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taient à leurs enfants, avec leur sainte indiguation, la description la plus minutieuse des lieux qu’ils avaient vénérés, en sorte que, au jour du triomphe, la mémoire des chrétiens en était toute remplie.
Cent quatre-vingts ans après, Constantin donna la paix à l'Eglise, et sa vénérable mère, à l’âge de plus de quatrevingts ans, se transporta en Palestine pour satisfaire sa piété et mieux surveiller l'exécution des ordres de son fils. A son arrivée, la Jérusalem chrétienne tressaille de joie ; on se met à l’œuvre, les édifices consacrés aux idoles sont renversés ; l'empereur voulut qu'on en jetât fort Join les démolitions. 11 commanda même d’enlever le terre qui avait été souillée par l’impiété des sacrifices, et de la transporter ailleurs.
Quand on fut arrivé à la profondeur de l’ancien soi, on vit, dit Eusèbe, contre toute attente, le très-saint et trèsauguste tombeau d'où le Sauveur était autrefois sorti res. suscité, et Constantin donna l’ordre d'y bâtir une magnifique église. Il voulait y prodiguer ses trésors et en faire le plus beau monument de l’univers. En dix ans, ce grand ouvrage fut achevé. Les évêques de l'Orient se réunirent pour en faire la dédicace solennelle. Cette basilique était immense ; elle englobait le Calvaire, le Saint-Sépulcre, les autres sanctuaires, et même la chapelle de Sainte-Hélène, qui en est aujourd’hui séparée.
Vers l’an 614, Chosroés, roi de Perse, s’empara de Jérusalem et renversa l’église du Saint-Sépulcre. Ce fut un pauvre moine nommé Modestus qui entreprit de relever ces ruines ; mais il ne put, comme Constantin, recouvrir d’une seule et immense basilique l'ensemble des saints lieu x; il dut se borner à construire sur chaque lieu vénéré une église ou sanctuaire en rapport avec ses ressources. Vers l'an 636, Omar entra dans Jérusalem, après avoir conclu, devant les portes de la ville, un traité qui garantissait aux
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chrétiens la possession de leurs églises. Depuis cette époque, les chrétiens de Jérusalem eurent à subir de cruelles épreuves, jusqu'au moment où Charlemagne inaugura en Orient la protection francaise et obtint quelques années de calme et de paix.
Les lieux saints eurent ensuite bien des dévastations à subir et à réparer. Eu 1099, les croisés entrèrent triomphants dans lu ville sainte, et, quelques années plus tard, ces généreux conquérants reprirent l’œuvre de Constantin et parvinrent à réunir dans un seul monument tous les sanctuaires isolés. C’est cette église qui subsiste encore aujourd’hui, gardée par les Franciscains, au prix de mille sacrifices ; c'est cette église dont on veut les déposséder peu à peu, et qu'il ne consentiront jamais à abandonner qu'aprés que le sang du dernier d’entre eux aura coulé sur les dalles du vénéré sanctuaire dont ou leur a confié la garde.