‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 3 sur 110 · PRÉFACE VU · texte numérisé non relu

PRÉFACE VU

queront pas, documents inédits en majeure partie et conservés presque tous dans les archives de Tordre.

On sait qu'après l'arrêt du 6 août 1 762 contre les Jésuites de France, leurs archives furent confisquées, vendues et, pour la plupart, brûlées. On eut soin surtout de détruire les manuscrits historiques, de nature à glorifier ou à justifier des religieux, que la haine et la jalousie chassaient de leurs demeures. En 1773, Rome supprimait la Société ; et, partout, ses archives subissaient le même sort qu'en France.

Cependant, le 7 août 1814, la bulle sollicitudo omnium ecclesiarum la rétablit dans le monde entier, et bientôt ses membres reparurent nombreux et dévoués en Europe et à l'étranger.

Dans son œuvre laborieuse de restauration et d'organisation, la Compagnie de Jésus pensa aux trésors précieux dont oa.ravait dépouillée, et qui constituaient son histoire pendant près de deux cent cinquante ans. Avec une constance persévérante elle se mit à la recherche de ses trésors perdus, et, avec les années, elle parvint à découvrir une grande partie de ce qui en restait, et même à se procurer, soit par achat, soit par dons, soit par héritage, beaucoup de manuscrits, éparpillés un peu partout.

Ces manuscrits sont aujourd'hui classés et catalogués. C'est là, plus que dans les bibliothèques publiques, que nous avons puisé lesprincipaux éléments de ce travail. On les chercherait vainement ailleurs.

Nous n'écrivons ni la vie intime, ni la vie religieuse du P» La Valette. Notre ambition d'historien est moindre.

Vm PRÉFACÉ

Nous dirons ce qu*il fit, à la Martinique, comme procureur et supérieur de la Mission, par quelle suite d'entreprises, par quels événements imprévus, indépendants de sa volonté, il fut conduit à certaines fautes, qu'on s'est plu à exagérer sciemment, qu'on a présentées le plus souvent sous un jour faux, avec des détails inventés à plaisir.

Après avoir lu cette étude, tout lecteur de bonne foi dira : La Compagnie de Jésus n'a été mêlée en rien, ni de loin ni de près, aux opérations commerciales}^ selon l'expression de M. E. Glasson, du P. Antoine La Valette. Ils n'approuveront pas ces deux lignes du même auteur : « Les Jésuites avaient fondé au, fort Saint-Pierre, à la Martinique, des établissements industriels considérables, sous la direction du Père Lavalette. » Autant de mots, autant d'erreurs, involontaires sans doute, réelles cependant. M. E. Glasson, dont la loyauté est connue, a écrit V Affaire des Jésuites d'après des historiens assez mal renseignés. D'autres, qui n'ont pas sa probité, ont agrémenté la même Affaire de faits invraisemblables.

Il est temps de faire la lumière sur ce religieux si connu ^ et pourtant inconnu^ dont on parle beaucoup et sur lequel on ne sait presque rien.

Tel est le but de cette étude.

1. Le Parlement de Paris, par E. Glasson, doyen de l'Université de droit de Paris. Paris, 1901, t. II, p. 266.

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