Mémoire du P. de Montigny
pressé. Il importait de savoir où en étaient les affaires de la Martinique, avant de rien décider au sujet des lettres de change acceptées par la maison Lioncy et non payées. Malheureusement, le Provincial de France, le P. Le Forestier, de qui dépendait la nomination du visiteur aux Iles du Vent, était absent de Paris au moment de la faillite de Marseille ; en outre, il fallait recourir à Rome, où le Général était seul en état de donner des pouvoirs assez étendus pour agir efficacement en ce pays-là *. Ces formalités demandèrent du temps.
« C*est seulement au mois de septembre 1756, raconte le P. de Montigny, qu'il fut arrêté que je passerais à la Martinique, en qualité de visiteur et avec toute Tautorité nécessaire pour régler les affaires de cette Mission. La difficulté du passage et quelques autres raisons, qu'il est inutile de rapporter ici, dérangèrent ce projet.
On en forma aussitôt un autre, dont l'exécution semblait devoir être plus aisée, plus prompte et moins sujette aux inconvénients qu'on voulait éviter. Dès le 10 novembre 1756, on nomma le P. d'Huberland supérieur général des Missions de Cayenne, pour aller à la Martinique en qualité de visiteur. Il n'avait que trois cents lieues à faire pour se rendre à sa destination. Mais,' malgré les différentes voies dont on se servit pour lui faire remettre les Provisions, sans lesquelles il ne pouvait agir, il ne les reçut que plus d'un an après leur expédition, et dans un temps, où les escadres anglaises lui rendaient le trajet impraticable w^.
On n'apprit cet incident quà la fin de 1758 > Ce fâcheux contretemps ne changea rien à la résolution prise dé con-