‹ Le pèlerin passionnéChapitre 10 sur 36 · ÉGLOGUE A MA DAME · texte numérisé non relu

ÉGLOGUE A MA DAME

Afin de bien louer les dons Où vous avez chevance.

Que mon pouce n'a les fredons Des poètes, honneur de la docte Provence

Ta bouche, sanguin piment, Douce comme le moût de première cuvée,

Veut qu'on la sacre savamment, Ainsi que d'un Arnaud Lui la rime approuvée.

Puis il me faut, d'un son et trrs mignard et coint,

D'une cadence vive, Telle de ce Jaufred que fine amour a point. Vanter tes crêpes crins, couleur d'huile d'olive.

Tes yeux, aurés comme cédrat, — Sagettes et blandice — Clament la pompe et l'apparat Des vers qui, dans le Montferrat, Chantèrent Béatrice.

Pour dire ta grâce et le teint

Tien, le plus beau du monde, Que le bruit de ma voix n'atteint A ce Guillaume Cabesteint Qui aima Sorismonde .

ALLÉGORIES PASTORALES 69

Mais pour que je me deuille, ainsi que je le doi. De la pitié qui n'est en toi, Il faudra que je creuse Le roseau divin éclatant Où le chèvre-pied souffla tant Sa fureur amoureuse.

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