‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 52 sur 170 · RE DR AE · texte numérisé non relu

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que du grand empereur cette imposante majesté qui faisait dire à Eusèbe : “J'ai vu la nouvelle Jérusalem descendre sur la terre, toute resplendissante de beauté; se: murs étaient de pierres précieuses, ses tours brillantes conme des perles, ses portes Ctincelantes de saphirs et d'émeraudes. ” Rien de tout cela ne reparut. Cependant l'ouvrage des croisés fut grand et solide comme leur foi. La nouvelle basilique semblait défier les injures du temps, mais elle n’était pas à l’abri des fureurs, des profanations, des insultes des barbares.

Vers le millieu du treizième siècle, les Karesiniens y commirent plus de dégâts et de profanations qu'on n’en avait vus aux plus mauvais jours. Cependant, dans son ensemble, elle échappa à la destruction. Le due de Bouryogne a restaura à la fin du quinzième siècle, Au milieu du dix-septième, elle fut de nouveau restaurée par les patriarches ; mais ce fut surtout en 1719 que se fit la restauration la plus remarquable, La grade coupole menacait ruine, et la France obtint pour les religieux Pautorisation de la reconstruire. Ce fut au milieu des plus grands obstacles et au prix d'énormes sacrifices que les pauvres religieux accomplirent cette grande œuvre, qui fat détruite un siècle après par l'incendie de 1808.

C’est la plus triste époque de l'histoire du Saint-Sépulcre, dans tous les temps si hunentable. Un grave soupcon a pesé sur les Grecs et les Arméniens. Des écrivains consciencieux n’ont pas craint dallirmer que le feu avait été mis à dessein par eux, parce qu'ils savaient que les Latins étaient alors sans ressources, et que la reconstruction faite par eux leur donnerait un droit de co-propriété : ruse saerilège, abominable, digne de la pertidie des Grecs,

Cependant, par une disposition admirable de la Providence, l'incendie, qui dévora toute la partie du temple oc-

cupée par ces audacieux profanateurs, respecta, à la grande

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admiration de tous, les autres parties appartenant à nos religieux, surpris et consternés. On eût dit, selon l’expression de Eugène Boré, d'un jugement du feu, ménagé par le Christ sur les légitimes gardiens de son tombeau.

Voici ce qui fut sauvé: presque toute la façade ; la a pierre de l’onction; le Saint-Sépulcre, où l’on retrouva ! Jusqu'à un tableau peint sur toile; la chapelle de l'ange : celle de Sainte- Marie-Madeleine ; la sacristie et le couvent des Franciscains. L'incendie ne s’étendit que sur la moitié 14 du Calvaire ; il épargna le lieu du crucifiement, l'oratoire À de Notre-Dame des Sept-Douleurs et les chapelles sonterruines de Sainte-Hélène, de l’Invention de la sainte Croix, ce l’Impropère et de la Division-des- Vêtements.

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Font ce que lincendie a épargné est évidemment de style byzantin, notamment les deux portes d'entrée; celle de droite est anjourd’hni murée.

Devaut la basilique, est une petite place environnée de bâtiments servant de couvents qui appartiennent à diverses nations. Là, est la seule entrée qui reste libre. Isolée du reste de la ville, elle conserve quelque chose d'imposant et de majestueux. À gauche, s'élève un vieux clocher, dont on a diminué Ja hauteur, parce qu’il menaçait ruine, Devant soi, on apercoit le grand dôme tout nouvellement

reconstruit et présentant une belle coupole, et à droite le petit dôme qui surmonte le chœur des Grecs.

Là, je me rappelais la place du Vatican et l'entrée de Saint-Pierre de Rome, et je me disais: Le tombeau du | disciple est plus beau que celui du Maitre! le pêcheur de Galilée est plus honoré que celui qu'il à proclamé le Christ, le Fils du Dieu vivant. Il est vrai, Saint-Pierre de Rome est le monument le plus grandiose de l'univers ; il repré-

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sente admirablement l'Eglise universelle; mais la basilique a du Saint-Sépulcre convient mieux à un tombeau, repré- bi

sente mieux le Calvaire, et en y entrant, au lieu d'admirer :

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