‹ Le pèlerinage à la maison sacrée d'AllahChapitre 43 sur 43 · ADOLPHE D'AVRIL · texte numérisé non relu

ADOLPHE D'AVRIL

DES notions contradictoires et erronées ont été répandues sur les Wahabites et sur la famille de Sâoud, qui dominent aujourd'hui le Hidjaz, le Nedjed et la plus grande partie de l'Arabie. Nous pensons donc qu'il est utile de donner, dans notre ouvrage, un résumé des études qui en ont été faites et dont la plus importante et la meilleure est celle de Burckhardt.

Abd El Wahab, arabe instruit qui avait visité diverses écoles des principales viUes du Levant,

1. Déclaration du malik Ibn Sâoud dans le discours qu'il prononça après le dîner offert par lui aux notables Musulmans, pendant le pèlerinage de 1929.

se convainquit par tout ce qu'il avait observé dans ses voyages que la religion primitive de l'Islam avait été corrompue et obscurcie par des abus.

Mais on ne fit aucune attention aux prédications d'Abd El Wahab jusqu'au moment ou, après avoir longtemps erré en Arabie, il se retira avec sa famille à Derâieh. Mohammed Ibn Sâoud, qui était alors le principal personnage de cette ville devint son premier disciple et épousa sa fille. Mohammed Ibn Sâoud prit le titre d'émir ; mais sa troupe était si faible à cette époque qu'à la première escarmouche avec ses ennemis, il n'avait avec lui, paraît-il, que sept hommes montés sur des chameaux. Par des efforts persévérants, Abd El Aziz et Ibn Sâoud, fils et petit-fils de Mohammed, réussirent à porter leurs armes dans les coins les plus reculés de l'Arabie, et, pendant qu'ils propageaient leurs principes rehgieux, ils établirent une suprématie de pouvoir conforme à ces principes.

La doctrine d'Abd El Wahab n'était pas une nouvelle rehgion ; ses efforts ne tendaient qu'à réformer les abus chez les citadins et à répandre la foi épurée chez les Bédouins.

Partageant le sort ordinaire des réformateurs, il fut mal compris, et Ghaleb, le chérif de Mekka répandit avec adresse et sans relâche, le bruit que les Wahabites étaient des infidèles. Les pachas de Baghdad, de Damas et du Caire ne montrèrent

pas moins d'empressement à les représenter sous les plus noires couleurs.

Le petit nombre de Syriens et d'ÉgjTptiens intelligents qui, ayant fait le pèlerinage, avaient eu l'occasion de causer avec les Wahabites instruits, étaient vraisemblablement convaincus que leur croyance était celle de l'islamisme et ils sentaient toute l'injustice de traiter les Wahabites d'infidèles. Mais le témoignage de cette minorité était inefificace au milieu de la clameur générale.

Dans le catéchisme que Sâoud distribua aux habitants de Mekka, lorsqu'il prit possession de cette ville en 1803, on ne trouve rien que ce que le Musulman le plus orthodoxe doit admettre comme vérités indiscutables.

Mais les Wahabites reprochaient aux Turcs et à certains autres Musulmans d'honorer le Prophète d'une façon qui approchait de l'adoration et d'en user de même envers la mémoire de leurs saints. Us déclaraient que tous les hommes étaient égaux aux yeux de Dieu, que même les plus vertueux ne pouvaient être des intercesseurs auprès de Lui et que, par conséquent, c'était un péché d'invoquer les saints défunts et d'honorer leurs dépouilles mortelles plus que celles de toute autre personne.

Partout où ils portèrent leurs armes, ils détruisirent les dômes et les ornements des tombeaux, circonstance qui servit à enflammer le fanatisme de' leurs disciples et à marquer une distinction

bien tranchée entre eux et leurs adversaires. Ils ne respectèrent que le dôme qui surmonte le tombeau du Prophète à El Madina.

