‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 94 sur 170 · FE À LA · texte numérisé non relu

FE À LA

toutes les paroles de cet évangile me revenaient sur Îles

lèvres ; j’eutendais surtout cette voix puissante qui disait : « Lazare, sortez.” Et lu mort obéissante lâchait sa victime,

(1) Jean, x1.….

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DE TERRE SAINTI 271

et Lazare viwant repar issuitaux revaurds étonnés de cette foule qui Penvironnait.

Entiu, il faut quitter Béthanie, ce Dieu st saint et si pro-

fané où il v avait autrefois trois églises et un eclèbre mo-

nastère de religienses, et où lon wapercoit plus que quelques ruines. Nous passons à côté de l'emplacement de la maison de Simon le lépreux (1); nous longeons ensuite le petit champ où Notre-Seigneur maudit le fignier (2) ; nous laissons à côté de nous l'emplacement de Bethphagé dont il ne reste rien (3). C'est une petite vallée où lon voit quelques orenadiers et quelques figuiers, Nous sommes sur le penchant des Oliviers, nous apercevons Jérusalem que nous saluons avee bonheur, et nous rentrons dans cette

cité sainte que nous devons quitter bientôt pour ne plus la

l'éVoIr, CHAPITRE XXVII De Jérusalem à Naplouse Départ de Jérusalem, Lieux célebres que nous (rave rsOrs ElBireh (Béeroth}, — Béitine (Béthel, — Djifna (Gophnin, — Route de Naplouse. — Seïloun (Silo). Puits de Jacob. \irivee à Naplouse

Le Tundi 14 avril, 1l nous faut quitter Jerusalem, Je vais au Saint-Sépulere pour y faire encore les stations. Je pensais que e’était la derniére fois, et J'avai le cœur plein de tristesse, Le saint-Sépulcre attache à Jérusalem ; on ne peut s'en arracher qu'avec peine, C’est pour le pèlerin l'heure cruelle de la séparation, Je me prosterne encore une fois dans tous les sanetualres, le Calvaire me retient plus longtemps ; je passe encore une fois ma main dans le

trou de la croix, dans les fentes du rocher : je n'enfonce en-

(1) Marc, XIV. 8, (2) Mat. xxr, 18 (8) Mat, xxr, 1.

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core une fois dans le Saint-Sépulere ; je baise à plusieurs reprises la pierre du saint tombeau, et je me retire le cœur brisé en pensant que jamais je ne pourrai revoir ces objets si chers et si sacrés. Plusieurs fois je me retourne involontairement pour les voir encore et leur dire un dernier adieu, un adieu éternel (1).

Une pensée me console ; nous partons pour Nazareth, la patrie de la sainte Famille ; nous allons suivre la même route que parcoururent tant de fois Jésus et Marie, C'est un voyage d'environ trente lieues, On rirait en France, si l’on disait que faire ce voyage à cheval en trois jours, est au-dessus des forces ordinaires. Ce serait vrai cependant ; ear les chemins sont si difficiles et lon rencontre tant de choses si remarquables que quatre jours sufliraient à peine. Nous n’y avons employé que trois jours, mais notre témérité a failli nous coûter cher.

A deux heures après-midi, nous sommes à cheval, Nous avions été retardés par les adieux à des pèlerins devenus nos amis. M. le consul d'Espagne, de Damas, voulait nous donner des lettres de recommandation pour, Ja Syrie, M. l'abbé Codere, secrétaire du patriarche, dont je n'oublicrai jamais la bonté, nous avait donnt les siennes pour les prêtres des Missions où nous devions séjourner.

Nous quittons enfin la ville sainte, mon confrère et moi, accompagnés de deux mouk'es, dont lun était musulman et l’autre schismatique. Nons n'avons aucune escorte ; les chemins sont sûrs. C'est la route de la Samarie et de la Galilée, qui fut toujours la plus fréquentée de là Palestine. De temps en temps, nous jetons un reganl attristé vers Jérusalem, cette ville dont la destinée est si mystérieuse et qui attache le chrétien par des liens qu'on ne saurait

