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176 LE PÈLERIN Troisième station.
Je me mets à la suite de Jésus, je marche avec lui dans cette voie douloureuse. Je le vois, suivi de ses accusateuis, de ses bourreaux et d'une foule de peuple, passer sous cette arcade, où il avait été montré au peuple ; la rue est en pente et descend jusqu'à la rencontre de celle qui vient de la motte de Damas, autrefois d’'Ephraïm. Après environ cent vingt-trois mètres, (quatre cent sept pieds) on est au bout de cette rue, et sur la gauche, une colonne cassée en deux et couchée contre le mur indique le lieu où Notre-Seigneur tomba pour la première fois, fléchissant sous le poids de sa croix et de ses souffrances, peut-être même heurté, dans cette pente rapide, par quelqu’un de ses bourreaux.
Quatrième station.
A 37 mètres (cent vingt-deux pieds) plus loin, on trouve une ruelle venant des environs du prétoire, comme j'ai pu m'en convaincre, en la suivant assez loin. C’est par cette petite rue que la sainte Vierge qui avait suivi les diverses phases de la condamnation de son divin Fils vint à sa rencontre, voulant le presser une dernière fois dans ses bras. Elle se placa sur son passage, et quand elle Papercut, elle tomba comme demi morte. Y a-t-il rien de plus saisissant que cette rencontre ? L’'Evangile n’en parle pas, mais tous les Pères en ont fait mention, Comment pourrait-on douter que la sainte Vierge, que nous retrouvons au Calvaire, n'ait suivi partout son divin Fils. 11 y a encore en ce lieu une église abandonnée qu’on appelait l’église de la Pumoison, où Notre-Dame des Douleurs. Avec quel respect le pèlerin se prosterne, en considérant Jésus et sa sainte Mère, et répète ces paroles du Stabat: Qui pourrait ne pas s'aflliger, en contemplant cette pieuse mère mêlant ses larmes aux douleurs de son Fils! Quis posset non contristuri !
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DE TERRE SAINTE 77 Cinquième station.
A 23 mètres (soixante-seize pieds) plus loin, on place ordinairement la cinquième station, A l'entrée d’une rue, vers l’ouest, on trouve une petite excavation, dans une pierre du mur de la première maison, à gauche. C’est là l'endroit où les Juifs forcèrent Simon le Cyrénéen qui passait par là, en revenant des champs, de porter la croix de Jésus. Ilest très-probable que Simon était rentré dans la ville par la porte de Damas ou d’Ephraïm, et que, manifestant quelque sentiment de compassion pour Jésus, on lobligea à lui aider, ou peut-être, les juifs, voyant l'extrême affaiblissement où se trouvait Jésus, craignirent qu’il ne succombât, en montant cette rue rapide où l’on entrait, et qu’ils ne pussent repaître leurs yeux de l’horrible spectacle de son agonte sur le Calvaire. Peut-on franchir cette station sans porter envie à cet heureux Cyrénéen, qui eut le bonheur de soulager Jésus, au milieu de ses plus grandes douleurs ? La ville de Cyrène d'où était Simon est située en Afrique. 11 y avait alors beaucoup de juifs. Cette ville s'appelle aujourd’hui Barca.
Sixième station,
On continue cette rue, laissant à gauche la maison du mauvais riche, et après quatre-vingt-nenf mètres (dev x cent quatre-vingt-quinze pieds) on arrive à la maison de sainte Véronique, et un morceau de colonne encastré dans le pavé, auprès de la maison, indique la sixième station. C’est là qu'une pieuse femime eut assez de courage pour braver la lureur des soldats et des bourreaux, et alla essuyer avec un mouchoir la face du Sauveur. Elle en fut récompensée sur le moment même, car la face adorable de Jésus resta nnprimée sur ce linge qu’on conserve encore à Saint-Pierre de Rome, sous le nom de volto santo. C’est peut-être
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pour cela qu'on a donné à cette femme le nom de sainte Véronique, qui signifie : vrai portrait, La tradition seule nous garantit ces faits. Mais, sans les discuter, ne suffit-il pas, pour rassurer notre piété, que l'Eglise les approuve ? Et, partout où l'exercice du Chemin de la Croix est établi, et il l’est dans tout l'univers, on loue et on exalte Paction héroïque de cette sainte femme,
Septième station.
Au bout de cette même rue, se trouve l'emplacement de la porte Judiciaire, c’est la septième station. Malgré le secours Ce Simon, Jésus tombe une seconde fois. C’est la porte par laquelle sortaient les condamnés qu’on conduisait sur le Golgotha, aui était la place des exécutions,
Huitième station.
Le Golgotha commencait alors auprès de la porte Judiclaire, Maintenant cet espace est enfermé dans la ville et couvert de maisons. On suit done la rue qui fait face à celle que l’on vient de quitter, et, à la distance d’une trentaine de mètres, (cent pieds), un trou, à gauche, dans la pierre du mur d’un couvent, indique la huitième station. C’est là qu’eut lieu la scène la plus touchante, la rencontre des femmes de Jérusalem qui pleuraient et se lamentaient sur Je sort de Jésus. Quel contraste avec la dureté, la férocité de cette tourbe insolente qui 2. vait suivi jusque-là le Sauveur! Le cœur de Jésus dut en être soulagé, et il le manifesta par ces paroles qu'il leur adressa : Ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vous-mêmes,” paroles qui respirent tant de tendres:e et de bonté, qu’en les répétant on
sent son cœur attendri et ses veux mouillés de larmes,
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