‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 97 sur 170 · AN ASSISES ENS RTE · texte numérisé non relu

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Nous nous disposons à reprendre notre route ; mais auparavant je voulus essayer mon révolver, Le coup qui partit s’en alla retentir dans les montaynes et fut répété par mille échos. Nos moukres parurent stupéfaits. Je vonlais leur faire voir qu'au besoin je saurais me servir de cette arme, Avant de quitter ce lien, nons mesurâmes l’espace que couvrait e: vieux chêne qui a vu passer tant de générations, et nous trouvâmes qu'il ombrageait une surface circulaire de vingt mètres, (un peu plus de soixantesix pieds) de diamètre.

Après avoir marché plus de trois Heures sans rencontrer rien Ge bien remarquable, nous arrivons à une vallée spacieuse en face de deux montaunes dont la cime s’élevaic audessus des autres, ne laissant entre elles qu'un étroit vallon qui s'ouvrait dans la plaine même où nous étions. Ce sont les monts Hébal et CGuizin. Nous étions auprès du puits de Jacob (D), que les chrétiens appellent le puits de la Samaritaine. LA, nous descendans et nous examinons attentivement les restes d’une vieille église qui couvrait le puits célèbre.

Quel triste spectacle ! des monceaux de ruines, des troncs de colonnes gisants, un puits profond rempli à moitié et presque toujours sans eau. Ma pensée se reportait naturellement vers le passé, Je voyais Jacob arrivant de la Mésopotamie et achetant, des enfants d'Hémor (2), une portion de champ que, sur son lit de mort, il léguait À son fils Joseph.

Je voyais les enfants d'Israël rapportant de l'Egypte les ossements de Joseph (3), pour les ensevelir dans cet héritage.

Je me rappelais surtout que Notre-Seigneur, après la mort de saint Jean-Baptiste, vint se reposer sur le bord de ce puits et eut avec la Samaritaine cette admirable conver-

(1) Jean. 1v. 11, (2) Gen. XXXIIT, 19. (3) Exode, X111, 19,

DE TERRE SAINTE 281 in BR J sation qui la convertit; et en considérant les ruines qui A À t 1 . , . \ , . , , ’ . F * é. FA TA FAI m'entouraient, je pensais à cette vénérable impératrice Hé- : FT ; an lène qui couvrit la Palestine de monuments sacrés et n’ou- KT é pete bla pas le puits de la Samaritaine, et puis aux croisés qui RE : | LE à : = : LA vou relevèrent les ruines faites par les barbares, et firent repa- SET « ir de raître tant d’églises qui sont tombées sous les coups de nou- | 1 1 mes veaux démolisseurs. PU tant k PA ‘5x CEA JA (À Le tombeau de Joseph n’est pas éloigné du puits de la ès si Samaritaine. C’est une construction moderne élevée sur à ante- ; Re NH EN) l'ancien tombeau. Saint Jérôme nous apprend que tous Date RC PU £| les frères du saint patriarche furent ensevelis au même lieu. anse À ntrer LS CNE ERNYTR Ainsi. Joseph qui a été une des plus frappantes figures de ne si Spa- AE bi : ARE ER?

| ke Jésus-Christ, repose au milieu de ses frères, et après trente- "ER icau- “iQ ! Xe quatre siècles, son tombeau est encore connu et vénéré, allon j : as !

comme celui de sa mère auprès de Bethléem.

sont | puits On se demande cominent la Samaritaine pouvait venir à x de Naplouse ou Sichem, où il y a de si belles sources, puiser UE trés de l’eau au puits de Jacob. La meilleure réponse qu'on FOR: puits puisse faire à cette difficulté, c’est qu’elle ne venait pas de DES | Naplouse, mais de Sichar, petite ville située dans le voisi- np: ag t ls uvait bien être très-rappr xp 1 Soir nage, o6 que " maison po bei lien être ’ ès-rapprochée RAR TA du puits profond dont elle venait chercher l’eau. ti urel- Une autre difficulté qui m’a paru plus sérieuse et dont RATE à + A .# Téso- ue parle aucun voyageur, c’est qu'à quelques pas du puits EE k , : P " ‘ sys | rtion de Jacob, passe un petit ruisseau d’eau limpide et très- EG n fils potable. Le temps ne m'a pas permis de remonter ce cou- CAES . , Ê à ; rant pour en connaître la source ; mais il n’est pas douteux és ; : : ; ii RER qu'il nait été amené là tout récemment par des conduits ou RECU hérie qu'il ne coule que dans de rares circonstances; car Jacob Rel n'aurait jamais eu l’idée de creuser un puits de plus de ROUTE PA A cent pieds de profondeur, s’il avait eu à sa disposition un MA da courant semblable, 2430 ver- Suivons maintenant l’étroite vallée qui va nous conduire LR Ê + . "3 ee à Naplouse. Nous cheminons dans une forêt d’antiques oli- à

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viers, A droite, le mont Hébal lève fièrement la tête; à gauche, nous avons le mont Garizim, où chaque année, au temps de la Pâque, les Samaritains de Naplouse vi anent encore dresser leurs tentes et offrir leurs sacrifices sanglants. Au moment où nous arrivions, ils y étaient tons réunis, et cest pourquoi nous n'avons pu voir le vieux Pentateuque, qu'ils conservent si préciensement depuis tant de siècles. Il parait qu'ils sont réduits à un très-petit nombre, et il est assez probable que cette secte opiniâtre ne tardera pas à disparaitre.

Du puits de la Samaritsine à Naplouse, il faut environ une demi-heure. Nous approchions de cette ville, lorsque nous apercûmes se reposant à l’ombre quelqu'un qui nous parnt de loin vêtu comme un prêtre. Nos regards se fixent sur lui, ct il ne tarde pas lui-même à reconnaître en nous des confrères et des compatriotes. C’était en effet le prêtre français chargé de diriger la petite chrétienté de Naplouse.

Quel bonheur, loin de la patrie, de rencontrer un compatriote qui nous accueille comme des frères. Ce vénérable ecclésiastique a su, par sa cordialité et sa franchise, conquérir l’estime et l'affection de la population entière, à quelque culte qu’elle appartienne. Nous descendons de cheval, et nous faisons avec lui notre entrée dans la ville.

Naplouse est la reine de cette contrée, et cependant quelle triste ville ! rues étroites, bazars obscurs, pavages en grosses pierres, où l’on risque à chaque instant de tomber ; aucune régularité, c'est un vrai dédale. Muleré cela, elle passe pour être très-riche. Les mahométans, qui sont en très-grand nombre, sont devenus moins fanatiques. Les chrétiens et les prêtres ne sont plus exposés à leurs avanies. Personne ne nous a insultés, quoique nous ayons parcouru en tous sens la ville, le soir mêm: «et conduits par un enfant.

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