‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 48 sur 110 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

REVERS DU P* LA VALETTE A LA MÂRtlKIQUË,

Le P. La Valette arriva k Saint-Pierre-de-la-Martinlque, vers le milieu de mai 1755, sur le même vaisseau qui por* tait M. de Givr\% le Qoiivel intendant . M. Hurson, rajipelé en France, avait quitté Tîle depuis quelque temps et se rendait à Marseille, par ordre du Ministre de la marine.

A Texception des chefs de la colonie, on ignorait à la Martinique les vraiï motifs de la longue absence du supérieur général. Avant de quitter Marseille, celui-ci avait écrit è M"*" de Beuvron, le 20 janvier 17"i5 : u Je sens qu'on va m'épier et m' examiner à mon arrivée à Saint- Pierre ; mais les curieux seront bien attrapés, car je ne dirai mot sur le sujet et le succès de mon voyage » *,

Il ne se trompait pas. Ses adversaires épièrent ses actes, ses moindres paroles ; ses amis essajèrént par des questions insidieuses, le plus souvent indiscrètes, de pénétrer le mys- 1ère de son voyage en France, Les uns et les autres en furent pour leurs frais d'espionnage et de curiosité. En somme, le public resta convaincu que ses affaires l'avaient appelé en Europe, et la confiance qu'on lui témoignait, loin de diminuer, ne fit qu'augmenter.

1, Arch, S, J.

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A son départ de Saint-Pierre, au mois de décembre !7S3ç il avait remis tous ses pouvoirs entre les mains de rancieii supérieur, le P. Guillin. Celui-ci, brisé par les infirmités encore plus que par Tâge, n'avait plus les forces nécessaires pour soutenir le fardeau d'une administration lourde et étendue ; il n'en connaissait pas, du reste, les rouages compliqués et multiples. Aussi s'occupa-t-il plus du spirituel de la Mission que du temporel.

Le P, La Valette s'y attendait ; il ne fut donc pas surpris, à son retour, de trouver ses affaires en grande souffrance, et, comme si Tépreuve qu'il venait de traverser, eût donné à son énergie plus de vigueur, il se mit à réparer ses pertes, avec un courage rajeuni, plein d'espoir dans le succès.

Trois ouragans terribles avaient ravagé ses cannes et sesmayots et endommagé ses maisons... Il emploie une somme d'au moins 750.000 livres à l'ameublement de ces maisons, k des réparations et à des augmentations qui, quoique nécessaires, pouvaient en partie se différer K II avait un peu la manie de faire vite et grand !

11 établit ensuite, sur l'habitation de Saint-Pierre, une vinaUjrerle^ dans laquelle, avec trois noirs seulement, il put faire quarante barriques de tafia chaque vingt-quatre heures '*

En même temps, il répare les savanes ^^ il refait en maçonnerie les cases à bagasse, il rebâtit à neuf le moulin

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