‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 57 sur 110 · Mémoire du P. de Montigny · texte numérisé non relu

Mémoire du P. de Montigny

paiement des lettres acceptées par M. Lioncy ; mais ces remises étaient de peu de valeur, et elles furent bientôt suivies de traites nouvelles... Et en tirant continuellement sur tous les négociants qu'il connaissait en Europe, il augmenta, malgré tous les paiements faits, le montant des lettres de change bien au delà de ce qu'il était lors de la faillite des Lioncy * ».

Cette conduite du P. Lavalette étonna profondément ses amis de Paris. Ils se demandèrent avec anxiété si le commerce ne se dissimulait pas derrière cette avalanche de traites nouvelles. On lui écrivait, on l'avertissait, on lui ordonnait de ne plus emprunter ; et il ne répondait pas. La guerre empêchait-elle les lettres de lui arriver régulièrement ou bien n'en tenait-il aucun compte ?... Malgré tout, le P. de Sacy, bien que tourmenté, voulut faire honneur aux engagements du P. Lavalette. « Il pressa M. Rey d'accepter la plupart de ses nouvelles traites, de payer celles qui étaient échues; et M. Rey demanda, de son côté, qu'on continuât à lui remettre des fonds ou à lui en assurer 2 ».

Sur ces entrefaites, des changements importants étaient survenus dans le gouvernement de la Compagnie et dans celui de la province de France.

A Rome, le P. Ignace Visconti, élu général le 21 juin 1751, était mort le 4 mai 1755, et le 30 novembre de la même année, le P. Louis Genturione fut nommé a aa place par le suffrage des électeurs. Cette élection amena des

Page 1