Le Nedjed qui devint le siège principal de la puissance wahabite était divisé en un grand nombre de petits territoires et de villages totalement indépendants et constamment en guerre les uns contre les autres. Ce ne fut qu'après une longue et pénible lutte qu'Abd El Aziz étendit sa religion dans tout le Nedjed. Alors, étant devenu chef d'une province, il s'empara du pouvoir suprême. Vouloir asservir ses compatriotes eût été une tentative vaine ; il les laissa jouir de leur Uberté, mais il les obligea à vivre en paix, à respecter la propriété et à obéir aux lois.

Sâoud, principal propagateur de la doctrine wahabite était le fils aîné d'Abd El Aziz, assassiné en 1803 par un Persan. Sa mère avait deux autres fils, Abd Er Rahman et Abd Allah.

En 1814, Sâoudmourut de la fièvre, àDerâïeh, et on peut attribuer à sa mort les malheurs qui, aussitôt après, fondirent sur sa nation.

On dit qu'il était très bel homme et avait une de ces physionomies magnifiques qui distinguent sa famille. Tous les Arabes et même ses ennemis vantent sa prudence dans les conseils et son habileté à décider les litiges ; il était très instruit dans la loi musulmane, et la rigueur de sa justice, quoiqu'elle déplût à beaucoup de chefs, le rendait cher à la grande masse des Arabes.

De sa première femme, il eut huit enfants ; un des plus âgés, Abd Allah, occupait la seconde place pendant la vie de son père et lui succéda après sa mort. On rapporte que, dès l'âge de cinq ans, Abd Allah galopait sur sa jument ; il passait pour doué de facultés intellectuelles d'un ordre supérieur et était estimé dans tout le désert pour sa libéraUté et ses mœurs sociales. E épousa une fille de la tribu de Zab dans la province de Hassa.

Sâoud eut de sa troisième femme trois autres fils, n demeurait avec toute sa famille dans une grande maison bâtie par son père sur le penchant d'une montagne. Tous ses enfants avec leurs familles et tous ses frères avaient leur suite d'appartements séparés dans cette habitation. C'est là que les grands émirs et les chefs de tribus considérables étaient reçus. Le palais était constamment rempli d'hôtes. Sâoud donnait des audiences pubhques tous les matins de bonne heure et le soir entre cinq et six heures.

Après souper, il rassemblait régulièrement tous ses fils qui se trouvaient à Derâïeh ; toutes les personnes qui avaient envie de lui faire la cour se joignaient à ce cercle de famille. Un des oulémas Usait quelques pages du Corane ou des Hadits et expliquait le texte d'après les commentaires des meilleurs auteurs, et Sâoud terminait toujoiu-s l'assemblée en prenant le livre dont il interprétait chaque passage difficile. On dit qu'il égalait et

peut-être surpassait tous les oûJémas dans la connaissance des controverses religieuses et de la loi en général. Son éloquence était admirée universellement, sa voix était douce et sonore à la fois, ce qui faisait dire aux Arabes que toutes ses paroles allaient au cœur.

Sâoud était enflanmié d'indignation quand un Arabe essayait de le tromper par un mensonge. Dans ces occasions, il prenait quelquefois un bâton et, de sa main, rossait l'imposteur ; mais il se repentait bientôt de son accès de colère, et priait toujours les personnes présentes d'intervenir et de l'empêcher de frapper quelqu'un, dès qu'on le verrait en courroux.

H voulait que l'on restât assis quand il paraissait et, à ses madjlîs ou assemblées du soir, chacun s'asseyait là où il pouvait trouver une place. Ses fils cadets étaient confondus avec la foule. En lui adressant la parole, on ne faisait usage d'aucun titre pompeux : le peuple disait simplement : « O Sâoud ! ô père d'Abd Allah I » Dans son costume, Sâoud n'affectait pas de se distinguer des Arabes ; il portait une abba, une chemise et un. keffié ; on dit pourtant qu'il choisissait ces objets parmi les plus beaux, qu'il était d'une propreté minutieuse et que son keffié était constamment parfumé avec de la civette.

La principale dépense de la maison de Sâoud était pour ses chevaux ; on dit qu'il possédait plus de deux mille de ces animaux. Il faut y ajou-

ter un grand nombre de delouls ou chameaux prompts à la course ; Sâoud possédait la meilleure race de l'Arabie.

