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paroles : Imprimez bien avant dans mon cœur les plaies le Jésus crucifié. Crucifixi fige plagas cordi meo valide Je me relève, et à côté je plonge ma main dans la fente du rocher qui se divisa à la mort du Sauveur. Là, je ressentis une nouvelle émotion que je ne puis rendre ; il me embla que je palpais pour ainsi dire le miracle, et que je devais m’écrier, comme saint Thomas, après qu'il eût plongé ses doigts dans le côté de Jésus : ‘Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu ! C’est vous qui, en mourant, avez montré que vous êtes Dieu, en brisant ce rocher, qu'aueune cause naturelle n’eût pu déchirer de la sorte !”
Tout auprès, à droite, est un petit autel dédié à Notre- Dame des Douleurs. C'est là que la sainte Vierge se tenait debout au pied de la croix, c’est là qu’elle portait ses yeux pleins de larmes vers son Jésus expirant. Je cherche à ne placer en cet endroit, dans l'attitude où elle devait être au moment où un glaive de douleur transpercçait son âme ; je me figure Jésus sur la croix, et je me dis: C’est bien là que devait être cette affligée ; c’est bien de là qu’elle pouvait dire: “ Voyez s'il est douleur semblable à la mienne. Stabat Mater, dolorosa, juata crucem lacrynosu, ” C’est sur le Calvaire qu’on comprend cet hymne de la douleur.
J'avance de quelques pas, et Jje me trouve en face de l'autel du Crucifiement, élevé sur l’endroit où Notre-Seiuneur fut étendu et cloué sur la croix. Quel spectacle ! qui nue se rappellerait ce passage d'Isaïe : “ Comme un agneau, il a été conduit à la boucherie; et, en face de ses bourreaux, il n’a pas ouvert la bouche pour se plaindre ; il se laisse coucher sur le lit de la croix, où il s’endormira volontairement du sommeil de la mort.” Pendant cette scène déchirante, la sainte Vierge était là, à dix ou douze pas, avec saint Jean et les saintes femmes. On a élevé à côté du Calvaire, mais en dehors de l'église, une chapelle
sur le lieu où elle se tenait. De là, elle voyait toutes les tortures que l’on faisait endurer à son divin Fils; de là, elle entendait les coups de marteau qui enfoncaient les clous dans ses pieds et ses mains; elle vit la croix se dresser un peu plus loin et s'enfoncer dans le trou qui lu: était préparé ; et quand la croix fut élevée, que les bourreaux se furent un peu écartés, elle se rapprocha, avec saint Jean, jusqu'au lieu que nous avons désigné plus haut,
C'était assez d'émotion ; je me sentais bouleversé, et daillenrs je voulais revenir chaque jour sur le Calvaire.
A vant de descendre, disons un mot de cette fente large ct profonde qui commence près du trou où la croix fut plantée, et qui descend dans la masse du rocher jusqu’au bas du Calvaire. C’est là une de ces pierres qui se fendi, rent à la mort de Jésus-Christ, ZT petræ scissæ sunt. Dès le quatrième siècle, saint Cyrille, évêque de Jérusalem, nous apprend qu’on montrait sur le Calvaire les rochers fendus par la force du tremblement de terre arrivé à la mort du Sauveur, et il ajoute ces paroles remarquables : “ Si je voulais nier que Jésus-Christ ait été crucifié, ce Golgotha sur lequel nous somrues présentement assemblés me l’apprendrait.”
