‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 12 sur 170 · ARTE TE NE DE SEL · texte numérisé non relu

ARTE TE NE DE SEL

Quel

“ iQ \roné fs l' | Arabes, Grecs, Juifs, Tures parler sa langue sur ces loin.

honneur pour la France d'entendre ces enfants

tauins rivages, C’est une règle dans tous les établissements lazaristes de faire us | | ristes de faire usage de la langue francaise 5 mas, comme il y a toujours plusieurs classes où lon enseigne l'arabe et le grec moderne, il est nécessaire que les Pères et les Sœurs de Charité connaissent ces diverses langues, Outre leurs écoles, les Sœurs de Charité desservent l'hôpital international, digne théâtre de leur héroïque dévouement, Elles ont aussi un dispensaire où, chaque jour,

Plu-

sieurs Sœurs sont lt presque toute lt journée, soignant les

l'on distribue des remèdes aux malades de la ville,

plaies les plus hideuxes, les ulcères les plus dégoûtants. On ne saurait se faire une idée des misères qui assiègent li population arabe. C’est par centaines qu'on vient se faire soigner par les religieuses, Les maux d’yeux et de Jambes sont si communs dans un pays où l'on marche nupieds, au milieu de nuages de poussière. Tout le monde connaît le chemin du dispensaire, et li Sœur de Charité est véritablement là comme sur un trône, entourée du respect et de la vénération de ces pauvres malades qui la considèrent comme une seconde Providence et lappellent la fille du ciel. Jamais le mahométisme ni aucune secte même chrétienne ne pourront enfanter une Sœur de Charité. C'est une création catholique.

| IT existe encore à Alexandrie un autre établissement HeRÇus que nous ne devons pas oublier : c’est celui des F réres des Ecoles chrétiennes. Ces dignes enfants du vénérable de la Salle distribuent l'éducation religieuse à plus de six cents enfants de nations diverses. La lumière commence donc à luire au milieu des ténèbres ; mais, hélas ! souvent les ténèbres ne la comprennent pas, et il faudra sue bien des années, peut-être des siècles, pour faire d'Alexandrie une ville complètement chrétienne et catholiaue.

Le 14, nous recomimencons nos courses à travers la ville et jusque hors les murs, Nous visitons les églises des divers rites. L'église des Cophtes unis n’a rien de remarquable ; muis celle des Franciscains, admirablement située au milieu du quartier franc, est vaste et bien ornée, Le fronton, de style italien, et le dôme flanqué d’une tour carrée, produisent un bel effet, On dit que cette tour excite la jalousie des musulmans, parce qu'elle s'élève audessus des plus hauts minarets de la ville, Nous sommes entrés dans plusieurs églises grecques et cophtes schismatiques, Elles sont brillantes et d’une propreté exquise, Nous avons eu la curiosité de feuilleter leurs livres, mais nous n'avons pu nous en rendre compte ; il faudrait pour cela connaître le grec, l'arabe, l'abyssinien, ete. Alexandrie est une véritable Babel reliviense

En passant dans une rue, on nous montre une nouvelle synagogue presque entièrement construite, Nous entrons : quelle profusion de murbres ! Au fond, un rideau cache une riche armoire devant laquelle brûle une lampe. C’est là qu'on conserve les saintes Ecritures. Au milieu de la synagogue, s'élèvent une estrade et quelques sièges dont un est en face d'un pupitre. C’est sur ce siège que se place le grand rabbin pour faire la lecture des livres de la loi,

Après avoir parcouru la ville, nous prenons le chemin du canal, Nous franchissons les murs, et la scène change. Là sont des champs incultes, où les Bédouins, venus des déserts de Syrie, caumpent sous des tentes avec leurs troupeaux, Auprès d'une grande ville, rien de pittoresque comme cette vie nomade et pastorale. A cette vue, ma pensée se reportait vers le passé ; je me disais : Les troupeaux, assurément, ressemblent à ceux des jours anciens ; mais que les pasteurs sont loin de ressembler à ces vénérables patriarches dont la Genèse nous retrace l’histoire,

