PROFIL LE PRÉSENT DIFFÉRENCES
COMPARATIF ÉCRIT CD plaS 60 lOOillS
Ouses
Tête Nord
Tête Sud
Aoste
Total 161 k. 161 k. 5 5
Quant aux altitudes, il y a accord complet ou presque complet entre celles que donne le profil comparatif et les nôtres.
Les altitudes des tètes du tunnel ne sont pas indiquées par le profil; mais le point culminant du souterrain, plus rapproché de la tête sud que de la tête nord, est à l'ordonnée 1,073 (1). En supposant, d'après la position de ce point, qu'il soit raccordé : avec la tète nord, par une pente de 2 Vm ; avec la tête
[1] Le tunnel du profil comparatif sl 18,940" de longueur totale, partagée en deux sections: Tune, en rampe faible, de 13,640"; l'autre, en pente plus accnfiée, de 5,300" de développement. C*est à la jonction de ces deux sections, dont la dernière porte l'indication : Souterrain sous vallée, qu'est flgaré-le point culminant. Nous relevons ces dispositions sans les discuter.
sud par une pente de 8 à9 "*/m, — ce qui se rapporte assez bien avec les indications graphiques du document; — on retombe sur les altitudes que nous avons adoptées. Les différences ne sauraient en aucun cas être grandes.
L'altitude 1,050 donnée par nous à la tète nord est celle du village de Chamounix (1). Sans avoir fait personnellement, sur place, les recherches fort ardues qui seront nécessaires pour fixer, au pied de versants abrupts couverts de glaciers, le meilleur emplacement à choisir pour cette tête, nous croyons en avoir vu assez pour garantir qu'il sera fort difficile de la placer même aussi bas que nous l'avons supposé, et c'est en définitive ce point seul qui est important.
Quant à la tèle sud, située à 1,500 ou 1^000 mètres environ en amont de Pré-Saint-Didier, dont la station serait, d'après le pro/U comparatif, à la cote 1,010, l'altitude 1,030 proposée par nous se justifie aussi complètement dans les données de ce travail, dont nous ne discutons pas d'ailleurs sous d'autres rapports les dispositions. En montant de Pré-Saint-Didier vers DoUoi^e et Courmayeur, les terrains, au dire des géologues et de tous les ingénieurs qui connaissent les lieux, sont excessivement mauvais, et il y aurait grave imprudence à passer sous le mont Chétif, ce à quoi on serait conduit cependant par le profit comparatif, aussi bien qu'à ouvrir, sur plus de 5 kilomètres, la grande galerie en contre- bas de la Dora, à peu de distance de son thalweg.
Mais ce sont là autant de questions, fort graves pourtant, que nous n'avons pas cru devoir aborder.
L'altitude des têtes du grand tunnel fixées, les dispositions des tracés des voies d'accès sont très clairement indiquées par l'examen des lieux.
En versant nord, la vallée de l'Arve, assez large jusqu'à Cluses, se rétrécit en ce point, pour s'élargir de nouveau, vers Sallanches et en amont, sur une étendue de 8 à 10 kilomètres. Sur cette distance de 21 kilomètres à partir de Cluses^ la pente moyenne du fond de la vallée ^'atteint pas 4 millimètres; maiâ, à partir de là, sur un développement de 11 kilomètres, la vallée s'élève de 400 mètres par un ressaut dont la pente moyenne est de 38 millimètres, certaines penles partielles s'élevant au double.
(1) Le profil comparatif donne à la station de Chamounix la cote 1,003. C'est quUl la place évidemment loin de la localité et notablement plus bas.
A partir du sommet de ce ressaut jusqu'à Chamounix, sur 6 à 7 kilomètres, la pente moyenne redescend à 15 millimètres.
De Cluses à Cbamouuix, le développement, non du cours d'eau lui-môme, mais de Taxe de figure du fond de la vallée, est de 39 kilomètres environ ; et Ton peut constater de suite, à la vue d'une bonne carte, que des tracés rationnels à flanc de montagne excéderont plutôt en longueur ce développement, qu'ils ne se tiendront au-dessous, et cela sans cher* cher dans les vallées affluantes des allongements qu'il serait fort difficile de trouver dans l'espèce.
Des tracés de reconnaissance que nous avons établis, au moyen de minutes amplifiées de l'état-major français, avec courbes horizontales, ont confirmé ces prévisions. Ces tracés ont été faits avec des rampes limites : le premier, de 28 millimètres; le second, de 20 millimètres ; le troisième,de 12»/m5.
