C.OCAIUUS. — LE PENICILLIUM-FERMENT
Il est à remarquer cependant que les extraits s’altèrent d'autant moins qu’ils renferment moins d’eau.
Aussi les observateurs auxquels ce fait n’a pas échappé, ont-ils cherché à absorber par des substances hygrométriques, telles que la chaux vive, l’excès d’humidité se trouvant dans l’extrait, et à dessécher l’air ambiant.
Certains extraits sucrés dont la proportion de matière sucrée est considérable, comme l’extrait de réglisse, se conservent très bien. Il en est de même des extraits éthérés.
On pourrait dire, d’une façon générale, que le Pénicillium-ferment fait subir aux extraits pharmaceutiques dans lesquels il se développe une altération comparable à celle qu’ils éprouvent sous l’influence de la chaleur; c’est-à-dire que les principes médicamenteux qu’ils renferment absorbent de l'oxygène et dégagent de l’acide carbonique avec formation d’eau, comme le prouve le ramollissement de certains extraits. De sorte que, malgré une petite perte de carbone, l’extrait est pins carboné après la fermentation qu’auparavant.
Mais, en réalité, les fermentations produites dans les extraits pharmaceutiques par la végétation du Pénicillium-ferment sont très complexes, et varient avec chaque extrait.
Il faudrait, pour les bien connaître, savoir d’abord bien exactement la nature des éléments qui entrent dans la composition du protoplasma de chacune des substances servant à les préparer.
Quoi qu’il en soit, ces fermentations ne tardent pas à dénaturer complètement les extraits.
Si l’on ne veut pas être exposé à donner à des malades des médicaments incertains et sur l’action desquels on ne peut compter, il faut donc à Ion* prix savoir prévenir à temps le développement du Pénicillium ferment, cause de toutes ces altérations.
La connaissance des différentes formes sous lesquelles se montre cette Cryptogame dans les extraits, et que je représente ici, sera donc d’un grand secours en ceAte circonstance.