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les œuvres des hommes, on pense à cette grande œuvre de la rédemption qui s'est accomplie dans ce lieu à jamais vénérable,
Le premier objet qui m'a frappé, avant d'entrer dans l'église du Saint-Sépulcre, c'est une pierre tumulaire dont l'épicaphe est encore très-facile à lire. Cette pierre recou. vre la dépouille mortelle de Philippe d’Aubigny, dont lu famille est restée célèbre dans nos contrées. C’est un Français, un Normand, qui a voulu, après sa mort, sentinelle avancée, monter pour ainsi dire la garde, auprès du tombeau de Notre-Seigneur. Ce n’est pas sans une vive émotion que l’on entre pour la première fois dans cette église du Saint-Sépulcre qui recouvre les lieux les plus chers à notre foi. Si jamais cette parole: Tremblez à l'approche de mon sanctuaire, saisit l’âme d’un religieux effroi, c'est quand on pénètre sous ces voûtes antiques où se sont accomplis les plus augustes mystères.
Plein de ces pensées, j'ai fait à peine quelques pas, que, cherchant en vain un bénitier pour y plonger la main et tracer sur mon front le signe de la rédemption, j'aperçois, tout près, à gauche, sur un divan, quatre ou cinq gardiens turcs. Ils sont là, à moitié couchés, causant, entretenant du feu dans un réchaud, fumant le narghileh et prenant le café. Ce sont eux qui ont la clef de cette sainte basilique, et qui l’ouvrent, chaque fois que cela est réclamé par une des trois nations grecque, arménienne ou latine, et toujours au prix d’une redevance qu'ils regardent comme une branche de commerce. Je n'ai pu franchir une seule fois ce seuil sacré sans être vivement choqué de la présence de ces figures infidèles et sans me demander si une pareille honte serait toujours infligée à la chrétienté. Mais, laissons là ces odieux gardiens, et parcourons les vénérés sanctuaires renfermés dans l’enceinte sacrée. Je suivrai l’ordre de la procession que font chaque jour les PP. Francisoains.