Mémoire justificalif du P. Lavalette
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ses relations et à son expérience. Ainsi, envoyant pn Francp une' très grande quantité de denrées provenant des terres de sa résidence, il recevait V argent de quiconque voulait en toucher ou faire toucher en France. De là le grand nombre de lettres de change quil tira dès les premiers tempH de su gestion, sur différents négociants du royaume K
Enfin, à lexemple de tous les habitants des Iles du Vent, et pour obliger des propriétaires qui désiraient retourner eu France, il prit leurs fonds et leur en fit toucher en France le prix convenu par la voie de lettres de change %
Telles furent, en résumé, les opérations du P. Liivalettr, pendant les six premières années de ses fonctions de procureur et la première de sa charge de supérieur t^énéral.
S'il est permis de regretter qu'il se soit laissé tîïitiaîner à cultiver, à vendre et k contracter dans des pioporiioiis exagérées et blâmables, la justice nous fait un devoir de reconnaître qu'il n'existe nulle part aucune trace de com» merce proprement dit ; jamais, à cette époque, il ne frîinchit les limites fixées par les lois canoniques, (rest ce «jui résulte de l'étude attentive de son administration temporelle ; et ses accusateurs les plus acharnés n'ont pu trouveï-, mitre 1748 et 1756, aucun acte, aucun achat, aucune transaction commerciale, constituant le vrai négoce^ le négoce prohibé aux religieux. Cette période de sept ans fut aussi la plus
i. Mémoire à consulter et Mémoire sur le P. Lavalelte.
2. Mémoire sur le /?. Lavalette et Réponse au Ménwirf* inlilulé j « Mémoire sur les demandes formées contre le Général ol lu HociôttV des Jésuites au sujet des engagements qu'elle a contra cti^s par le Ministère du P. de Lavalette, par Deligny, procureur (17*îl). >i
favorisée de sa gestion financière ; ses entreprises réussirent au gré de ses désirs. Il eût mieux valu pour lui qu'il en fût autrement.
Aimé et estimé à la Martinique, très apprécié des chefs de la colonie, il se fit, comme tous les entreprenants heureux, des envieux et des ennemis. Qui n'en a pas, et surtout les Jésuites? « Quelques personnes mal intentionnées, dit le Mémoire sur le P. Luvalette^ l'accusèrent auprès du ministre delà marine, comme faisant le commerce étranger défendu dans nos îles. »
Le Ministre de laanarine était le comte Rouillé. M. Rouillé, nommé secrétaire d'Etat au Département de la Marine le 28 avril 1749 et ministre d'Etat en 17S1, était « un très honnête homme, d'un esprit très net, très zélé et même s 'affectant trop, et qui avait pour le commerce de l'intérieur et pour la Compagnie des Indes, fait merveille*. » C'est à lui que parvinrent les plaintes contre le P. La Valette. La dénonciation partit de l'Amérique. Les délateurs prirent soin de cacher leur nom ; le ministre du moins ne les fit pas connaître.
Sur cette dénonciation et sans plus amples renseignements, le comte Rouillé s'émeut. A la date du 23 mai 1753, il adresse une première lettré à MM. de Bompar, gouverneur de la Martinique, et Hurson, intendant, et demande des renseignements sur l'habitation des Jésuites à la Dominique : Sa Majesté, dit-il, m'a ordonné de vous marquer qu'il lui est revenu, que les Jésuites ont entrepris des établissements en d'autres îles contentieuses, et qu'elle désire d'être informée en quoi consistent ces établisse-