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CHAPITRE II Smyrne, et description de cette ville

Pendant plusieurs lieues, notre vaisseau sillonne les eaux calmes et paisibles de ce golfe profond dont les rivages nous apparaissent couverts de verdure et semés de charmantes maisons. On dirait que nous allons entrer en triomphateurs

(1) Un des pays qui se disputent l'honneur d’avoir donué le jour à Homère. Population 60,000 habitants.

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dans la capitale de l'Tonie, Une multitude de petits bateaux que nous dépassons semblent nous porter envie. Devant nous se déploie, comme au bout d’une large et magnifique avenue, la reine des cités de l'Asie et la fleur du Levant, derrière une forêt de vaisseaux de toute nation qui sont échelonnés sur sa rade,

A mesure que nous apjrochons, la vue de Smyrne nous séduit et nous enchante. Sa position admirable au fond de son golfe où elle est mollement étendue sur un lit de verdure, les montagnes qui l'entourent et forment autour d'elle une gracieuse ceinture qui la préserve des tempêtes, ses constructions qui suivent fidèlement les contours du rivage et vont s’élevant en amphithéâtre jusqu'au pied des montagnes, son port quis’agrandit et s’embellit sous la direction des Européens, ses eaux cahnes, paisibles qui ressemblent à un lac: tout contribue à faire de cette antique et glorieuse cité un séjour délicieux.

Sans doute, quand on parcourt l’intérieur de la ville, l'illusion s'évanouit ; cependant il y a des parties vraiment remarquables. Le chemin de fer, dont la large voie est livrée au public, sert de promenade. C’est un véritable boulevard, où s'élèvent à droite et à gauche de superbes plantations d'arbres qu’on ne trouve que dans ces climats fortunés.

Nous avons parcouru la promenade si célèbre du Pont des Caravanes, qui ne mérite guère sa renommée. Ce pont est une vieille construction d’une seule arche, jeté sur un ruisseau presqu'à sec, ombragé de magnifiques cyprès. C’est, dit-on, le divin Melès, sur le bord duquel naquit Homère. A une petite distance de ce pont, environ à deux kilomètres (un imille et quart) sur la côte, on voit encore les ruines de l’amphitéâtre où saint Polycarpe subit son glorieux martyre et où les fidèles déposèrent ses restes vénérés.

Smyrne est une des villes les plus anciennes et les plus

célèbres de l'Asie Mineure, Du temps de Strabon, elle était déjà la plus belle de l'Orient, Aujourd’hui, sous l'empire des Tures, elle conserve encore une grande importance. Sa population s'élève à environ 150,000 habitants.

Les musulmans sont en minorité. Les Grecs sont trèsnombreux, près de 80,000 ; mais ils ne jouissent pas d’une grande confiance et vérifient, plus que partout ailleurs, le proverbe : Il ne faut pas se fier aux Grecs. Græca fides, nulla files. Leurs églises sont richement ornées ; ils ont même plusieurs clochers assez remarquables qui donnent à la ville un coup d'œil agréable,

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