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276 LE PÈLELIN
avec un Joug bâton ; nous faisons ainsi une longue course : mas Voili que tout à coup, notre musulman s'arrête; il parait inquiet, embarrassé ; il avait perdu son chemin ; il nous fait descendre une hauteur, à travers des pierres énormes par une pente rapide, sans aueune trace de sentier et puis nous remontons revenant presque sur nos pas, Nos guides cherchent le chemin en tâtonnant avec leurs bâtons et prennent nos chevaux par la bride pour leur faire franchir, les passages danverenx, Nous patientons d'adord; mais ce mantoe se renouvelle à chaque instant. Nous deserndons,
nous rmontons au risque de nous bri.er à chaque pas.
Mon confrère pense comme moi que, dans ces conjonetures, il est bon de s'adresser à saint Joseph, ce que nous fuisons de tout cœur, Un moment après, nous marchtons par un chemin plus doux sur le flane d’une montagne, et je réfléchissais à notre position ; je regardais à droite et à gauche si, dans l'obscurité, je n’apercevrais point quelque abri où nous pussions passer le reste de Ja nuit, et je ne voyais rien, Je fis part à mon confrère de cette pensée et j'ajoutai: “ Vous savez que je suis très-convenablement armé, Pendant que Pun dormirait, Pautre veillerait:? mais il rejeta bien loin cette idée. J’admirais son sangfroid et son caractère inaccessible à la peur. Allons done, me disais-je tout bas, allons sous la garde de Dieu et la pro-
tection de saint Joseph.
Pendant ce temps, nons arrivons à un endroit plus péril. leux, les chevaux hésitaient à descendre ; nous étions conne dans des frondrières. Les moukres allaient et venaientavant que de faire passer nos chevaux. L'obseurité était telle que na vue me trompaut à chaque instant, et sans ressentir aucune atteinte de la peur, je voyais des abîmes Lt où 1l
nv en avait pas.
Une fois, je n'arrête tout à coup; nous sortions dun
champ pour entrer dans un chemin. fallait traverser ane
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pierres sentie] LS, Nos bâtons auchir, Nuls ce ndons, pus.
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rte de haie, et pour la franchir, je voyais comme un petit ut de la largeur d’une planche, et à droite et à waunche, me un fossé large et profond, J'hésite, je recule; nous scutons, ét mon compagnon, dont la vue est meilleare, nchit hardiment le passage. Je le suis, et grand est mon mnement de n'avoir pas été englouti, Ce n'était pas la in: les chemins devenaient plus difficiles. Pendant le jour, sont presque impraticables ; que doivent-ils paraître
Lendant Ja nuit ?
Cependant voilà qu'une lueur d'espérance ranime notre ourage, En face, dans le lointain, nous apercevons une lumière, et nous ne doutons pas que ce ne soit Djifna : nouvelle déception. Environ une demi-heure après, nous traversons ce village dont j'ignore le nom. Nos moukres marchaient fièrement à notre tête ; nous pas-ions à travers huttes des villageois qui rous regardaient avec un air
d'étonnement, et nous suivions un étroit sentier sur Île lune d’une montagne.
A droite, le terrain paraissait à pie, et il eût fallu peu de chose pour rouler dans Pabîme ; à gauche, c’était un tre spectacle : les toits des maisons arabes étaient converts de troupeaux de chèvres et de moutons, et j'acdinirais l'adresse de ces animaux sautant sur ces toits, qui d’un coté étaient fort bas, et se groupant les uns contre les «utres pour passer la nuit et respirer un air frais. Des lumières placées à chaque cabane donnent à ce spectacle quelque chose de saisissant et de pittoresque.
Après avoir franchi ce village, il nous faut encore redescendre, remonter, Que le temps paraît long, quond on est dans lPobseurité, et comme on se demande ste: ser r bientôt int, Eulin, nous voilà dans une valiée qui parait moins sauvaue, ét nous arrivons au pied d'un mur bâti en pierres seches. Nouvel obstacle, il faudra encore rétrosrader, me
; disuis-je ! Nos moukres en ont décidé autrement. Les
voilà qui se mettre à l'œuvre, font une brèche au mur et y font passer nos chevaux, Je ne pus qu'admirer leur sansfacon.
