‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 56 sur 170 · CRE · texte numérisé non relu

CRE

Jourd’hui on vénere cette sainte rellque à Argenteuil, et

la sainte robe à Trèves, Dans ce lieu même où les bourreaux ne voulurent pas déchirer la robe de Notre-Seigneur, cette robe, image fidèle de l'unité de son Eoclise, piur un contraste aflipcant, on voit une foule de dissidents qui viennent y prier, sans penser qu'ils se montrent plus cruels que les bourreaux, qu'ils déclirent la robe sacrée de Jésus,

en déchirant le sein de leur mère la sainte Eglise, l'épouse

Fons

bien-aimée du Sauveur.

Mous voilà arrivés à un escalier qui descend dans a chapelle souterraine de Sainte-Hélène, I y à vingt-neuf marches, et de cette chapelle on deseend encore par un autre escalier de treize marches dans la @hapelle de lPInvention de Ja sainte Croix, Avant la mort de Jésus-Christ, ces souterrains avaient été creusés, on ne salt trop pourquoi, mais probablement à l'usage de citernes. Ils devalent être complètement sous le rocher du Calvaire, Une partie des voûtes et méme quelques marches des escaliers sont encore tuillées dans le roc. La pierre calcaire qui com}iose ce rocher doit être blanche iiterieurement, puisque les parties GXposées à Pair conservent encore CA et la une teinte blanchâtre,

Le sol de cette chapelle qui forme un carré à pen près régulier, dont un côté peut avoir quinze mètres (0 pieds), se trouvait enclavé dans la première basilique élevée par Constantin. Modestus y hâtit une église à part qui fut restaurée par les croisés, On voit dans l'angle sud une fenêtre sittée sur le lieu où sainte Hélène pr'ait pendant qu'on faisait les fouilles pour retrouver la vraie eroix.

D'après les indications qu'elle avait recueillies, eile espéra, contre l'attente cénérale, Et, quand on fut parvenu au fond de la seconde crotte, on apereut tous les instruments du éruciliement et de plus les croix des deux

larrons. La sainte impératrice était au comble de la joie.

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14 | \ É ñ GS I1IS- Vue intérieure du Saint-Séi e » Jérusalem

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Tout le monde sait ce qui arriva ensuite, Mais il faut avoir visité ce saint lieu pour comprendre toute l'impression qu'il produit dans une âme chrétienne.

Jamais je n’entrais dans l’église du Saint-Sépulcre sans descendre dans ces profondes chapelles où furent conservé:, pendant plus de trois siècles, les objets les plus dignes de notre vénération et de notre respect; et, chaque fois, Île passé revivait devant moi ; il me semblait que je voyais la pieuse Hélène priant et suivant de l'œil les ouvriers qu’elle encourageait, et je charchais à ine représenter l'immense joie dont ils furent tous saisis au moment de la précis use découverte ; et puis je me prosternais et je baisais avec amour le lieu où avait reposé la vraie croix. Le cœur le plus indifférent, le plus dur, pourrait-il ne pas être brisé, en descendant sous ces voûtes du Calvaire, à la lueur de quelques lampes qui scintillent au fond de la grotte, en pensant que là fut la croix de Celui qui a recheté le genre humain, et qui, en mourant, brisa ce rocher, dont on voit encore, jusque dans ces grottes, se prolonger une large fissure.

Quand on est sorti de ces deux chapelles souterraines, on trouve sur la gauche celle de l’Impropère. Sur l'autel de cette petite chapelle, il y a un troncon de la colonne de ma bre gris sur laquelle Notre-Seigneur était assis au prétoire quand il fut abreuvé d’injures par les soldats de Pilate, au moment où ils rassemblèrent toute la cohorte, où ils jetèrent sur ses épaules un mantean de pourpre, lui mirent un roseau à la main ©t une couronne d’épines sur la tête, ete. Est-il étonnant que les pèlerins de toute nation s'empressent de toucher cette colonne qne toucha de si près Notre-Seigneur, cette colonne qu'il arros de son sang, et où 1l souffrit, pour notre amour, de si ruelles indignités. Tous voulaient aussi approcher de «te sainte relique divers objets pour les transporter dans leur patrie,

DE TERRE SAINTE 155 comme un souvenir précieux qu'ils conserveront religieus il faut

l'impres- sement.