Ne voulant entrer lans aucune diseussion scientifique, je me contenterai de citer le trait suivant : “ Un déiste anglais, raconte Addisson, voyageant en Palestine, tournait en ridicule tout ce que les prêtres catholiques lui disaient des saints lieux. Ce fut dans ces dispositions qu'il alla visiter les fentes du rocher du Calvaire. C'était un naturaliste distingué, Quand il vint à examiner ces déchirures, avec l'attention et l'exactitude d’un vrai savant, il dit à son ami: “Je commence à être chrétien, J'ai fait, coutiaua-t-il, une longue étudé de la physique et des mathématiques, et je suis assuré que ces ruptures du rocher n'ont jamais été produites par un tremblemeut de terre ordinaire
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et naturel. Un ébranlement pareil eût, à la vérité, séparé les divers lits dont la masse est composée, mais c’eût été en suivant les veines qui les distinguent et en rompant la liaison par les endroits les plus faibles. J'ai observé qu'il en est ainsi dans les rochers que les tremblements de terre ont soulevés, et la raison ne nous apprend rien qui
n'y soit conforme, Ici, c’est tout autre chose : le roc est
partagé trans versalement, la rupture croise les veines d’une
façon étrange et surnaturelle. Je vois donc clairement et démonstrativement que c’est le pur effet d'un miracle que ni Part ni la nature n'ont pu produire. C’est pourquoi, ajouta-t-il, je rends grâce à Dieu de m'avoir conduit ici pour contempler ce monument de son merveilleux pouvoir, monument qui met dans un si grand jour la divinité de Jésus-Christ.”
Le Calvaire, comme nous l'avons dit, est une plateforme, élevée au-dessus de l’église d'environ cinq mètres (seize pieds et demi) et entourée de balustrades. Excepté le lieu où était la croix et deux endroits de la fente du rocher, il est tout recouvert de marbre. Il a bien fallu le soustraire à la dévotion par trop dévastatrice des pèlerins.
Sous le Calvaire, il y a une grotte ou ehapelle qu’on appelle la chapelle d'Adam, parce qu’on croit que c'est là que la tête d'Adam a été ensevelie. Un auteur fort recommandable nous dit qu'après avoir lu une foule de documents relatifs à cette tradition, il croit qu’on peut admettre, avec beaueoup de vraisemblance, qu'Adam a été enterré à Hébron, et que sa tête, longtemps conservée dans la famille des patriarches, a été ensevelie sur le Calvaire. Au fond le cette chapelle, on voit reparaître la fente qui commence au-dessus, près le trou de la croix ; et avec la lumière d'un cierge, on peut en considérer facilement la largeur, la profondeur et tous les caractères qui la distinguent. A la droite, en entrant, on remarque un banc de pierre qui remplace le tombeau de Godefroy de Bouillon, et à gauche,
un autre qui remplace celui de Baudouin. En 1808, les Grecs profitèrent de l’incéndie pour faire disparaître ces deux tombeaux, dont la présence condamnait leurs compatriotes. Tous les autres tombeaux des rois latins de Jérusalem, placés à quatre mètres (134 pieds) au nord de la pierre de l’Onction, et respectés par les musulmans, sont aussi tombés sous le marteau de ces démolisseurs sacrilèges.
En sortant de la chapelle d'Adam, on trouve immédiatement Ja pierre de l’Onction, placée en face de la grande porte d’entrée de la basilique. Tous les pèlerins qui entrent ou qui sortent baisent respectueusement cette pierre, où Joseph d’Arimathie et Nicodème déposèrent le corps de Jésus, après l'avoir détaché de la croix, l’enveloppèrent dans des linceuls avec une grande quantité d’aromates, selon la coutume des Juifs. C'était sans doute la partie lu plus unie du rocher qu'ils choisirent, Une pieuse tradition raconte que Joseph et Nicodème conservèrent précieusement l’eau teinte de sang qui avait servi à laver le corps de Jésus avant de l’embaumer, et que de là sont venues la plupart des reliques du précieux sang qu’on vénère en diverses églises.
Le pierre sur laquelle fut embaumé le corps de Jésus est aujourd’hui recouverte d’une table de marbre rougeûtre, longue de deux mètres soixante-dix (9 pieds) sur un mètre trente (4 pieds et 4 pouces) de largeur, et qui s'élève à environ dix centimètres (4 pouces) au-dessus du sol. Aux quatre coins, sont placés des pommeaux en cuivre doré, de grands candélabres, et tout à l’entour, dix lampes d'argent. Ce lieu sacré fut laissé intact, au moment où sainte Hélène prépara le terrain aux environs du Calvaire, pour construire la grande basilique, et elle le couvrit d’une belle mosaïque. Ce fut dans le seizième siècle que les Pères de Terre-Sainte la remplacèrent par une belle plaque
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