‹ Le pèlerin passionnéChapitre 11 sur 36 · EGLOGUE A ELLE ENCORE · texte numérisé non relu

EGLOGUE A ELLE ENCORE

J'eusse pu me nourrir de miel Nouveau, pendant des mois, et bien que l'on prétende Que sa saveur trouble les sens, Je n'eusse été, certes, tant dépourvu de sagesse Que pour avoir, de ma lèvre, ah si peu ! Effleuré ta bouche, semblable au feu.

Bouche plus suave que le miel Au creux des ruches amassé, Bouche plus vive que les hauts pavots Parmi la prée, Accole, ô sa bouche, rebaise la bouche mienne Que tout forcené je devienne.

Ainsi, amour dernière à mon cœur née.

Par bois touffus et sente étronçonnée J'irai, mené de mes fureurs errantes, Jusques au val où les eaux sont courantes, Et là, d'un saut, tôt me sera ravie Cette lan2:ueur de vous, avec la vie.

Alors, peut-être, un dieu Sylvain me changera En arbre dru. dont la verdure forte, Belle, t'abritera, Lorsque l'Auster moiteux les grêles nous apporte.

ALLÉGORIES PASTORALES

Alors, la Cyprine, peut-être.

De mon corps défunt fera naître Qiielque haie aux jets éclatants, Et sur le retour du printemps Je saurais encor' te complaire.

Fleur en ta tète claire.

Peut-être, aussi, serai je mué.

Par celui qui son front pare d'une corne lisse, En roseau doucement remué :

Pour bercer ton sommeil, au solstice.

EGLOGUE A FRAXCIXE

O Francine sade, cueille.

De tes doigts si bien appris, La rose, moite en sa feuille, Le lys qui n'a pas. de prix.

Des chants et des verts pourpris La fleurante nouveauté.

Las, demain aura été.

N'es-tu pas fleurante pomme, O Francine de renom, Et tant frétillarde, comme Tourterelle en sa saison !

Bientôt tu n'auras foison De plaisance, chef doré, Ni visage coloré.

Or, ainsi, belle Fraucine.

Faisant nargue à vos foleurs.

Sénestre je vaticine Toutes sortes de malheurs.

En me couronnant de fleurs.

Sifflant de pastoraux airs Dans mes chalumeaux diserts.

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