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Plus loin, nous traversons quelques villages arabes que l'on serait tenté de croire inhabités, tant leur aspect est triste et misérable ; et l'on est tout étonné de voir sortir de ces pauvres masures une foule d'hommes, de femmes et d'enfants couverts des livrées de la misère, Ifautavouer qu'Alexandrie présente de singuliers contrastes, On y parle toutes les langues, on v voit tous les costumes, tous les types de la race humaine, Iei sont des palais, à des huttes ; iei le tourbillon des affaires, là la solitude, A côté d'un homme richement vêtu marchent nu-pieds et demi nus des Arabes au teint basant et d'une saleté désoûtante. Auprès de dames européennes, au costume brillant, se trouvent des femmes hideuses, n'ayant pour vêtement qu'une chemise de toile bleue, pour voile qu'un linge malpropre retenu sur le nez et la bouche, ne laissant voir que des yeux éteints qui annoncent la tristesse et Ja misère.

Ici je n'exagère rien, je ne fais que soulever un petit coin du voile qui recouvre la plaie si profonde que l'islamisme à faite à l'humanité, Que serait-ce st nous pénétrions dans ces réduits obscurs où s'ensevelissent tant d'être dégradés ? Mais rien n'excite la compassion comme le triste sort d’une multitude d'enfaats. Je ne parle pas de ceux qui fréquentent les écoles des Frères et des Sœurs, ceux-là sont comparativement heureux ; mais les autres passent leurs premières années dans un état déplorable, sans soins, sans instruction, }romenant leurs figures livides par les rues et les places, demandant toujours et recevant peu.

Les petites filles sont surtout abandonnées, où bien on les emploie aux plus vils et aux plus dificiles travaux, sans égard à leur âge et à leur sexe. Je me serais refusé à le croire, si plusieurs fais je n'en avais été le témoin. Ces frêles créatures travaillent du matin au soir à porter sur leurs têtes de petits paniers carrés qu’elles remplissent

de terre ou de sable pour les constructions, Je les ai vues

mettre du mortier dans leur corbeille et monter à la suite les unes des autres les échelles, pour les vider sur lé mur en construction, où dans des caissses disposées à cet eftet,

Voila les manœuvres des macons Cgyptiens ! Point de

repos : il faut monter sans cesse et descendre, porter et

porter encore, L'entrepreneur est Et avec une courbache, tout prêt à les frapper. La courbache est pour elles quelque chose d’effrayant, C’est une longue lanière de cuir d'hippopotame dont le premier coups enlève la peau, et le second fait juillir le sanu. Les pauvres enfants, quand elles ont rempli leurs corbeilles, frappent leurs petites mains en cadence, comme pour s'encourager à leur pénible tâche. ii Une d'elles invoque les êtres puissants, et toutes les IR autres répondent, Jai voulu savoir ce qu’elles répètent dans leur chant si monotone, et il parait qu’elles appellent à leur secours tout ce qu’elles croient capable de leur venir Elles invoquent souvent le nom de la Vierge

à en aide.

Marie, pour lequel les musulmans ont le plus profond

respect.

Reprenons otre course hors la ville.

Nous avancons dans li campagne, et nous arrivons à un jardin qui appartient aux PP. Lazaristes. C’est un ( terrain d'une fertilité prodigieuse, A Et imi-mars, on y

Lt k voit des légumes de toutes espèces, des salades, comme au mois de juillet en France, de petits pois déjà récoltés, et

d'autres bons à cueillir, des haricots de mai en fleur, du

eéleri arrivé à sa croissance, dautre qu'on plante, et $ diverses productions propres à ce elhmat. Là travaille à | avec intelligence un jardinier du midi de la France qui : ji n'a pas oublié les méthodes de sa première patrie, mais qui ; j sait les appliquer au pays qu'il a adopte. : ( fai 4 ji Dans ee jardin, il y à un appendice indispensable : c’est À h une machine à tirer l’eau : sans arrosements, la terre serait à i (4 stérile, Les arbres varient comme les plantes ; on en voit )

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