‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 78 sur 170 · PRE · texte numérisé non relu

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les vallées de leurs pieux cantiques en l'honneur de Celui qui s'éleva au-dessus des cieux à l’orient de la sainte cité : “ Cuntate Domino qui ascencdit super cœlum eœælr «ad orientem.”

Cependant ce lieu n'est pas complètement délaissé, Plusieurs fois pendant l’année, les PP, Franciscains, moyennant une rétribution, peuvent y aller dire la sainte messe, et, tous les ans, le jour de l’Ascension, la communauté tout entière s’y rend dès la veille, On chante les vêpres et les complies, Ensuite a lieu la procession suivie par tous les catholiques de la contrée, À minuit, les religieux chantent matines et landes ; puis quelques Pères disent la sainte messe, Au point du jour, se célèbre la messe pontificale, où communient un grand nombre de fidèles. Quelle belle nuit, et que son aurore est brillante et radieuse !

Au sortir du lien de l’Ascension, nous montons sur le minaret de la mosquée. Le soleil était ‘ardent, le temps magnifique, et du point élevé, où nous étions placés, l'œil embrassait un immense panorama. Du haut du dôme de Saint-Pierre de Rome, la vue se repose délicieusement sur une grande ville, sur de vastes campagnes, sur des montagnes couvertes de verdure.

De la montagne des Oliviers, c’est une perspective toute différente, telle qu’il n’y en a pas de semblable au monde. A l’ouest, le regard plonge dans la vallée de Josaphat, dont on distingue chaque monument. Jérusalem apparaît comme une reine découronnée, on la découvre tout entière. Les murs se dessinent autour de l’enceinte où était autrefois le temple de Salomon,

Avec quelle avidité l’œil se promène de la mosquée d'Omar à la citadelle de David, du Golgotha au Sion, et que de souvenirs reviennent à l'esprit! L’œil a beau chercher à se reposer sur un tapis de verdure, il ne rencontre que quelques buissons de nopals, quelques chétifs palmiers

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et de pâles oliviers, Aucun oiseau ne chante au milieu de tant de ruines ; seulement, au-dessus des cyprès et des coupoles du Moriah, on voit voltiger quelques vieilles corneilles qui ont continué à faire entendre leurs cris lugubres. Au sud-ouest et au sud, l'aspect n’est pas moins triste,

Sur les montagnes qui entourent Bethléem, le regard n’aperçoit que le désert dans son affreuse nudité, Toute cette contrée autrefois couverte de belles cultures, de somptueuses habitations, ne présente plus à l'œil que des ruines. YŸ a-t-il quelque chose de plus sauvage que le lit tortueux du Cédron s’enfuyant vers les défilés de Saint- Sabas !

A l'est, s'étend le désert de la J'udée ; et le regard, après avoir traversé des montagnes nues, plonge dans la vallée du Jourdain et le bassin profond de la mer Morte. Cette mer apparaît entre les ondulations des montagnes comme un vaste lac qui semble être à vos pieds. Ses eaux, sous le reflet d’un soleil ardent, ressemblent tantôt à un cristal, tantôt à un métal en fusion.

Au delà, les montagnes de Moab et de l'Arabie, avec leurs crêtes élevées, semblent se perdre dans un horizun sans nuages. Le Jourdain seul trace un sillon de verdure au milieu de la plaine, et il est si visible que j'ai facilement reconnu le lieu où je l’ai visité et où je me suis assis sur ses bords.

Enfin, au nord, on aperçoit les montagnes d’Ephraïm couronnées par les ruines et les mosquées de Saint-Samuël. Ces montagnes semées çà et là sur toute la contrée vont rejoindre les monts Hébal et Garizim, au centre de la Samarie, Je descends du minaret, et je me transporte jusqu’au bord du versant oriental de la inontagne, et de là on jouit du même point de vue, et si le soleil était moins

ardent, on y passerait des heures à le contempler.

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