Le nombre des personnes de sa maison qu'il nourrissait s'élevait à près de cinq cents.

Le gouvernement des Wahabites est une aristocratie à la tête de laquelle est placée la famille de Sâoud. Le chef des Wahabites peut paraître un maître absolu ; mais il connaît trop bien l'esprit de ses Arabes pour essayer de les gouverner despotiquement. La liberté des personnes est maintenue conmie autrefois, et il semble qu'il administre la justice plutôt comme un chef puissant que comme le seigneur de l'Arabie. Et il a réussi à étabhr vu ordre de choses également avantageux à la sûreté publique et aux intérêts privés.

Toutes les plaines et toutes les villes étaient autrefois plongées dans l'anarchie qui règne encore dans les tribus restées indépendantes des Wahabites ; Abd El Aziz et Sâoud enseignèrent à leurs Arabes à obéir à la loi, à maintenir la paix publique et à s'en rapporter dans leurs contestations à un tribunal sans jamais recourir aux armes ; et ils s'occupèrent à garantir le pays des voleurs, rendant les tribus responsables des vols commis sur leur territoire. Un harami ou voleur est obligé à restituer la chose volée ou sa valeur ; si le déht n'a pas été accompagné de violence, il n'encourt d'autre peine qu'une amende versée au Trésor. Dans le cas de violences graves

accompagnant le vol, le coupable a la main coupée.

Les vols publics et particuliers cessèrent presque totalement ; pour la première fois depuis le temps de Mohanuned, un marchand isolé put traverser le désert d'Arabie avec une sécurité complète, et les Bédouins dormirent sans crainte que leur bétail fut emmené par des déprédateurs nocturnes.

Dans une querelle entre Arabes, si l'un d'eux tirait son poignard et blessait l'autre, Sâoud imposait une forte amende à tous les spectateurs pour avoir laissé les choses aller si loin.

Sâoud était reconnu comme un homme d'une justice incorruptible. Sa grande pénétration lui faisait découvrir les témoins qui prévariquaient et il les punissait d'une façon exemplaire.

Toutefois les châtiments qu'il infligeait n'étaient pas cruels, et on assure que, depuis la mort de son père, quatre ou cinq honunes seulement avaient été condamnés à mort à Derâïeh.

Sâoud avait formé des guerriers, les plus braves et les plus renonamés parmi les Arabes, une garde de corps qu'il tenait constamment à Derâïeh et qui étaient les seules troupes permanentes de son armée. Cette garde, redoutée par tous les ennemis des Wahabites parce qu'elle n'a jamais manqué à sa haute réputation, accompagnait le chef dans toutes ses expéditions.

Indépendamment de ce corps, Sâoud prit avec

lui, à Derâïeh, des chefs de guerre des tribus bédouines, auxquels il confiait souvent le commandement de ses expéditions.

N'est-il pas curieux de constater que ce portrait des Wahabites et de leur roi datant de plus d'un siècle, correspond exactement à celui que l'on peut faire aujourd'hui de leurs descendants et du descendant de ce roi ?

Ghaleb, le chérif de Mekka, jaloux des progrès des Wahabites commença ouvertement les hostilités contre eux en 1793. Cette guerre dura jusqu'à la reddition de Mekka. En 1802, Otsman El Medhaïfé, allié des Wahabites, s'empara de Thaïf. En 1803, les Wahabites assiégèrent Mekka, coupèrent l'aqueduc d'Arafat et, au bout de trois mois, la ville affamée et privée d'eau se rendit. Ghaleb s'enfuit à Djedda et en mai 1803 Sâoud fit son entrée dans la Ville Sacrée. Les Mekkois se rappellent avec reconnaissance l'excellente discipline observée par les Wahabites en entrant dans la cité ; il n'y eut pas le moindre excès de commis ; le lendemain toutes les boutiques furent ouvertes par ordre de Sâoud ; tous les objets dont ses soldats avaient besoin furent payés argent comptant.

De Mekka, Sâoud tourna ses armes contre Djedda où Ghaleb s'était réfugié. Mais ne pouvant forcer les remparts, il se retira et se retourna vers le Nord. D'autres avantages suivirent : la tribu desHarb se soumit après une lutte difficile,

et, en 1804, El Madina se rendit à son tour.

