‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 47 sur 110 · Crétineau-Joly,t. V,p · texte numérisé non relu

Crétineau-Joly,t. V,p

2. Le P. François-Guillaume Desparcs, né à Alençon le 30 juin 1690, entré au noviciat de Paris le l"oct. 1707, mort le 27 oct, 1756, professa la grammaire, les humanités, la rhétorique et la philosophie. Procureur au collège de. Moulins de 1729 à 1737, il fut en 1737 nommé procureur de la province de Paris et remplit cette charge jusqu'à sa mort.

3. Le P. Jean Allard, né à Embrun le 24 déc. 1699, entré au noviciat d'Avignon le 7 septembre 1714, professa la grammaire, les humanités, la rhétorique et la philosophie, fut procureur au collège de- Dôle et au collège de la Trinité à Lyon de 1739 à 1748, et enfin procureur de la province de Lyon de 1748 à 1766.

4. Le P. J.-B. Montagne, né à Belfort le 25 avril 1703, entré chez les Jésuites le 2 juin 1723, enseigna la grammaire, les humanités et la rhétorique à Dijon, à Reims et à Nancy (1725-1732), fit ses quatre ans de théologie à Reims et y enseigna la philosophie [ l TH2-1738) , fut principal de Pont-à-Mousson (1738-1748), puis procureur de Ifi province de Champagne.

5. Le P. J.-B. Salvat, né à Tulle le 2 juin 1700, entré au Noviciat de Bordeaux le 14 septembre 1717, professa la grammaire, k^a humanités et la rhétorique à Agen et à Tulle (1719-1725), fit sa théologie à Bordeaux (1725-1729) et sa 3« année de probation à Mareunes (1729-

Michel Fornier *, tous résidant à la Maison professe de Paris. Les PP. Onuphre Desmaretz, confesseur du Roi, Jean Radominski 2, confessem* de la Reine, Marie Leczinska, et Michel Croust 3, confesseur de la Dauphine, se rattachaient au parti du Provincial.

Plus nombreux et surtout plus influent, ce parti blâmait sans doute les constructions trop importantes, les achats de terrains et les emprunts, faits ou à Tinsu, ou contre la volonté, ou en dehors de l'autorisation expresse des supérieurs majeurs; il avouait que le supérieur de la Martinique s'était engagé, sans avoir auparavant consulté qui

i730(, QQseigna la philosophie à Périgueux et à Bordeaux (1730-1737), fut principal du pensionnat de Bordeaux (1737-1745), et enfin procureur de la province d'Aquitaine, en résidence à Paris.

1, Le P. Michel Fornier, né à Cahors le 14 juin 1701, entré au noviciat de Toulouse le 9 mai 1722, enseigna la grammaire, les humanités, la rhétorique et la philosophie à Perpignan, à Auch et à Alby, (172i-i735), puis fui nommé préfet des classes à Alby, à Carcassonne et à Moatauban (1735-1740), ministre etprocureur à Alby (1740-1746), recteur du collège d'Alby (1746-1754). Il fut envoyé à Paris, en 1754, comme procureur de la province de Toulouse.

2, Le P. Jean Radominski, polonais, né le 10 juin 1687, -entré au noviciat le 12 décembre 1702, professa les humanités et la rhétorique six ans, la philosophie et la théologie treize ans, fut ensuite missionnaire et enfin confesseur du roi de Pologne, Stanislas Leczinski et de sa pieuse fille, Marie Leçzinska, reine de France. Il mourut le 18 janvier 1756 à Paris. Notes de ses supérieurs : Ingenio optimo^ Judicio maxime solido, prudentia magna. Il fut remplacé auprès de la reïne par lé P. Ign. Bieganski, jésuite polonais.

3, Le P. Michel Kroust ou Croust, né le 25 novembre 1694, à Aspach (Alsace), entré au noviciat de la province de Champagne le 8 ot-*t* 1711, fit sa philosophie à Pont-à-Mousson, professa la grammaire, les humanités et la rhétorique à Golmar, Ensisheim, Nancy et Hpinal, fit sa théologie à Strasbourg, et, après avoir enseigné là philosophie et la théologie pendant près de vingt ans, futsupérieur à Golmar, puis nommé confesseur de la Dauphine à Paris en 1747. Il collabora aux Mémoires de Trévoux, composa quelques ouvrages de méditation et mourut à Porrentruy, le 10 novembre 1772.

de droit et en dépassant les pouvoirs accordés, dans des affaires dangereuses et compromettantes, qu'il avait commis de graves imprudences, que quelques-uns de ses actes pouvaient porter l'empreinte du species negociationis ; mais il ne voyait dan^ ses opérations, même les plus hasardées, rien qui fût contraire aux lois canoniques sur le commerce. Sur ce dernier chef d'accusation, il refusait de croire à sa culpabilité et de le condamner, sans preuve positive, sur des soupçons ou des présomptions; il lui semblait juste d'appliquer au cas particulier du P. La Valette la règle générale du droit : neminem siupicionibus damnari.

