‹ Le pèlerin passionnéChapitre 8 sur 36 · LE TROPHÉE · texte numérisé non relu

LE TROPHÉE

L'équitable balance a voué ma mollesse Longtemps à l'Aquilon et les flots écumeux, Lorsque je ne savais entendre la prêtresse Criant : Énée, hélas I tu tardes dans tes vœux. Mais, pareil au troyen, à présent je moissonne Les prophétiques dons du feuillage écarté, Et mon esprit prendra la charmante beauté D'un éclatant soleil amorti par l'automne : Car n'est-il pas celui pour qui ores en vain

Saturne vente à la poupe, Et qui peut, s'il le veut, goûter l'instant frivole, comme un vin

Qui rit dedans la coupe !

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