AS LIST TIRE LS CENT NES
La plupart des savants voyayeurs glissent légèrement sur ce sujet et finissent presque tous pur conv ‘ir que les architectes inconnus de Baalbeck avaient trouvé des procédés que nous ignorons, [Il faut avouer cependant que, dans notre siècle, la science mécanique a fait de grands progrès. On voit, dans nos ports, des machines qui montent facilement des masses énormes, On a trouvé, même avant notre siècle, les moyens d'élever à Rome, à Venise, à Paris, ete, des monolithes d’un poids effrayant ; mais toutes ces colonnes, ces obélisques ne sont que des jouets d'enfants à côté des pierres de Baabeck. Jose à peine émettre une opinion, je sens combien c'est téméraire, Je veux seulement faire connaître une idée qui m'est venue
sur les lieux môêmes,
Plus une entreprise est grande et difficile, plus le moyen dont on se sert pour l’accomplir doit être simple, Les pierres de Baalbeck, détachées comme nous l'avons dit, et devant être conduites à an kilomètre (trois mille trois cents
eds) de distance sur un plan solide et légèrement incliné ] | g ,
devaient recevoir une impulsion proportionnée à leur masse. On pouvait les faire glisser sur de solides madriers en bois dur, oints d'huile ou de graisse ; des rouleaux eussent été
écrasés, quand même ils eussent été en fer,
Si l’on croit que les mudriers en bois n’offrent pas assez de solidité, qui empêche de supposer qu’on les ait remplacés par le fer? Lorsque la pierre était disposée pour voyager sur cette voie (1), des ouvriers brisaient les pierres qui lui servaient de soutien, et elle s'appuyait doucement sur les madriers en bois ou en fer, Pour la faire glisser, on attachait de fortes cordes aux nombreux crampons scellés dans la pierre, dont on voit encore les entailles. Des centaines
(1) La Cœlésyrie fut une des premieres contrées habitées par les enfants de Noé, et le tr vail du fer devait y étre connu. Les eaux du déluge n'avaient pas englouti l'art de Tubalerin, Toute l'antiquité l’atteste,
uèrement r que les des prolant que, e grands qui mon- 6, même \ Venise, nt; mais es jouets > à peine dre. Je st venue
le moyen le, Les us dit, et ols cents
incliné, L' masse,
en bois sent été
Das assez emplacés voyager s qui lui ; sur les ittachait dans la entaines
bar les endu déluge tteste,
d'hommes, peut-être même un grand nombre de chevaux attelés sur ces cordes, tiraient avee ensemble pour la mettre en mouvement.
Chacun sait que, sur un plan incliné, on traine fucilement des fardeaux qui, sur un plan droit, offriraient une grande résistance, A ces moyens, il fallait en ajouter encore un autre plus efficace et qui ne pouvait être négligé, c'est la force du levier, Avec des pierres d’une dimension aussi considérable, combien de leviers ne pouvait-on point placer, et ces leviers avaient un point d'appui solide.
C'est aux savants à culeuler si toutes ces forces combinées pouvaient soulever de pareilles masses et les mettre en mouvement; je le crois, et il serait diflicile de prouver le contraire. On me dira, sans doute, comment les pierres arrivées auprès de la muraille ont-elles été placées 7 Par un moyen tout aussi simple. Le plan ineliné étant dressé de manière à arriver sur la muraille, alors :1 suftisait de miver les appuis qui supportaient la pierre, et elle tombait d'elle-même à sa place. Toutes les grosses pierres sont sur le même plan, ce qui vient à l'appui de ce système et lui donne un haut degré de probabilité.
Quant aux blocs supérieurs, il y a tant de différence que la difficulté s'évanouit, Et quand on auruit été forcé d’enterrer la construction à mesure qu’elle s'élevait pour élablir de nouveaux plans et arriver à la muraille, je n’en serais pas surpris. Les architectes ne marquaient pas de pierres dures pour se faire un chemin solide, et lorsqu'on considère quelle patience il a fullu pour tailler ces pierres, on ne s'étonnera pas des travaux entrepris pour les transporter et les placer. Je laisse aux hommes compétents l'appréciation de ce moyen qui, du moins, a le mérite de ne pas choquer la raison, comme ceux que nous avons exposés plus haut,
C’est à Baalbeck surtout qu’on peut dire que les extrêmes se touchent. De la contemplation de tous ces merveilleux
monuments, de ces chefs-d'œuvre inexplicables, nous des-
cendons bien bas. Rentrés à notre hôtellerie, nous trou-
vous que les arts y sont dans leur première enfance.