Le premier, qui suit le fond de la vallée jusqu'à 2 k. 800 m. en amont de Sallanches, altitude 550, rachète, par 16 k. 400 m. de rampes de 2'i millimètres, la hauteur de 410 mètres qui sépare le point de départ des fortes rampes du sommet du ressaut, situé près des Ouches, oU le fond de la vallée n'a plus qu'une inclinaison moyenne de 15 millimètres. Le déve* loppement total par ce tracé, entre Cluses et Chamounix, est de 42 kilomètres.
Dans le second tracé, le pied des fortes rampes est placé à r.aval de SallancbeS', et celles-ci rachètent avec 26 kil. 250 m. de longueur, une différence de niveau de 525 mètres, indépendamment des 90 mètres rachetés par rampes de 15 millimètres entre les Ouches et Chamounix. Le développement total de ce second tracé est de 43 kilomètres.
Enfin le troisième tracé, en rampes de 12"*/m5, depuis un point situé en aval de Cluses jusqu'à Chamounix, présente, à parlir de Cluses, un développement de 45 kilomètres.
Ces trois tracés ne comportent, dans l'étendue de leur plus forte rampe respective ; les deux premiers, qu'un seul palier de 400 mètres pour station ; le troisième, que deux paliers de même longueur, — ce qui est pratiquement tout, à fait insuffisant. Tous trois seraient donc, après étude du terrain, notable* ment plus longs que nous ne l'avons supposé, même en admettant qu'on ne soit pas conduit, sur beaucoup de points^
par des motifs impérieux d'écoaomie, à rester au-dessous de la rampe limite.
Ces tracés, qui se développeal tous trois sur le yersaut rive gauche de TArve, ont à franchir, aux environs de Saint- Gervais, le Sonnant, affluent de TArve rapide et encaissé.
Le tracé avec rampes de 25 millimètres, de beaucoup le plus facile, domine, sur une grande partie de son parcours, de 100 et 120 mètres le fond de la vallée deTArvC; ce qui porte la voie dans des falaises à pic ou des yeux non exercés déclareraient impossible d'établir jamais un chemin de fer. Les tunnels sont nombreux et le viaduc qui franchit le Sonnant a 70 mètres d'élévation.
A mesure que la pente décroît, les difficultés augmentent ; le nombre et la longueur des tunnels s'accroît; les viaducs se multiplient, et présentent des ouvertures et des élévations déplus en plus grandes. Sur plusieurs kilomètres d'étendue, avec la rampe de 20 millimètres, le tracé domine le fond de la viallée de 170 mètres. Avec la rampe de 12 "/m 3,c'est 2S0 mètres et plus qu'il faut compter. Le nombre de kilomètres à flanc de montagne augmente et chacun de ces kilomètres devient beaucoup plus coûteux.
Ces résultats pouvaient être prévus. Ils rendent le tracé avec rampes de 12 "/m S à peu près inadmissible. C'est SO à 60 millions quil y faudrait consacrer. C'est ce tracé cependant auquel se rattache le profil comparatif. Il nous a paru rationnel de nous en tenir au tracé avec rampes de 25 millimètres, en augmentant le développement de 3 kilomètres pour paliers de stations, repos, et circonstances imprévues de tracé.
Passons au versant sud.
Là, de la tète, du tunnel à Aoste, il faut descendre de 490 mètres. Dans cette étendue» la vallée, peu sinueuse, ne pré'^ sente qu'un développement de 30 k. qu'il serait fort difficile d'augmenter, les vallées afïluentes manquant pour cela. Lés tracés de M. Stamm, dont l'un était disposé pour atteindre une tête de tunnel située à 1,050 mètres, — au lieu des 1,030 sur lesquels nous raisonnons, donnent entre Aoste et Pré-Saint-Didier une distance de 29 kilomètres. Cela concorde bien avec Àos calculs qui supposent la tête du grand tunnel à 1 k. environ en amont de Pré-Saint-Didier. 'Pour racheter 430 mètres avec
30 k. de développement, on serait conduit à une rampe continue del4"*/ml/3. En admettant seulement 1,333 mètres de paliers ou repos la rampe s'élève à 18"/ni. C'est sur cette donnée que nous avons tablé dans la note C, pour le calcul de la majoration D du Mont-Blanc. En pratique, après étude, on ira à 17 ou 18 "/m sinon 20 "*/m, et cela par plusieurs motifs. Les versants abrupts de la Dora présentent de graves difficultés pour Tassiette d'une voie ferrée. On y rencontre beaucoup de moraines fortement inclinées et de vastes éboulements de rochers mal assis. Le point de départ de 600 mètres à Aoste domine déjà de 40 mètres le fond de ia vallée. En commençant à monter de suite avec la pente limite, le tracé, — qui, dès la sortie d'Aoste eslà flanc de montagne et ne' peut, sur 12 kilomètres, abandonner la rive gauche^ — rencontre des lorrains plus difficiles que si Ton prenait au départ une rampe plus faible. Dans cette section, il sera bien difficile de s'assujetlir à une rampe uniforme. Celle de 12™/ni5 portée au profil comparatif esl tout à fait inadmissible et, dans tous les cas, la distance de 33 kilomètres n'y suffirait pas. Une rampe continue de 12"Vmîî exigerait un développement de 34 k. 400 mètres. Avec les paliers indispensables on serait conduit à 36 kilomètres. Un tel développement est absolument impossible à trouver à moins d'un tracé avec lacets multipliés ou tunnels en hélice comme au Golhard. C'est, en cet endroit, l'intensité de la rampe qu'il faut forcer, non le développement.
