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C’est à peu près la même chose dans toutes les contrées de l'Orient. [/Arabe est le même partout,
Maluré ces inconvénients, on peut dire que les couvents sont l'asile de la prière, du silence, de la règle et de l'étude, ce que je nie plais à constater une fois pour toutes. Dans ces retraites sacrées, on respire le parfum des vertus chrétiennes, on goûte un calme, uue paix qui contrastent singulièment avec les vices grossiers et les habitudes tumultueuses du dehors. Tout, dans ces couvents, jusqu'aux animaux domestiques, semble avoir pris des habitudes d'ordre et de régularité Toujours le chien fidèle, chargé de prévenir les surprises, est à son poste. [l connaît trésbien les heures de la règle, et il est plusieurs points où il se montre d'une exactitude scrupuleuse,
Avant le repas, les Pères vont faire un exercice religieux à la chapelle : le chien n'arrive Jamais des derniers, et pendant qu'on fait les prières, 11 est là, immobile couché toujours à la même place. Ilsemble, à sa maniere, rendre ses hommaves À son Créateur et lui demander le pain de chaque jour. Presque toujours un chat non moins intelgent vient se placer à côté de Tu, et comme ils ont appris à vivre en bonne union, ils observent le même silence. [ls connaissent si bien la fin des prières, qu'ils ne manquent junais à partir à la minute réglementaire, pour se rendre au réfectoire, où leur docilté ne se dément pas. Ds savent qu'il ne faut pas troubler la lecture ; mais le repas est à peine fini que vous les trouvez à la salle,de récréation, où ils s'empressent de prodiguer à chacun leurs plus tendres caresses, Les mémies scènes sû reproduisent à peu près dans plusieurs maisons lazaristes, Je lavoue, ces animaux si doeiles, st intelligents, n'intéressent beaucoup; et, outre leur utilité dans ces contrées, ils sont une charmante distraction pour ces exilés volontaires qui se
sont privés des joies de la famille et des douceurs de la
patrie.
Fe 148 i un | DE TERRE SAINTE 1 D:
/ « Le T trees CHAPITRE XIV ents À Départ de Suez.
t de a Ismailia.—{Le canal.
utes.
Ttus En quittant Suez par le chemin de fer, nous avons à dr droite le canal d’eau douce, et à gauche cette chaîne de UNE À montagnes, derrière lesquelles marchaient les Hébreux, ? È VAN F , . % aux hs lorsqu'ils eurent recu l’ordre de Dieu de revenir vers l’oc- ï udes eident, Ces montagnes sont presque toujours les mêmes AE jusqu'aux approches d’'Ismailia. Nous avons dit que lu Lres- terre de Gessen se trouve sur les bords du canal d’eau où il “ douce entre le Delta et Ismailia, Autrefois, une branche jo 3 du Niltraversait cette terre, la meilleure de l'Egypte, pour pl reli- . aller se décharger à Péluse ; mais depuis longtemps, le Nil ; 4 iers, l'ayant abandonnée, elle est devenue en wrande partie aride FA uché À et stérile, et le canal qui la traverse ne. portera pas avec Re : ni DEA ndre ; lui la même vertu fécondante, FE LA Lol u de Ismailia est une ville nouvelle fondée par M. de Les- ÉURE: tel- seps, qui a voulu lui donner le nom du vice-roi régnant, HAE 4 £ : ; Mir D» Elle est bâtie sur un vaste plan, qui probablement ne sera a s . . . . . 0 . à , nce. jamais rempli. Il y a une assez jolie église catholique | a Us avec un très-modeste clocher ; cette Vue réjouit le cœur Fée P £C chrétien ; et, ce matin, j'ai éprouvé une douce émotion, en | [Ts eutendant la petite cloche qui envoyait ses sons argentins at Pas .- , r y l lés , »] , IN VI] à - 7 L sa aux quatre vents du désert, pour les Inviter à saluer, avec A EQE OR, l'ange, la Vierge, reine du ciel et de la terre; mais une Het us pensée triste m'a saisie tout à coup. Cette cloche, me suis- | pot je dit, a trouvé plus d’écho dans les airs que dans les cœurs Li ï car ici, encore plus qu'ailleurs, il est bien petit le nombre DEN cils 2 de ceux qui aiment Jésus et Marie.
