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lu LE PÈÊLERIN
Auprès du lieu de l’'Ascension, est le petit village de Zeitoun qui n’est qu'une réunion de quel jues misérables Hasures de forme cubique plus propres à loger des ani- Haux que des hommes, Auticfois ce lien ‘tait peuplé de jier x solituires qui y construisirent des églises et des mouastores, Li étaient la grotte et l'église de Sainte-Pélagie dont il ne reste qu'une chambre basse et obscure dans laquelle on descend pur quinze marches. On y trouve un ancien sarcophage d’une seule pierre. C'est là que la célèbre comédienne, nommée Marguerite et a;rès sa conversion Pélagie, vint pleurer ses fautes et fut ensevelie.
C'est tout près de là que Jésus venait prier. Ses disci- } les l’entouraient et lui disaient: Apprenez-nous à priez; et il laissa couler de ses lèvres divines le Piuler (1), cette belle prière que nous répétons chaque jour, Là, on avait bâti une église dont on ne retrouve pas même les ruines et un monastère qu'on nommait, dit la Cité de Jérusalem, Sainte- Patenôtre.
Ici nous ne trouvons plus de ruines, mais un monument véritable élevé tout récemment par la piété «le la princesse de la Tour-d’Auvergne qui est venue se fixr sur le sommet des Oliviers. Elle donne aux catholiques un gram et bel exemyle. A côté des empiètements russes qui menacent de s'étendre du mont Gihon au mot des Oliviers, elle a pris possession d’un terrain très-considérable, Elle s’est bâti un petit châlet, où elle a étab'i sa demeure. Chaque jour, elle fait pratiquer des fouilles dins ée terrain qui a été remué par tant de générations diverses, et ses recherches n’ont pas été infructueuses. D:jà elle a pu recueillir beaucoup d'objets précieux, et dernièrement elle a découvert des soubassements et des grottes dont où reconnaîtra sans doute l’usage, lorsque les déblaiements seront terminés.
(1) Luc. xt. 1.
Nous avons fait une visite à cette pieuse princesse ; elle nous à accueillis avec une bonne grâce toute francaise ct nous à communiqué le plan du terrain acquis par elle cet qu'elle fait enclore, Il comprend la meilleure partie du mont des Oliviers qui peut-être un jour reprendra son ancienne splendeur, La princesse a déjà obtenu de beaux résultats ; autour de son châlet, s'étalent les plantes et les fleurs de nos jardins français, à côté de celles du pays ; et sous ce beau climat d'Orient, quel coloris ! quelle végétation !
) ne doute pas que, dans quelques années, tout ce vaste terrain qu’on défriche ne démontre anx étrangers qui le visiteront que la Palestine est toujours la terre où coulent le lait et le miel. La princesse n’a pas oublié lu but principal qui l’a conduite sur cette sainte montagne, Elle travaille avec ardeur à élever une église que, sans doute, on nommera uussi l’église de la Patenôtre. Les murs sont à moitié construits, et bientôt ou entendra de nouveau les chants sacrés retentir dans ce lieu depuis si longtemps condamné au silence.
A côté de l’église en construction, on voit une magnifique galerie formant un vaste rectangle ; au milieu est une cour bien pavée. Cette galerie se compose de trente-deux arcades entre lesquelles on a placé trente-deux tables de marbre de grande dimension. Sur chacune de ces tables, on a écrit en beaux caractères le Pater en trente-deux langues.
Un missionnaire chinois qui nous accompagnait a été fort surpris en lisant le Pater dans la langue de l’extrême Orient et nous a affirmé que nulle part, en Chine, il n'avait vu de plus beaux caractères. Voilà une grande ct belle idée! Voilà une excellente manière de protester à Notre- Seigneur que la prière qu’il a enséignée à ses disciples ‘est répétée par tous les peuples. Quelle satisfaction pour les étrangers de voir que leur langue n’est pas ignorée dans
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ce lieu saint, et que nous faisons la même prière au Père commin qui est dans les cieux.
Il convenait qu'une communauté de Carmélites fût établie auprès de cette église et de cette galerie. C’était le vœu de la pieuse fondatrice, et il s'est réalisé dès le mois d'octobre 1874. Maintenant, ce n’est plus seulement une invitation à la prière, c’est la prière en permanence. La noble princesse nous à paru comprendre parfaitement les choses de l'Orient et la place qu'il y faut faire à l'Eglise et aux communautés religieuses.
A trente mètres environ (près de cent pieds) du sanctuaire du Pater, on montre l’endroit où, selon la tradition, les apôtres ont composé le Credo. Il y avait aussi autrefois une église dédiée à saint Marc (1).
