon l’assiégea aussi à la fin du siècle dernier ; mais le pacha, secondé par les Anglais, la défendit avec succès contre les Français.

Aujourd'hui Saint-Jean-d’Acre ne présente qu’un faible intérêt : toute sa gloire est dans le passé. Ses murailles délabrées ne supporteraient pas la moiudre attaque sérieuse, Les rues étroites, tortueuses et sales semblent appeler le fléau des maladies contagieuses qui viennent si souvent décimer la population. (1)

Cette ville renferme encore un bon nombre de chrétiens, Les PP. Franciscains prennent soin de la paroisse latine. Les Sœurs de Nazareth ont une école parfaitement tenue, où elles reçoivent les élèves de tous les cultes, et spécialement des Grecs unis. L'année dernière, elles ont préparé à la première communion vingt-cinq jeunes filles du rit grec, et l’évêque catholique uni de la ville a présidé vette belle cérémonie dans la chapelle des Sœurs, selon les usages de son rit, mais en langue arabe; car les Syriens ne connaissent pas assez le grec pour célébrer en cette langue. Les religieuses sont françaises et jouissent de la plus haute estime. Ce sont nos écoles qui propagent en Orient, avec le catholicisme, l'amour de la France.

A Saint-Jean-d’'Acre, nous avons été accueillis avec la plus tendre cordialité par les PP. Franciscains. Fatigués de cette multitude de courses qui se succédaient sans relâche depuis notre départ de Jérusalem, nous avons résolu

(1) En 1834, la population de Saint-Jean-d'Acre s'élevait à près de

huit mille‘habitants ; sur ce nombre on ne comptait qu'environ huit cents catholiques.

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de prendre la voie de mer pour nous rendre à Beyrouth. Nous espérons par là nous épargner de nouvelles fatigues, et je ne sais si nous ne sommes point tombés de Charybde en Scylla ; car ce n’est plus sur un vaisseau français que nous allons monter, c’est sur un vaisseau russe qui doit bientôt paraître ; c’est le seul qui prenne des passagers à Saint- Jean-d’Acre.

Nous nous entendons avec l’agence russe pour monter à bord. Nous espérions partir le soir du 22; mais un dernier télégramme annonce que le vaisseau ne sera en vue que vers minuit. Il faut se résigner à partir au milieu d’une nuit obscure.

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