En réponse aux griefs énumérés par les adversaires et rapportés plus haut, les tenants du P. le Forestier disaient :

Le P. Lavalette n'a pas fait le commerce étranger : le gouverneur et l'intendant de la Martinique ont fait justice de cette accusation et de toute accusation de même nature.

Il a envoyé, il est vrai, à ses correspondants d'Europe, des denrées de ses propriétés, pour recevoir en échange d'autres marchandises ou de l'argent. Mais les propriétaires des Iles n'en font-ils pas autant, sans être pour cela commerçants? Pourquoi le P. Lavalette le serait-il plus qu'eux ?

Il a tiré de nombreuses lettres de change. Mais les lettres de change font-elles le négociant ? Par elles-mêmes, elles ne sont qu'un moyen de s'engager, de recevoir et de payer ;. par elles, on reçoit ses fonds et on paye ses dettes. Les procureurs des autres communautés religieuses n'agissent pas autrement et ne font pas pour cela le commerce. * Enfin, il est parfaitement prouvé que le P. Lavalette

recevait à la Martinique les fonds des Français qui allaient se fixer en France définitivement et qu'il leur faisait remettre h leur nouveau domicile la même somme. Mais, quoique Tar^^ent des Iles perdît ua tiers en France, il ne prenait cependant pas à perte. Au lieu de faire valoir Targent par le commerce, il tirait h long^ues échéances, à trois, quatre et cinq ans. Pendant ce temps, il ne payait pas d'intérêts, il employait les fonds reçus à faire valoir ses terres, à acheter des nègres et des bestiaux j et ainsi il se dédommageait de la perte subie par le payement ea France, Y avait*il là commerce ? Assurément non.

L'accusation de commerce illicite écartée, restait une question k résoudre particulièrement délicate- Fallait-il du moins retenir en France le P, Lavalette et le remplacer à la Martinique, à cause de ses imprudences et autres actes blâmables?

Le P. le Forestier, qui se montra toujours son plus ardent défenseur, refusa avec énergie de le déposer, cette mesure ne lui paraissant ni possible, ni raisonnable.

Elle n'était pas possible, disait-il, car il ne voyait personne j ai en France ai aux lies, qui fût capable de liquider honorablement la succession compliquée du P. Lavalette, de payer ses dettes considérables et surtout d'inspirer la même conGance aux créanciers. Un changement de supérieur eût produit partout un efîet désastreux.

Celte mesure lui semblait, en outre, déraisonnable, et il

ne s en cacliait pas à la fin de 1754, Le payement des lettres de changée, disait-il, n'a pas été effectue cette année, excepté à Bordeaux, pour une somme de trois cent mille livres de papier. MM. David Gradis et iîls^ négociants dans cette ville, avaient laissé protester ces lettres, tirées sur eux de la Martinique par le P, Laval elle. Ce refus de payement irrita beaucoup de porteurs, ^ênés dans leurs affaires ; ils murmurèrent, menacèrent, plusieurs même en appelèrent aux tribunaux. A cette nouvelle, le P, Lavalette se rendit de Marseille à Bordeaux, s'entendit avec les négociants, et, à cause du crédit dont il jouissait, il fît acquitter les papiers échus et à ceux k échoir. L'orage s'apaisa et la confiance des porteurs reprit son cours normal. Ailleurs, les créanciers patientèrent sans trop se plaindre, parce qu'ils i «ignoraient la vraie cause du rappel en France du supérieur des lies et qu ils espéraient être payes aussitôt après son retour dans sa Mission.

Mais que serait-il arrivé, ajoutait le Provincial, si on avait appris la déposition du P. Lavalette et son remplacement? Qu'arriverait-il encore si cette mesure était prise contre lui? Quel déchaînt^ment de colères et de récriminations ! Quelle tempête de menaces 1 Que de procès ! Les créanciers ne croyant plus leurs sommes garanties, affolés, ne réclameront-ils pas au Général le remboursement de leurs créances? Et les maisons de France, toutes obérées, voudront-elles et pourront-elles payer les emprunts contractés?

Le P, le Forestier ne s exagérait-il pas les conséquences d'un changement de supérieur ?.., On ne peut nier cependant le bien fondé de quelques-unes de ses appréhensions : Tannonce de la révocation du P. Lavalette eût causé certainement un grand émoi en France et aux Antilles ; Tintérêt des créanciers et Thonneur de la Compagnie eussent également souffert d'une pareille mesure.

Aussi comprend-on qu'en sa qualité de Provincial, pénétré de sa responsabilité et chargé de la décision en dernier ressort, il se soit employé avec ardeur auprès des Ministres pour obtenir le renvoi à la Martinique du supérieur g^énéral. Il le défendit avec sa ténacité bretonne et donna les plus fortes assurances qu' il ne se mêlerait d'aucune ^orte de commerce ^

La vérité nous oblige d'ajouter que, malgré la gravité des raisons alléguées en faveur du retour du P. La Valette aux Iles, jamais le Provincial ne l'aurait sollicité, s'il eût pu prévoir les faits attristants qui vont suivre. Malheureuseiïient, ils échappaient à toute prévision humaine.

î. Lettre du Ministre de la Marine à M. de Bompar; 5 janvier 1755. Citée plus haut.

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