En 1810, Sâoud jeta la terreur en S5rrie en attaquant les environs de Damas avec six mille hommes ; dans l'espace de trois jours, il prit et pilla trente-cinq villages du Haourane et il revint avec un butin considérable.

C'est à cette époque que Mohammed Ali (Méhémet AU), nommé par la Porte vice-roi d'Egypte à condition de reconquérir les villes sacrées, commença à préparer son expédition contre les Wahabites.

En 1811, ime flotille de vingt-huit grands et petits bâtiments furent construits à Suez, et, pour faire passer des corps de cavalerie, les châteaux forts d'Adjeroud, Makhal, Akabas, Mouïlé et Oudjeh sur la route de terre furent réparés et fortifiés.

Ghaleb,qui avait fait sa soumission aux Wahabites et avait embrassé leur doctrine à contrecœur, entendant parler de ces préparatifs considérables, entra en correspondance secrète avec Mohanuned Ali et lui fournit traîtreusement tous les renseignements sur les forces des Wahabites, les dispositions des Bédouins à lem: égard et la meilleure manière de les attaquer.

Cette guerre commencée en 1811 serait trop longue à raconter ici dans tous ses détails. A maintes reprises, les Wahabites remportèrent de brillantes victoires, à Djédeïdé, à Taraba, à Gonfodé, etc., mais ils avaient à faire à un ennemi

persévérant et décidé à vaincre. Mohammed Ali sut profiter de l'animosité du chérif Ghaleb contre les Wahabites et diviser ou acheter les tribus qui les soutenaient. Son courage, ses talents militaires et ceux des chefs de son armée tels que son fils Toussoun et Ibrahim Pacha finirent par triompher. H reprit El Madina en 1812, Mekka en 1813, Thaïf en 1814, et, Sâoud étant mort en 1814, son fils Abd Allah qui lui succéda, oublia le sage conseil de ne jamais combattre les Turcs en plaine et subit, par cette erreur, de graves défaites à Kolakh, à Bissel, et à Chakra. Assiégé dans Derâïeh, sa capitale, par Ibrahim Pacha, il dut se rendre le 9 septembre 1818.

Cette malheureuse ville fut rasée de fond en comble et Abd Allah fut envoyé d'abord au Caire, où Mohammed Ali le traita avec honnem*, puis à Constantinople où, en violation de ses serments, le sultan Mahmoud le fit décapiter sur la place de Sainte-Sophie.

Pendant de longues années, les Wahabites ne purent se relever du coup qui avait détruit leur capitale et renversé leur gouvernement. Mais, comme ils étaient fort nombreux en Arabie Jusqu'aux frontières de Mascate, ils se réorganisèrent peu à peu sous l'habile direction de chefs descendants de la famille de Sâoud.

Palgrave, im voyageur anglais qui traversa leur pays en 1862-63, nous fournit sur eux et sur leurs chefs de nombreux renseignements, mais étant

donné le peu de confiance que l'on doit accorder aux récits de ce voyageur, empreints d'une islamophobie frénétique et contredits par tous les voyageurs sérieux tels que Huber et Philby, qui ont suivi les mêmes routes, nous ne les reproduirons pas. Nous nous contenterons de noter sa colère à la vue des succès politiques et militaires des Wahabites pour en conclure que leur puissance commençait à se rétablir.

Palgrave vit Derâïeh encore en ruines ; aujourd'hui, cette ville est ressuscitée; l'Empire wahabite s'étend de la Sjrrie et de l'Iraq au Nord jusqu'au Yamen et à l'Oman au Sud, et du golfe Persiqueàl'Est jusqu'à la Mer Rouge à l'Ouest. Et c'est en quelques années seulement que cet énorme Empire a été réalisé par le roi actuel Abd El Aziz Ibn Sâoud, qui, comme son ancêtre, eut tout d'abord à lutter contre le chérif de Mekka, lequel s'était aliéné l'immense majorité des Musulmans par sa soumission à une puissance européenne^.