A l'aval d' Aoste, le profil comparatif donne une distance de (»9 kilomètres jusqu'à Ivrée, avec une pente à peu près uniforme dans toute l'étendue. Nous avons quant à nous enregistré les 67 kilomètres de la loi italienne, mais nous croyons sans peine que cette longueur sera dépassée. La route d*Ivrée à Aoste présente déjà ce développement; et le chemin de fer, par bien des motifs, sera plus long que la route.
Nous sommes donc d'accord avec le profil comparatif sur une augmentation forcée de longueur dans cette section. Mais nous nous écartons complètement de lui en ce qui concerne la pente. L'adoption d'une déclivité uniforme ou presque uniforme est impossible. La vallée présente de longues sections faiblement inclinées où le cours d'eau divague et est semé d'Iles; mais, vers le milieu de la distance, sur 2S kilomètres environ, la Dora s'encaisse, se rétrécit, et franchit deux défilés dont le dernier vers l'aval est fermé par le fort de Bard, célèbre depuis la campagne de Marengo et le passage du grand Saint-Bernard par l'armée française.
Les cartes piémontaises manquent de cotes dans cette partie et la topographie n'en est pas irréprochable. D'après les souvenirs assez précis que nous a laissés la roule ordinaire, nous avons évalué à' 200 mètres, — un peu plus de la moitié de la hauteur tolale à racheter, — la fraction qui exigera remploi de fortes rampes. Ces rampes devront s'élever à 15 millimètres au moins si Ton ne veut tomber, sur de longs parcours, dans de coûteux tracés à flanc de coteaux. C'est là-dessus que nous avons tablé de tous ' points.
Les renseignements qui précèdent nous paraissent justifier et les dislances réelles admises et les majorations dues aux fortes rampes calculées pour la partie comprise entre Cluses et Ivr^e. Nous serions bien surpris si les études, lorsqu'il y en aura de complètes, ne démontraient pas que nous nous sommes tenus dans les termes les plus modérés.
Reste la section comprise entre Bellegarde et Cluses, pour laquelle nous avons avec le profil comparatif une dissidence de IS kilomètres ou à peu pfès : pour lui, 66 kilomètres; pour nous, 81 kilomètres.
Nous avons spéculé sur des voies existantes ou déjà tracées. Le profil comparatif admet au contraire, pour une partie, un nouveau tracé. Ce nouveau tracé, d'Etrembières, à la pointe du petit Salève, sur la rive gauche de TArve, se porterait vers Cluses, par Bonneville, en suivant le cours d'eau. On éviterait ainsi le rebroussement d'Ânnemasse, et il y aurait là un raccourci. Seulement l'évaluation delS kilomètres est fort exagérée .
D'après le profil comparatif y il y aurait dans ce système, 27 k. SOO mètres d'Etrembières à Cluses. A vol d'oiseau, la distance est de 30 kilomètres; un tracé développé suivant les principales sinuosités de l'Arve atteint presque 34 kilomètres. L'étude faite, on aurait au moins 3S kilomètres. Le raccourci effectif, — moyennant la construction d'une ligne nouvelle de de 18 à 20 kilomètres, sans compter les difiicultés du raccordement, à Etrembières, avec la ligne venant de Bellegarde, — se réduirait donc à 7 k. 800.
Si l'on veut bien songer à toutes les causes d'allongement
que présente, par rapport à nos supputations, la section de
161 kilomètres, de Cluses i Ivrée, on reconnaîtra, pensons-
nous, qu'il serait peu piaident de retrancher quelque chose à la longueur totale de 342 kilométrées que nous avons admise entre Bellegarde et Jvrée.
Jusqu'à ce qu'existe un projet complet du passage du Mont-Blanc nous regarderons cette assertion comme difficilement réfutablë.
FABK. — IMPRIMERIB CHAU, 20, RCB BERGERE. — 4558-1.
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