‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 152 sur 170 · VUE GÉNÉRALE DU CLERGL · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE DU CLERGL

Le Christ vit, le Christ règne, le Christ commande, et ceux qu'il a laissé sur la terre, les dépositaires de son antorité divine, sont iles successeurs des apôtres, les Evôques et les prêtres, ou le clergé séculier et régulier. Lisons done les quelques chapitres remarquables que Chateaubriand a 2) 1 consacrés au clergé dansle (énie du Christiinisme, œuvre ni ‘un grand mérite, véritable monument élevé tout à la gloire de Jésus-Christ, de son Église et de sa sainte doctrine, Ue savant écrivain explique lui-même dans su préface de

la première édition la touchante origine de son œuvre. En voici quelques phrases :

“ Ma mère, dit-il, après avoir été jetée à soixante-douze ans dans les cachots, où elle vit périr une partie de ses

enfants, expira enfin sur un grabat où ses malheurs l’a- 3 vaient reléguée. Le souvenir de mes égarements répandit , à

à sur ses derniers jours une grande amertume ; elle chargea je \ en mourant une de mes sœurs de me rappeler à cette reli- qi gion dans laquelle j'avais été élevé. Ma sœur me manda à

le dernier vœu de ma mère. Quand la lettre me parvint .

au delà des mers, ma sœur elle-même n'existait plus ; elle ï 4°

était morte aussi des suites de son emprisonnement, Ces deux voix sorties du tombeau, cette mort qui servait d’interprête à la mort, m'ont frappé. Je suis redevenu chrétien, Ma conviction est sortie du cœur ; j'ai pleuré et j'ai cru.”

Ainsi Chateaubriand, dit Ancelot, sentit renaître tout. àcoup les croyances, les souvenirs et les impressions de son enfance ; une lumière soudaine dissipa toutes les ombres, écart .ous les nuages, et le répentir du fils réveilla la ferveur «| ‘tien.

Regretiun! alors la publication de son premier livre, l'Essai sur les Révolutions, ouvrage qu’il regardait maintenant comme un crime, Chateaubriand conçut le dessein de l’expier en en composant un autre destiné à glorifier la religion qu’il avait attaquée avec tant de témérité, et dont les égarements avait été la cause d’une si grande amertume pour sa pieuse mère, durant ses derniers jours. Ce monument fut le Genie du Christianisme.

C’est dans cette œuvre si brillante et expiatoire que le grand poète, le peintre sublime, le savant historien, parlant à la fois à l’âme, au cœur et à l’imagination, montre “ cette religion, si longtemps calomniée et raillée, admirable dans ses pompes, touchante dans ses cérémonies, céleste dans sa morale, rattachée au berceau du monde par l'antiquité de ses souvenirs, offrant à la poésie, à l’éloquence et aux arts leurs plus hautes inspirations, remplissant le monde de chefs-d'œuvre, d'héroïques dévouements, de consolations et de lumières, renouvelant l’esprit humain qu’elle arrache à la barbarie, étendant partout les conquêtes de sa charité, brisant les fers de l’esclavage, et portant dans sa main libératrice le flambeau de la civilisation.” (1)

Voici maintement comment le célèbre écrivain parle de Jésus-Christ et de sa vie ainsi que de la divine et sublime mission du clergé en général. “

A) Vie de Chateaubriand, par Ancelot.

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