‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 9 sur 110 · Ibid,, 2® partie, chap. I · texte numérisé non relu

Ibid,, 2® partie, chap. I

duction à la langue des Galibis, sauvages de la terre ferme de V Amérique méridionale ^

Le P. Pelleprat, qui avait débarqué sur le continent vers le milieu de Tannée 1633, fut obligé, Tannée suivante, de revenir à Saint-Pierre de la Martinique, d'où il était parti : le climat de la Guyane et un excès de travail avaient anéanti ses forces physiques. Ce changement d'air ne lui rendit pas la santé gravement compromise. Son supérieur le renvoya dans sa patrie, au pays natal. 11 s y remit lentement, et, aussitôt rétabli, il reprit la mer, et fît voile vers le continent américain, menant avec lui plusieurs religieux de son ordre -.

1. Le P. Pierre Ignace Pelleprat, né à Bordeaux en 1606, entré au noviciat de cette ville le 24 septembre 1623, fit, après son, noviciat, trois ans de philosophie à Pau, et sa théologie en particulier à cause de l'état déplorable de sa santé. Peu à peu cependant sa santé s'affermit et si bien qu'il put professer la grammaire, les humanités et la rhétorique à Agen, à Tulle, à Poitiers et à Pau, puis il se livra au ministère de la prédication dans les résidences de Fontenay-le-Comte, Loudun, Marennes, Agen et Saint-Macaire. Enfin, en 1651, il partit pour la Martinique. On lit dans les notes envoyées à Rome sur le P. Pelleprat par ses supérieurs : ingeniumbonum,judiciumfirmum, talentum habéi ad omnia. — Après avoir parcouru en missionnaire Saint-Christophe, Marie-Galante, Saint-Vincent, la Grenade et la Martinique, il s'embarqua pour le continent le 20 juin 1653 avec le P. Méland, qui était revenu de la Terre-ferme à la Martinique pour chercher des collaborateurs. Les quelques mois qu'il passa sur le continent compromirent gravement sa santé; il revint, en janvier 1654, à la Martinique pour se rétablir, et. dans les premiers mois de l'année suivante, force lui fut de s'embarquer pour la France, afin d'y achever sa guérison. C'est, pendant son séjour au pays natal, qu'il rédigea sa Relation, d'abord en latin, puis en français. Son titre est : « Relation des missions des Pères de la Compagnie de Jésus dans les isles et dans la terre ferme de l'Amérique méridionale, par le P. Pierre Pelleprat, S. J., Paris, 1655. » Comme le titre l'indique, la relation est divisée en deux parties : 1° Mission des îles, 2<» Mission de la Guyane.

2. Relation latine du P. Pelleprat, C. 35 : « Fréquentes socios

Depuis son départ de la Guyane, la situation du pays avait subi d'importants changements : les Hollandais avaient occupé Gayenne et une partie de la Guyane ; puis les Espagnols des environs de TOrénoque, s'étant emparés de TOûarabiche, en avaient chassé les nouveaux colons. Le P. Pelleprat ne put donc reprendre son ministère auprès des Galibis. Après quelques tentatives inutiles, il se résigna à quitter cette terre de la Guyane qu'il aimait et se dirigea vers le Mexique, où il eut beaucoup à travailler et à souffrir. Il mourut à Puebla, le 21 avril 1667.

Le P. Denis Méland, cet ouvrier de la première heure à la Guyane, qui y avait conduit le P. Pelleprat, fut assurément le plus illustre missionnaire de la Mission dite de Cayenne ou de la ^Guyane française. Dans Tespace de dix ans, il visita plus de soixante peuplades sauvages dans ces immenses régions qui s'étendent entre le fleuve des Amazones, rOrénoque, les Cordillères et l'Atlantique. Outrages, calomnies, persécutions et mauvais traitements de la part des Espagnols, fatigues, privations et dangers de toutes sortes, rien ne put ralentir son zèle, ni faire fléchir son indomptable énergie. Enfin, épuisé, à bout de forces, il se retira au collège de Santa-Fé et mourut le 7 décembre 1674, « en si grande réputation de zèle et de vertu, que l'archevêque, le clergé et toute la noblesse espagnole accoururent à ses funérailles comme à celles d'un apôtre et d'un saint ^. »

tanto consilio non impares... missionariis nostris neque viarum neque linguœ peritis dux utcumque futurus ».

1. Ménologe S. J., Assistance de France, t. II, p. 576; — Relation.., du P. Pelleprat, 2® partie; — Menologinm P. Patrignani ; — Mission de Cayenne, par le P. de Montézon, pp. 83 et suiv.

Revenons aux premières années de la Mission de la Martinique.

Le P. Pelleprat dil au chapitre II dé la première partie de SB. Relation : « Outre les emplois que nous avons aux trois îles de la Martinique, de Saint-Christophe et de la Guadeloupe, nous faisons de temps en temps des missions aux autres, destituées d ecclésiastiques, pour secourir les Français et gagner à Dieu les infidèle^.... Comme ces îles n'ont point encore été pourvues de jpas^e«r5 ordinaires nous n'y avons pas seulement des emplois propres de notre compagnie, mais nous y exerçons de plus les fonctions ouriales. C'est ce qui rend les travaux de cette Mission fort grands, d'autant que nos insulaires ne demeurant pas dans un même enclos de murailles comme dans les villes, et leurs petites maisons, qu'ils nomment cases, n'étant pas ramassées comme nos villages, mais toutes écartées les unes des autres, il faut à toute heure entreprendre des voyages très fâcheux et très pénibles, pour assister les malades et leur porter les sacrements » K

Le P. Pelleprat écrit encore au chapitre IV : « Plusieurs se sont étonnés de ce qu'en peu d'années nous avons perdu dans ces îles un grand nombre de Pères, et en ont rejeté la cause sur Tintempérie du climat. Mais bien que les incommodités du pays y puissent contribuer en quelque chose,

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