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De Lattakié à Alexandrette ja traversée est courte, mais ou reste longtemps en rade ; car le bateau charge une grande quantité da marchandises, surtont de la laine, du coton et du blé, Tous ces produits viennent de l’intérieur. Alexandrette est le port de la ville importante d'Alep. Bagdad suit aussi la même voie, Toutes ces marchan lises sont apportées à dos de chameau. Ce port recoit aussi toutes les marchandises qui viennent en partie de Beyrouth, en partie directement d'Europe, pour être expédiées dans l’intérieur. Tout ce spectacle commercial ne nous offre rien d'intéressant, et nous quittons avec plaisir Alexandrette, nous dirigeant vers Mersina.
Le samedi, 11 mai, nous arrivons, le matin, à Mersina, petite ville située à l'extrémité de la Méditerranée, tout près du golfe de Séleucie, Nous apercevons les sommets du Taurus couverts de neige, La Cilicie est devant nous ; c'est là que se trouve Tarse où naquit saint Paul et où il fut élevé par Gamaliel, Tarse qui devint la plus célèbre école littéraire de toute l'Asie, Tarse n’est qu’à trois lienes de Mersina ; elle est traversée par le Cydnus, si célèbre dans l’histoire d'Alexandre, qui faillit y perdre la vie. Non loin de là est le Sélef où périt Frédéric Barberousse. Ces deux rivières versent l’une et l’autre leurs eaix fraîches et limpides à l'entrée du golfe, le Cydn's à deux lieues de Tarsous, et le Sélef, après avoir arrosé les ruines de l’ancien port de Séleucie,
Nous avons passé le dimanche à Mersina où il y a une chapelle catholique desservie par deux PP. Franciscains. L'air de Mersina est malsain ; les fièvres y sont fréquentes et les chaleurs excessives, Aussi, dans l’été, Mersina est désert ; les habitants quittent leurs demeures et vont passer quelques mois sur la montagne. Les PP. Franciscuins
sont obligés de suivre leur troupeau ; et pour lui continuer leurs soins, ils vont établir une petite chapelle dans ces montagnes où ils sont forcés de se réfugier.
Nulle part je n'ai ressenti une chaleur plus étouffante qu'à Mersina. Il fut un moment où le vent soutftlant du désert échauffait tellement l'atmosphère, qu'il était impos-
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sible de rester sur le pont du bateau et qu'il fallait des: cendre dans les cabines. Nous avons hâte de quaiter Mersina, et nous aspirons après Fhodes, où nous devons descendre quelques heures,
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L'ile de Rhodes se présente d’abord, comme toutes les îles de cet archipel, sous une forme âpre et montagneuse ; mais quand on approche de la ville, tout change. Une belle et magnifique végétation forme comme un immense bouquet au-dessus des flots. L'aspect de la ville, avec ces vieilles et fortes murailles, ses minarets, ses villas, excite, au plus haut point, la curiosité du voyageur (1).
L'entrée du port rappelle naturellement le souvenir de ce fameux colosse de frente-cinq mètres (cent-seize pieds) de haut dont les pieds reposaient sur les môles de la passe,
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entre les jambes duquel passaient les plus gros vaisseaux.
Qu'est-il devenu ? Un demi-siècle après son élévation, un tremblement de terre le renversu (2). Relevé jar Vespasien, il gisait de nouveau sur le sol quand les Sarrasins s’emparèrent de l'ile. Au lieu de le relever, ils le vendi-
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rent à un Juif, qui le mit en pièces. On désirerait du
moins retrouver l'endroit où rej.osaient ses pieds. On m'en a indiqué plusieurs, mais je crois qu'il n’y a rien de bien positif. Cette merveille du monde à complètement disparu. Les pyramides seules ont été respectées par les siècles.
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(1) La population de l'Ile de Rhodes, en 1880, s'élevait à 38,000 habi. tants.
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(2) Le colosse de Rhodes, qui est considéré comme l’une des sept merveilles du monde était une immense statue d’airain représentant Apollôn ou le Soleil ; il servait de phare ; et e est à tort qu'on a prétendu que les vaisseaux passaient entre les jambes du colosse. Il était érigé en pleine terre, au fond du bassin des galères. Sa construction remonte vers l'ai 280 avant Jésus-Christ, (Diet. Universel, 1880.)
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