‹ Le pèlerin de Terre Sainte [microforme]Chapitre 99 sur 170 · ART ARRET ETUI SIC AS · texte numérisé non relu

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Après deux heures de marche, après avoir traversé une longue suite de collines, nous descendons dans une vallée ; nous sommes auprès de Sébastieh, l’ancienne Samarie.

Cette ville, qui fut pendant deux siècles la résidence des rois d’Irsaël, et donna son nom à toute la contrée, était arrivée à un haut degré de prospérité et de gloire. Elle subit bien des échecs (1). Salmanasar la détruisit, et tous les habitants furent emmenés captifs en Assyrie. Elle fut rebâtie et détruite plusieurs fois. Hérode lui rendit son ancien éclat et l'appela Sébaste, en l'honneur d'Anguste. I l'embel.it de plusieurs édifices, dont le principal était un temple, devant lequel il y avait une place immense (2).

Saint Philippe porta l'Evangile à Samarie, et il y fit tant de conversions, que saint Pierre et saint Jean vinrent visiter les disciples et leur imposèrent les mains, afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit. Le christianisme y fit de grands progrès. Aux Conciles généraux assistèrent et souscrivirent plusieurs évêques de Sébaste. Les invasions des Perses et des musulmans en ont fait disparaître les monuments ; et là, comme ailleurs, à la piace d’une grande ville, on ne retrouve plis que des débris et un misérable village.

Rien de plus intéressant que les ruines de cette vieille capitale. De loin, je n’apercevais d’abord sur la hauteur que quelques huttes d’Arabes, et au milieu, des ruines qui paraissaient celles d’une église, et je me disais : “ donc là l'emplacement de la grande Samarie ? ” Mais quand je fus monté, mes idées s’agrandirent, et alors je dus recon-

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naître que jamais, peut-être, aucune ville ancienne ne fut plus avantageusement située. Ce n’est pas une montagne, mais c’est uu vaste plateau allongé sur un mamelon dont les formes sont presque régulières, ayant tout autour, à ses pieds, une belle et profonde vallée, fermée par de hautes montagnes qui l’environnent comme une immense ceinture.

(1) IV. Rois. XVII et XVITI. (2) Act. vit. 6.

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Samarie ne pouvait guère être prise que par la famine. Le siège qu'en fit Bénadad, roi de Syrie (1), en est une preuve remarquable.

Nous avons d'abord visité les ruines de l’église ou catnédrale de Saint-Jean - Baptiste, dont quelques parties sont encore assez bien conservées. Cette église, qui avait été élevée par Théodose au 1V° siècle, subit le sort de toutes celles de ces contrées malheureuses ; mais elle fut rebâtie avec une grande magnificence par les chevaliers de Saint- Jean qui voulaient ainsi honorer le tombeau de leur saint protecteur. On descend dans le caveau où est le tombeau de saint Jean-Bayitiste, par un escalier de vingt et une marches. Saint Jean-Baptiste fut mis à mort par Hérode Antipas (2) dans le château de Machérus ou Machéronte. Ses disciples emportèrent son corps et l’ensevelirent. Il est très-probable que ce fut à Samarie, puisque les païeris de cette ville violèrent son tombeau pour plaire à Julien l’apostat. Des chrétiens zélés sauvèrent, au prix de leur vie, quelques parties de ses reliques. Saint Jérôme atteste que de son temps on vénérait à Sébuste les mausolées d’Abdias, d’Elisée et de saint Jean-Baptiste. Sainte Paule, qui les visita, y vit s’opérer des prodiges.

Les musulmans respectent les tombeaux de ces trois saints, et ils n'empêchent jamais les chrétiens d’y entrer. Quand on est en bas de l’escalier, on voit, au moyen d’une lumière, dans le mur de face, trois ouvertures rondes : ce sont les trois tombeaux, qui ont la forme hébraïque. Celui qui se trouve à droite est celui de saint Jean-Baptiste.

Samarie était bitie comme une couronne sur le sommet d’une montagne, Nous avons donc parcouru ce plateau. Partout des monceaux de cailloux et de grosses pierres. Cà et là des débris de colonnes dont plusieurs ont roulé

Qi IV. Rois, vi, 24. (2) Mat. XIV.

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