Nous descendons la montagne par la pente la plus rapide, et après environ cent cinquante mètres (quatre cent quatre-vingt-dix-sept pieds) à l’ouest du Credo, nous foulons encore un sol sacré, un sol arrosé par les larmes de Jésus, lorsqu'il pleura sur l’ingrate Jérusalem (2), au moment où il allait y faire son entrée triomphante. Quelle scène attendrissante ! Jésus pleure ! et c’est en face de superbes monuments qu’on découvre dans toute leur splendeur. Quels doux et tendres reproches il fait entendre ! Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants!...……. Et puis, quelle terrible prédiction ! Il ne restera pas pierre sur pierre... Et l’accoraplissement suit de près; et en-
(1) La princesse de la Tour d'Auvergne ayant fait faire des fouilles à l'endroit même où se trouvait cette église eut le bonheur d’en trouver le pavement tout en mosaïque. Puis elle y fit construire un petit oratoire pour rappeler le souvenir de l'endroit où les apôtres ont composé le Credo. Ainsi les Pèlerins qui visiteut aujourd’hui les Lieux-Saints peuvent donc réciter, dans ce petit oratoire, le symbole des Apôtres avec une piété eucore plus vive et plus sincère.
(2) Luc. x1x. 41.
ère Ne core aujourd’hui, nos yeux contemplent avec étonnement ce grand désastre qui subsistera jusqu’à la fin. : fût Non loin de là se trouvent, sous terre, des tombeaux 1 t le très-remarquables, taillés dans le roc et connus sous le 1% noÏs nom de tombeuux des Prophètes. Ces tombeaux sont proune bablement ceux dont parlait Notre-Seigneur quand il di- La sait aux scribes et aux pharisiens hypocrites: “ Malheur les à vous qui bâtissez des tombeaux aux prophètes, et ce lise sont vos pères qui les ont tués.” Dans les premiers siècles du christianisme, ces niches sépulcrales si nombreuses D C- étaient habitées par les anachorètes du mont des Oliviers. lon, 4 Après cette longue excursion, nous rentrons par la tre- porte Saint-Etienne, et nous passons à côté de Sainte- si Anne nous promettant d'y revenir. d raent ou- CHAPITRE XX de no- Saint-Anne.
elle FT , ui Piscine Probatique. -— Couvent des Dames de Sion. — Pelerins musul- Us mans au tombeau de Moïse.
enre | J'avais un grand désir de visiter Sainte-Anne, cette 7 à église restaurée par la France à la suite de la guerre de { Crimée, Elle est située près de la porte Saint-Etienne, en L: face de la piscine Probatique. C’est là que, suivant d’an-
ciennes traditions, saint Joachim et sainte Anne avaient leur maison ou seulement leur demeure temporaire, quand ils venaient à Jérusalem. Au vi‘ siècle, une église fut bâtie sur l'emplacement de cette maison où habita sans aucun doute, la sainte Famille. Que la sainte Vierge soit née là, comme l’attéstent généralement les traditions orientales où à Nazareth, dans la maison qu’on vénère aujourd’hui à Loreite, comic l’affirment plusieurs Papes, le
lieu qui nous occupe n'a pas moins été honoré de sa présence et doit nous être cher, et sacré.
Sans doute, c’est une pieuse et légitime curiosité de rechercher le berceau de la Vierge Marie; mais, puisque l’Ecriture garde le silence et que les autorités les plus respectables ne peuvent s’accorder entre elles et avec les traditions, honorons la sainte Vierge dans tous les lieux qui lui sont consacrés, et gardons-nous de vouloir soulever le voile mystérieux de modestie, d’humilité et de sainteté qui enveloppe les premières années de Celle dont le nom devait resplendir avec plus d'éclat que le sole:l (1).
Pendant les croisades, l’église de Sainte-Anne fut agrandie, entièrement rebâtie et ornée de peintures qui se sont en partie conservées jusqu’au milieu du xviie siècle. Des religieuses gardaient ce sanctuaire, et un auteur sérieux raconte que, quand les Sarrasins prirent Jérusalem, elles se coujèrent le nez les unes aux autres, pour se défigurer et échapper aux outrages des musulmans: mutilation affreuse quia bien son excuse dans les circonstances cruelles où elles se trouvaient et dans leur amour de la pureté.
Ce fut alors que l’église Sainte-Anne fut convertie en mosquée et que le couvent devint une école musulmane. Dans les siècles suivants, on Jaissa tomber en ruines l’église et le couvent. En 1842, un pacha de Jérusalem en fit déblayer une partie et en jeta les décombres dans la piscine Probatique.
Après la guerre de Crimée, Sainte-Anne devint la propriété de la France ; et, depuis cette époque, de grands travaux de restauration y ont été exécutés avec une rare
(1) Depuis l’année 1880,—su; un privilège que Notre S. P. le Pape Leon XILI n’a jras hisité à accorder, —«a lieu la célébration quotidienne de la messe votive de la Nativité de la sainte Vierge ou de celle de l’Immaculée Conception, dans la crypte de l’église actuelle de Sainte-Anne, confirmant ninsi la croyance orientale sur le lieu de lu naissance de lu sainte Vierge.
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