‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 61 sur 110 · Créiineau-Joly, t. V, p · texte numérisé non relu

Créiineau-Joly, t. V, p

S, Ces paroles sont tirées textuellement du Mémoire sur le P. Lavalette, et attribuées au P.Claude Frey.

Sacy ne cacha pas qu'il serait accablé de demandes, menacé de poursuites, et que le refus de payer porterait atteinte à l'honneur de la Compagnie.

Toutes ces considérations avaient leur poids ; elles n'ébranlèrent pourtant pas les fermes résolutions des consulteurs. Le P. Claude Frey « s'obstina à mettre opposition à l'emprunt, à ne pas souffrir que le P. de Sacy donnât la moindre sécurité ou assurance de payement à qui que ce fût des créanciers *. » Après tout, disaient le Provincial et ses consulteurs, la maison de Saint-Pierre est seule obligée; ses intérêts financiers sont absolument distincts de jceux des collèges et résidences de France ; dans l'état où se trouvent les finances de ces derniers établissements, il serait imprudent de les obérer davantage par un emprunt, qui peut-être les conduirait à la ruine. Il est préférable de voir disparaître la Mission de la Martinique, si elle doit disparaître dans les malheureuses entreprises du P. Lavalette, plutôt que de compromettre l'avenir des Maisons de la province de Paris.

Il faut avouer que la question était singulièrement complexe. Des deux côtés les raisons ne manquaient pas de valeur. On se plaçait à des points de vue opposés, les appréciations étaient donc différentes ; et les légistes consultés se montraient ou hésitants ou embarrassés, quand ils n'étaient pas divisés d'opinion. Le Provincial et ses amis consultèrent également un banquier célèbre de Paris et luideniandérent s'il ne valait pas encore mieux, vu l'état de nos établissements de France, tous obérés de dettes, laisser le P. Lavalette faire banqueroute plutôt que d'emprunter. « Mes Pères, leur répondît tout uniment le banquier, votre projet de banqueroute est une folie, fût-elle autorisée parla

1 . Voir au sujet de cette consulte le Mémoire sur le P, Lavalette,

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Cour, A^ous en serez pour les frais immenses de la banqueroute, et vousn^ea serez pas moins condamnés à payer vos créanciers ^ ^i

Rien ne modifia la résolution du P. Frey. Il communiqua à Rome le résultat de la Consulte, et le R. P. Centurione, s'en rapportant à la décision des consulteurs, laissa le Provincial a^ir au mieux des intérêts de sa province. A partir, de ce moment (17S7), le P. deSacyne paya aucun créancier, ne donna aucun billet d'assurance et renvoya tous les solliciteurs au P. Lavalette et à ses représentants. M. Rey, n'nyant plus dti fonds, protesta toutes les lettres de change, qui lui furent désormais présentées.

Quelles furent les conséquences de cette décision suprême du P, Claude Frey? C'est ce que nous verrons bientôt ; mais, auparavant, il faut revenir à la Martinique, et dire quelle fut la conduite du P. Lavalette de 1757 à

i. Mémoire $ur h P, Lavalette,

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