Le besoin de prendre un peu de nourriture se faisait vivement sentir, ét nous ne voyons pas plus de préparatifs que la veille, Point de table pour manger, poins de cuillères ni de fouichettes, point C2: verres pour boire, point de chaises pour s'asseoir, et en eflet, pourquoi tous ces objets de luxe, puisqu'on ne pouvait nous présenter que quelques petits pains arabes ? Pessaie de faire disposer quelque chose ; je vais à une soi-disant cuisine et je parviens à faire bonillir de l’eau. On y jette huit œufs; mais comment les retirer ? Pas un seul instrument propre à cette opération, Les personnes présentes essayaient avec leurs doigts, et Je me contenais forteunent pour ne pas éclater de rire, J’aperçois, dans un coin, un quartier d’assiette, je le saisis ; à leur grand étonnement, je tre quatre œufs. Je dus nr'ac quérir à leurs veux une certaine réputation d’habileté,
Nous voilà donc installés pour diner, Nous avions du pain arabe, des œufs et de l'eau, Je manifestai le désir d’avoir une bouteille de vin ; on courut la ville, et on finit par nous en apporter, Ce vin du pays nous parut excellent, et nous achevâmes avec Joie et contentement notre frugal repas.
Nous étions environnés de toute la famille composée d’une veuve et de sept enfants et aussi de tous les enfants du voisinage, Nous étions pour tons un objet de curiosité ; mais ges étaient
nous remarquions avec plaisir que tons les visag souriants. Nous étions entourés de chrétiens qui respectent les prêtres. On nous demandait par signes des objets de piété. Combien je regrettai de n'avoir vien à leur distribuer. Je leur £s dire par notre drogman que j'étais très-content
d'eux, et ils me répondirent par les témoignages les plus
expressifs de dévouement,
ous des- US troutce, e faisait éparatifs de cuilpoint de es objets quelques 1e chose ; bouillir retirer ?
Les pert Je me iperçois, à leur acquérir
ions du le désir on finit t excelmt notre
se d'une du voié; mais étaient pectent jets de ribuer, ontent >s plus
Que ces pauvres gens n'ont intéressé! Qu'ils nr'ont paru bons dans leur simplicité ! C'était avee regret que je les quittais. La plupart de, voyageurs représentent les habitants de Baalbeck comme des sens de la pire espèce ; pour nous, nous n'avons recu aucune insulte de la part des Métualis, et les chrétiens nous ont accueillis comme des frères,
Nous partons de Baalbeck vers deux heures. IE était encore trop tard pour nous rendre à Stora, et nous primes la résolution de coucher à Malloâka. La fatioue de ln veille, l'extrême chaleur, lincommodité de nos montures avaient épuisé nos forces. À chaque fontaine, à chaque ruisseau que nous rencontrions, nous Hous arrêtions pour boire, et nous ne pouvions étaneher notre soif. Si nous eussions été au milieu d'un désert arile, que serions-nous devenus! Heureusement la plaine de Baalbeck est favo. risée, Enfermée entre les hautes montagnes du Liban et de l’anti- Liban dont les sommets les plans élevés sont toujours couverts d> neige (L), elle recoit plusieurs ruisseaux qui la sillonnent en tous sens, et le Voyageur, à des distances assez rapprochées, trouve de Peau Timpide pour se désaltérer
Mfal:ré tous nos efforts, nous ne pûmes arriver à Malloûka qu'à neuf heures et demie, Toutes les portes étaient fermées. Je me lasse de frapper et rôde de côté et d'autre, cherchant un endroit un peu abrité, bien résolu de coucher à la belle étoile; mais mon confrère, plus persévérant que moi, continue à frapper, et après plus d’un quart d'heure, la parole de l'Evangile s'accomplit: Frappez, et l'on vous ouvrira”. Sice nest pas par charité, ce sera à cause de l’importunité.
Le lendemain, nous regaunons Stora, et là voiture nous
transporte à Beyrouth, heureux de rentrer dans cet asile de
(1) Jérém. xvirt. 14.
mnt cer rm pr de Mt tent À or s D es res En ;
564 LE sPÊLERIN
la paix et du repos. Les PP, Lazaristes nous conseillé. rent d'abandonner notre projet d’excursion aux vieux cèdres de la montagne, nous affirmant que ceux qui avaient fait ce voyage disaient, au retour, que la vue de ces vieux arbres ne compensait pas la peine d'aller les visiter.