‹ Le percement du Simplon devant les chambres et les intérêts de la FranceChapitre 26 sur 30 · M ^PH · texte numérisé non relu

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Note F

Examen de quelques questions spéciales que permet de résoudre le tableau récapitulatif des itinéraires, notôD.

§ /«'. Situation comparée des ports français du détroit, et du port d'Ostende, dans leurs rapports avec Plaisance.

D'après les itinéraires : ao. 3, ap. 3, et aq. 3, la distance virtuelle Ostende-Plaisance est de 1,359 k., et les plus courtes distances, Via Gothard, de Calais et dé Boulogne à ce mémo point, sont respectivement: 1,372 k. et 1,353 k. ; soit 13k. en plus pour Calais, et 6 kilomètres en moins pour Boulogne.

Il est bien difficile aux voies françaises de lutter avec les voies belges et allemandes dans ces conditions. Aussi songerait-on, parait-il, à améliorer la situation faite aux deux ports français par le percement du Gothard, en ouvrant, dans les Vosges, non loin du Ballon d'Alsace, une nouvelle ligne, non comprise dans la dernière loi de classement. Cette ligne établirait , par Remiremont, entre Ëpinal et Belfort, un raccourci notable sur la direction actuelle par Lure qu'ont suivie nos itinéraii'es*

Dans quelles mesures ces espérances sont-elles fondées ? Â quel prix les réaliserait-on ? C'est ce que nous allons rechercher.

La distance actuelle d'Épinal à Belfort par Lure est de 110 kilomètres.

Des tracés nouveaux à établir, le seul propre à donner un raccourci sérieux devrait prendre le taureau par les cornes et passer sous le Ballon d'Alsace même. Ce tracé, empruntant jusqu'au bout la ligne de Remiremont à St-Maurice-Bussaug, viendrait^ après avoir franchi la montagne, rejoindre a Bas- Evette, par la vallée de la Savoureuse et Giromagny, la grande ligne de Paris à Belfort.

Le tronçon de 10 kilomètres environ de Jias-EveLte à Giromagny est déjà classé. Le nouveau tracé pourrait remonter encore de 3 kilomètres dans la gorge de la Savoureuse. Mais là, à' moins de se lancer dans l'entreprise d'un véritable chemin de fer de montagne des plus difficiles, il faudrait aller droit sur Saint-Maurice, par un tunnel qui n'aurait pas moins de 8 kilomètres.

Dans ces conditions, la distance nouvelle serait :

Épinal — St-Maurice-Bussang S5 k.

St-Maurice — Bas-Evette 22 à 23

Bas-Evette — Belfort 7

Ensemble 84 à 85 k .

Soit un raccourci d'environ 23 kilomètres; mais avec robligation d'ouvrir un tunnel quasi alpestre de 8 kilomètres.

Si, pour échapper à cette obligation, on voulait, en conservant cette direction, franchir les Vosges à ciel ouvert, on tomberait sur des résultats absolument contraires au but poursuivi. St-Maurice est à l'altitude S40 mètres. On pourrait rejoindre la Savoureuse en amont de Giromagny, à l'altitude 500 à peu près. Le tracé devrait s'élever aux environs de 1,200 mètres. Il ressort de là une hauteur totale à franchir de 1,360 mètres. Avec des rampes de 20 millimètres, le tracé aurait, sans paliers de repos, sans stations, 68 kilomètres de développement, et la majoration correspondante dépasserait 100 kilomètres. Ce ne serait guère là un raccourci. En poussant la déclivité à 30 millimètres, la distance virtuelle totale serait un peu moindre; mais elle atteindrait encore 165 kilomètres. — Il n'y a visiblement rien à faire dans cette voie.

Il y aurait une autre solution ; celle-ci plus lationnelle. Ce serait de s'arrêter au Thillot, 5 kilomètres avant St-Maurice ; de percer la chaîne, très abaissée, surtout très rétrécie en cet endroit, et de gagner la grande ligne de Belfort, à Ronchampt, par la vallée de l'Oignon. Ce tracé est nettement indiqué par le terrain. Dans ce système, on aurait approximativement, avec l'obligation expresse d'un tunnel d'au moins 3 kilomètres, près le Thillot, la distance qui suit :

Épinal — Le Thillot Le Thillot — Ronchampt Ronchampt — Belfort

Ensemble

Ce n'est plus qu'un raccourci de S kilomètres a^ec un profil plui difficile que par Aillerilliers etLuxeùil, et, ponree résultat, iqsignifiant, sinon tout à fait nul, 33 à 84 kilomëires de ligne à construire, dont un tunnel de 3 kilomètres.

Voilà, au fond, à quoi se réduisent les espérances fondées sur ce raccourci, dit de Giromagny, qui est impossible à faire par Giromagny. On nous assure que Tidée a été abandonnée. Nous le croyons sans peine.

Remarquons combien le Simplon fait aux ports de Calais et de Boulogne, pour lutter avec Ostende, une situation plus avantageuse que celle qui leur est offerte par le Gothard. Ce passage donne, en olFet, et bien au delà, le raccourci que Ton cherche illusoirement dans les Vosges, en y. ajoutant l'avantage de maintenir bien plus longtemps le trafic transitaire sur des voies françaises. *

De Calais à Plaisance, itinéraire ap. .2, de Boulogne à Plai- *sance, itinéraire aq. 2, on a, respectivement, en distances virtuelles, viâSimplon^ 1,322 kilomètres et 1,279 kilomètres; soit respectivement 50 kilomètres et 74.kilomètres de moins que par le Gothard, et, respectivement aussi, des distances de 37 kilomètres etSO kilomètres plus courtes que celle d'Ostende à Plaisance.

Dans ces conditions, surtout par Boulogne, la lutte devient possible contre le port Belge. Et Ton remarquera qne, pour arriver à cette conclusion, nous ne tenons compte d'aucune des nombreuses rectifications que, — sur les transversales françaises, aujourd'hui morcelées, qui deviendraient des lignei de grand parcours, — il serait possible de réaliser avec des dé-* penses relativement minimes.

Entre rAngletcrre, par les ports du détroit, et Plaisance qui commande non seulement Brindisi, mais tous les ports avancés de la péninsule, c'est donc le Simplon, et le Simplon seul, qui assure la suprématie des voies ferrées françaises et peut y retenir sûrement le service des voyageurs et de la grande vitesse.

§ 2. Situation comparée des ports français du détroit et de la Manche^ avec le port d'Anvers^ [dans leurs rapports possibles avec la haute Italie,

Ces rapports ne sont sans doute pas appelés à prendre une grande importance. En thèse générale, nonobstant les percements des Alpes, la haute Italie restera surtout desservie dans ses rapports transatlantiques ou transméditerranéens, par les ports de Qénes et Venise.

Il n*est pas inutile toutefois de faire pour Anvers une recherche analogue à celle que nous ayons faite pour Ostende, en prenant, dans ce cas, pour objectif, au lieu de Plaisance, Milan qui est le vrai centre de la haute Italie.

En déduisant, au moyen des barèmes du tableau récapilulatif, note D, les itinéraires Milan des itinéraires Plaisance, on trouve, en distances virtuelles, les chiffres suivants :

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