(1) Ce saint abbé pressentuit déjà que la fin de sa carrière n'était pus éloignée. 11 disait son dernier adieu à Jérusalem, le 14 avril 1873, et le 8 inars 1876, il rendait sa belle âne à Dieu, apres avoir répandu durant sa

vie sacerdotale une grande somme de bonnes œuvi

FN DE TERRE SAINTE 273 * s l'é- rompre, Arrivés sur une hautenr, nous nous arrêtons un : : Fa il œut instant : ct, le regard tixé sur ses sombres murailles et sur- is jets tout sur le dôme du Saint-Sépulcre, nous répétons ces pa- Aa lon- roles du prophète : Jérusalem, si jamais Je t'oublie, que Fe ntot ina langue s'attache à mon palais.” "| Jérusalem à disparu ! Nous sravissons, nous descendons RE h, la les montagnes par des sentiers pierreux, impraticables. Lou: ême C’est pourtant le grand chemin qui unissait les royaumes TEE j'est d'Israël et de Juda; cest ce chemin qui a vu passer tant jee “i e, Si de peuples, tant d’armées si nombreuses, et qui a ét RS ré est | témoin de mille combats ; et nulle part, aujourd’hui, il ne DAT ant ; porte les traces d’une seule voiture. Je doute qu'il en t de ' existe en Palestine, Il faut être à Pabri de la peur et Rire ‘ine, hardi cavalier pour affronter ces ascensions et ces descentes HU imé- ; vralnent périlleuses. On est forcé de s'y accoutumer, et tee L d'ailleurs les mauvais chevaux An pays ont le pied sûr PA Nous | 4 comme des mulets de montagne, Eu on Sur cette route antique, que de lieux autrefois célèbres à CONS a: | nous allons voir à droite et à gauche ! Fest impossible de Ro EE : M. | les décrire. Les voyageurs qui parcourent rapidemet cette te re bts | terre sacrée le peuvent donner que quelques iudieations 4e APE: les de ANS | a Lil superficielles, et chaque localité mériterait un examen ap- Lane | profondi. Je me rappelle que, dans une conversation in- } 6 pos time, un prétre fort instruit, qui est en Palestine depuis 4% SR quinze ans, nous disait que si l’on étudiut sérieusement SAT les les lieux, qu'on le dédisnat Pits d'interroger les indivènes, ê FRE Le la on réussirait à reconnaitre tous les lieux dont parle PE- Fe Fe Line, eriture ; mais 11 ajoutait que, pour cela, Phabitude de Ja tin L vers langue arabe est nécessuire, Pour nous, nous ne pouvons « he 40 bit : qweffleurer, comme nos devanciers, un sujet qui, plus tud, Rae ‘4 ral Nous l'espérons, sera traité à fond. sa ‘ t pus C'est sur le mont Scopus que nous avons fait nos der- Ro t le 8 ; niers adieux à Jérusalem, et c’est anssi sur cette hauteur SE A nt su /

que le grand-prêtre daddus vint à la rencontre d'Alexandre

le Grand et le recut comme un triomphateur. Alexandre reconnut en ui l'homme vénérable qu'il avait vu en songe, et se prosterna pour adorer le nom de Dieu écrit sur sa tiare, Le conquérant, devant lequel la terre se tuisait, offrit un sacrifice à Jérusalem et traita avec bonté le peuple de Dieu,

Bientôt nous découvrons la mer Morte et l'ancienne Anathot (D), patrie du prophète Jérémie. D’an autre côté, cest Crabaa (21, patrie de Saül; ensuite sur une colline, ancienne Gabaon (5), aujourd’hui ELGib. Ce furent les chefs des Gabaonites, qui, par ruse, cbtinrent de Josué de ne pas être enveloppés dans lanathème, et C'est aussi à Gabaon que Josué, trouvant la journée trop avancée pour achever sa victoire contre Adomnisédee, roi de Jérusalem, et les trois rois amorrhéens, dit, en présence des enfants d'Israël: Soleil, arrête-toi sur Gabaon, lune, n'avance point sur Ja vallée d'Aralon;”? et à sa voix, le soleil s'arrêta jusqu'a ce que la victoire fût complète,

Je passe sous silence une foule de lieux moins célèbres, les deux Béthoron, Rama de Benjamin, Emmaus où se rendaient les deux disciples qui furent rejoints par Notre- Seigneur, et j'arrive à là fontaine El-Bireh, petit monument d’où jallit une belle source d’eau excellente,

A quelques pas de là, on entre dans le village, appelé autrefois Bécroth, situé à trois lieues de Jérusalem, C’est là que Marie et Joseph sapercurent que Jésus leur manquait. C’est la première station, quand on vient de Jérusalem, et il m'est pas étonnant que Marie et Joseph erussent qu'il était avec quelqu'un de leur connaissance. “Les charmes du saint Enfant, dit Bossuet, étaient merveilleux, et il est à croire que tout le monde le voulait avoir. 7 A El. Bireh, on voit encore les restes d’une ancienne église.

de style gothique, consacrée à la sainte Vicroe, Elle date

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