Après quelques détours, nous sommes enfin à Djifna, où nous fûmes bien dédommagés par l'accueil vraiment cordial d’un bon prêtre italien qui en est le curé, IT nous reçut comme des frères et consentit à peine à voir les recommandations de son supérieur que nous lui présentions.
Nous sommes dans la tribu d'Ephraïm. A gauche, nous avons les montagnes dont les formes sont encore belles, inais qui ne sont plus couvertes de vignes. Depuis lonutemps les pressoirs d'Ephraïm ne fouleut plus la vendange dont les prophètes déploraient si souvent l'abus, qu'ils lançaient leurs malédictions aux enfants d'Ephraïm. Fe
ebiriris Eplrati,
En sortant de Djifna, nous marchons par une vallée riche et verdoyante, Bientôt nous gravissons une montagne escarpée dont le versant est planté, comme les vallées, doliviers, de figuiers et de grenadiers. Quelques coteaux cependant sont garnis de vignes. Sans doute les campagnes sont désolées, les villes détruites, “ La gloire d'Ephraïm, comme dit Osée, à disparu.” Toutefois, ce n’est plus l’affreuse nudité des rivages de la mer Morte. Là, mille tleurs putieulières à ces climats eroissent À travers les pierres ou au milieu des blés et étalent leurs corolles nuancées des plus vives couleurs. Nous arrivons à une pente très-rapide : mais à droite et à gauche nous admirons de magnifiques oliviers séeulaires qui étendent au loin leurs remeaux chargés de fleurs,
Environ une heure après, toujours sur le penchant de la montagne, nous passons auprès d’une source très-abondante dont les eaux bien dirigées arrosent un grand nombre de jardins échelonnés jusqu'à la vallée, L'œil se repose avec
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DE TERRE SAINTH 279
délices sur ces belles cultures, Nous descendons et nons continuons notre route par un étroit vallon, sillouné par un courant d'eau et planté de beaux arbres, Nortis de ee défilé, nous traversons une eampagne, et nous passons près de
Setloun (Silo) que nous laissons à droite.
Nous reutettons de ne pouvoir visiter ce lieu si célèbre dans les saintes Ecritures (1, Test vrai, il v a longtemps que Silo est détruit, Jérémie parle de Kilo comme d'un lieu frappé de malédiction à cause des crimes d'Israël, Du temps de saint Jérôme, on n'y trouvait plus ue les fonde ments de lautel des Holocaustes, et aujourd'hui c’est un Monceau de ruines. Une mosquée seule reste debout, construite avec de belles pierres et du marbre provenant sans doute des monuments anciens,
Malgré cette désolation, j'aurais voulu voir ce heu qui rappelle tant de souvenirs, ce lien où l'Arche d'alliance (2 resta plus de trois siècles, ce Heu où Samuel fat consacré iu Seleneur et où il annonce à Héli les malheurs qui allaient fondre sur lui et ses enfants ; il fallut nous contenter de le saluer de loin, Les aventures de la veille nous avertissaient de profiter du temps et de ne pas trop retarder notre marche, Nots poursuivons notre route et nous allons descendre de cheval, à ombre d'un Leau chêne
vert, au milieu d'un champ cultivé,
Là, nous nous installors de notre mieux et nous faisons gaiment un repas champêtre, Le prêtre italien de Djifna avait eu l'attention de garnie nos sacs; nos provisions en pain et en viande étaient plus que suflisantes ; nous partu-
LE LCONS AVEC os Houkres, qui s'empressent daller chercher de Peau fraiche à une source qui coule au pied de la montagne voisine, Le repas se termina par une tasse de café
fait au moyen d'une lampe à esprit de vin.
(1) Rois, 2 1 (2) Ibid. 1v. 4.
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