une s Nous ne sommes sortis que vers quatre heures d’après- 1 se * J: , F midi. La chaleur était excessive, accablante. Le ther- : la x A ’ \ momètre marquait, à l'ombre, 20 degrés Réaumur, Nous en de fs
avons parcouru les rues bien alignées, mais presque désertes, de cette cité nouvelle qui attend des colons Européens ; cat les Arabes n'ambitionnent pas ces belles maisons construites comme en France; ils se contentent de quelques huttes à l'entrée de la ville. La plupart des rues sont plantées d’acacias et autres arbres de l'Orient ; mais les plantations sont jeunes et ne donnent encore qu’un faible ombrage. Pas de terre ; il faut aller la chercher au loin ; du sable, et toujours du sable, Nous avons visité avec le plus vif intérêt un magnifique jardin appartenant à un Francais. C’est un véritable Eden placé dans le désert, La, mon confrère à voûté toutes les jouissances réservées aux botanistes, et dont ma parfaite ignorance m'a privé. Que de noms francais, grecs on latins il a appliqués aux fleurs, aux plantes, aux arbres ! Je Jui en laisse l'explieation, et je me résume en deux mots. Beaucoup de productions qu'on ne trouve que dans les climats chauds, même des ananas ; une distribution admirable ; des allées, des bosquets, de petits lacs, des pièces d’eau, des tuyaux sans nombie portant de tous côtés l’eau si fécondante et si rafraichissante du Nil, puisée au canal. Sans eau, on n'obtient rien, absolument vien, Ce vaste jardin a dû coûter des sommes fabuleuses,
22 mars.
Dès cinq heures, je célébrais la sainte messe, et nons partions en toute hâte, parce que nous savions que beaucoup d’Anglais et d'Américains devaient, comme nous, aller à Port-Said, Nous nous diriveons vers le lieu de l'embarquement, avec un maronite au service des PP. Franciscains ; mais nous n'avions pas compté avec le vent, qui pendant la nuit avait soufllé de l’est avec violence et qui soulevait les vagues du lac Tinsah. On nous renvoie plus loin, à uue lieue, à l'endroit où le calul quitte le lac, et où la tempête ne peut plus sévir. Quel désappointement ! Combien je reurettai de ne pus avoir à ma disposi-
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: vent, nce et invoie le lac,
ointe- Sposi-
tion quelque baudet dont j'aurais été heureux de me servir pour un trajet si imprévu.
Enfin, nous voilà sur le canal maritime, Il est si connu aujourd’hui que je n'en dirai que quelques mots. Sa longueur d’une mer à Pautre est de 160 kilomètres (100 milles), sa largeur de 100 mètres (330 pieds) à la surface, et de 22 mêtres (72 pieds) à sa base, et sa profondeur de K mètres (26 pieds). Pas une seule celuse, le niveau des deux mers étant le même, Sur le parcours, il y a plusieurs stations. À la station d'ElGuisr, on à bâti une chapelle en lhonneur de la sainte Vierge, parce que, d'après une tradition fort ancienne, la sainte Famille s’est reposée en cet endroit, dans sa fuite en Egypte. Je la saluai de loin, regrettant de ne pouvoir aller y déposer ma prière.
D'Ismailia à Port-Said, toujours des sables, pas la moindre verdure, sinon dans plusieurs stations où l'on trouve des plantes et des fleurs enltivées par des Européens. Partout c’est la sécheresse et laridité d’un désert brûlant. On dit pourtant que, depuis que le lac est creusé, 1] tombe de Peau plus fréquemment, au grand étonnement des Arabes qui étaient habitues à passer plusieurs années successives sans en recevoir une seule goutte, IT est fort douteux, néanmoins, que ce désert, malgré la pluie et l’eau douce du canal, devienne jamais le jardin du Seigneur.
Un autre spectacle fort intéressant attirait de temps en temps nos regards, Nous apercevions s'avancant à otre rencontre de gros vaisseaux anglus à destination des Indes. [ls voguaient avec facilité et même assez rapidement sur le canal. Les mouvements de leurs énorxes machines bhouleversaient et faisaient écumer les eaux, et nous nous éloignions humblement pour laisser passer ces monstres marins, dans la crainte qu'ils ne fissent chavirer notre lrèle embareation. Lorsque deux gros bâtiments doivent
se rencontrer, sur Pavis du télégraphe, lun d'eux s’em-
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