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Le 23 novembre 1639, il s'embarqua à Nantes avec le P. Robert-Charles Hempteau, et les deux missionnaires arrivèrent à Saint-Pierre le vendredi saint de Vannée suivante, après une longue ^t pénible navigation^,
La Martinique offrait au P. Bouton un champ d'apostolat tel que l'avaient toujours rêvé les ardeurs de sa charité. Les travaux s'y annonçaient fort grands'^, dit le P. Pelleprat : le pays à évangéliser s'étendait de la Martinique à Saint-Domingue et à la Guyane, et la parole de Dieu devait être prêchée aux Européens et aux sauvages.
Les Européens se composaient d'abord de quinze à seize mille Français, sans compter les marchands et les matelots, ensuite de beaucoup d'Anglais, d'Irlandais et de Hollandais.
Parmi les Français, on comptait les engagés, serviteurs transportés aux îles pour y servir les habitants, et obligés de servir pendant trois ans ceux qui avaient fait les frais de leur voyage ^. « Ceux-ci, dit le P. Pelleprat, pouvaient céder ou vendre à d'autres le droit qu'ils avaient sur leur personne etsurleur liberté pendant ces trois années. Ces trois années expirées, ils recevaient pour salaire de leurs services trois cent livres de petun, et demeuraient en liberté de retour-
1. Dans sa Relation de festablissement des Français, depuis Van 463o, en Visle de la Martinique (Paris, 1640), le P. Bouton dit qu'il partit de France le 25 novembre ; et dans une lettre au R. P. général Mutins Vitelleski, du 20 octobre 1639, datée de Nantes, il écrit : « Imus ad insulas Americse ; petimus a Vestra Paternitate ut suam nobis benedictionem impertiatur, et Nostri dignetur meminisse in suis SS. Sacrificiis » (Arch. gen. S. j.).
Le P. Pelleprat commet donc une erreur dans se Relation, ch. 11, quand il écrit que le P. Bouton partit en 1638.