1. Voici d'après la Quibla, (n" 555), journal ofïiciel du Grand Chérif, l'article 2 du traité secret anglo-hidjazlen :

« La Grande-Bretagne s'engage à protéger et à préserver le gouvernement du Hidjaz contre toute intrusion, de quelque nature qu'elle soit, menaçant sa paix intérieure ou l'intégrité de ses frontières, à tel point que, si un mouvement se produisait à l'intérieur dû soit aux intrigues des ennemis, soit à la jalousie des émirs, la Grande-Bretagne aidera le gouvernement précité, matériellement et moralement, à résister à ce soulèvement jusqu'à sa répression. »

En reconnaissance de l'acceptation de ce véritable protectorat de l'Angleterre sur les lieux sacrés, le Grand Chérif recevait

Voici les principaux passages de la proclamation qu'il adressa aux Musulmans de Syrie au moment où il s'apprêtait à attaquer ce chérif : « Vous savez que, depuis des centaines d'années nous avons en main, de père en fils, d'une façon indépendante et sans aucune contestation de la part de n'importe qui, les rênes du pouvoir dans le Nedjed et ses dépendances. Aucune puissance n'a la moindre autorité sur notre pays; seule, une relation amicale, découlant des liens religieux, nous unissait au khalife des Musulmans à Constantinople. Au contraire, le Hidjaz et la Sjrrie appartenait à l'Empire ottoman.

« La guerre générale étant survenue et s'étant terminée par la dislocation de la nation et par le déchirement de l'unité de l'Islam, l'émir de Mekka la Vénérée a fait pendant ce temps ce que vous savez, ce qui ne nous aurait pas regardé si cet émir s'était contenté de le faire pour le seul Hidjaz. Mais cet émir a passé des conventions et pris des engagements par lesquels il a précipité dans la ruine la totalité des pays arabes. Ces pays sont le foyer de l'Islam ; et il les a vendus comme on vend une marchandise de rebut !

«Cela est une usurpation de sa part et un crime contre Allah et contre la Nation. Et où prenait-il ce droit, alors qu'il y a dans les pays arabes des

une pension de 400 000 livres par an (Lord Crawdord, House of Lords, 1922) (Annuaire du Monde musulman, p. 43, 1923).

royaumes indépendants ? Enmême temps que moi et mes deux frères en Allah, les vénérables Ibn Rachid et Ibn Sabah, tous les sultans d'Arabie sont des seigneurs et des ehérifs dont la noble origine est plus authentique que la sienne.

«Aussi nous sommes-nous juré, nous « les unis par Allah et pour Allah », de ne pas cesser la lutte avant que le droit soit revenu à son véritable détenteur. Allah est témoin que nous ne faisons pas cela pour soutenir une puissance quelconque ou pour étendre notre royaume.

« Nous savons que cet émir publie contre nous des manifestes mensongers, nous accuse d'être des infidèles et nous appelle des Wahabites pour exciter les Musulmans contre nous et réunir une armée de croyants à l'aide de laquelle il nous attaquerait.

« Fils de Syrie I Pareils à vous, nous sommes Musulmans, croyants, ayant foi en im Dieu Unique, embrassant la religion de Mohammed. Prenez garde que le chérif ne vous trompe, qu'il ne vous induise en erreur pour que vous lui donniez des soldats et de l'argent. Vous n'avez devant vous que vos frères en Allah 1 Nous n'avons jamais été des ennemis, nous ne convoitons pas votre pays. Libre à vous de régler le sort de votre patrie. Laissez donc la lutte suivre son cours entre le chérif et nous. Et Allah décidera ! » Abd El Aziz Ibn Sâoud.

Et Allah a décidé : « L'aide vient d'Allah et la victoire est prochaine. » CEI Corané),

Le chérif est en fuite et le malik Ibn Sâoud réorganise le Hidjaz. Qu'Allah prolonge sa vie et sa puissance !

Bou Sâada, le 6 RaUâ Et Tsani 1348 {le 30 septembre 1929).

El Hadj Nacir ad Dîne.

E. DlNET.

El Hadj Sliman ben Ibrahim Baamer.

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