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fois, le

Le Calvaire.

voyais la s qu’elle mimense ré ln Use ais avec cœur le ‘e brisé, lueur de

Description du Calvaire, — Fente du rocher du Calvaire. Chapelle d'Adam, — Pierre de l'Onction.

Montons maintenant sur le Calvaire, sur ce lieu si saint qui à été inondé du sang de Jésus-Christ, qui a vu couler les larmes de la sainte Vierge. Montons sur le Calvaire ; et, qui que nous soyons, nous ny passerons pas une heure sans nous écrier avec le centurion et les soldats qui

rotte, en vardaient Jésus : “Cet homme était vraiment le Fils de

le genre

Dieu.”

on voit Peut-être quelques-uns, dans notre siècle de doute, vou-

ee

ie large draient-ils retrouver le Calvaire tel qu'il était sous Ponce- ‘late ; mais les siècles de foi qui nous ont précédés, n’en-

tendsient pas comme noïs le respect dû aux lieux saints,

rraines,

* l'uutel * ‘is ont conservé ce qui pouvait être l'aliment de la pne de pate, et ils ont embelli le reste. Pourrions-nouns leur en au pré- faire un reproche ? Parcourons ce lieu vénéré tel qu'il est de Pi- aujourd’hui, et nous leur rendrons justice. Il n’est pas rte, où rare qu’on se fasse du Calvaire une fausse idée. Souvent,

pre, lui les sur > toute toucha de son lles insainte patrie,

on se le représente comme une montagne , mais jamais l’Ecriture ne lui a donné ce nom. Toujours elle dit : le lieu di Calvaire, Calvuriæ locus. C’est une petite élévation, où simplement un rocher. Aujourd'hui, après toutes les transformations qu'a subies le sol qui l’environne, il ne ‘’éiève que de cinq à six inètres (17 à 20 pieds) au-dessus du niveau du Saint-Sépulcre, et de douze mètres (40 pieds) audessus de la chapelle de l’Invention de la sainte Croix.

136 LE PRLERIN

De l'église du Samt-Sépulcre, on accède au Calvaire pa plusieurs escaliers plus où moins rapides qui ont de douze à dix-huit marches. On se trouve alors sur une plate forme d'environ quinze mètres (50 pieds) carrés, divisée en deux parties par des piliers. La partie méridionale porte le nom de chapelle du Crueifiement, parce que e’est là que Notre-Seigneur a été attaché à la croix ; Pautre s'appelle la chapelle de lx Plantation de la Croix, P'Evangile de saint Jean nous dit: “Jésus, portant sa croix, alla au lieu ap,elé le Calvaire, en nébreu, Golgotha, où ils le crucifièreni. est done 7e7, dans ee trou placé sous cet autel, que Ja croix :: dressa, que des mains barbares Pélevèrent, au milieu des cris forcenés d’un peuple en délire. C’est iei que s’est consommée Pœuvre de la rédemption; c’est ici que Jésus-Christ, du haut de sa croix, étendit les bras sur le monde, comme pour l'embrasser dans son immense amour; c’est 1ei qu'il pria pour ses bourreaux, qu'il promit le paradis au bon larron. C’est ici, du haut de cette croix, que, tournant ses regards vers sa Mère, il nous dit: Voilà votre Mère. Elle était là, tout près: sa place est marquée. Si, le vendredi saint, nous ne pouvons lire, sans une émotion profonde, ces paroles : ‘Jésus, poussant un grand en, dit : Mon Père, je remets mon âme entre vos mains, et disant ces paroles il expira, erprrawit;? si cette simple parole, il expira, appliquée à l'Honmme-Dieu, nous frappe d’étonnement, de stupeur, à la distance de dix-huit siècles, loin du théâtre de ce grand événement, qu'on se figure le saisissement qu’on éprouve quand on se trouve au lieu même où l'auteur de la vie pencha la tête et exhala son dermier sonpir; au lieu où la terre trembla, où les morts sortirent de leurs tombeaux, où le soleil voila ses rayons, où là nature entière prit le deuil pour Jésus.

Après ces premières émotions, Je me prosterne ; longtemps je colle mes lèvres sur cette cavité où s’enfonca Ja croix de mon Sauveur, et je 1épète intérieurement ces

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