‹ Le père Antoine Lavalette à la Martinique: d'après beaucoup de documents inéditsChapitre 8 sur 110 · Ibid., chap. VI · texte numérisé non relu

Ibid., chap. VI

4. Le 2 novembre 1642, le P. Bouton écrit au général Vitelleski pourquoi il n'a pu retourner plus tôt aux îles. — Le 17 septembre 1640, à son retour de la Martinique, il lui avait écrit : a Profecturus in insulas Americae scripseram ad V. P., et benedictionem ab ea petebam. Nune et itineris nostri et commorationis et reditus mei rationes breviter reddo » (Arch. gen., S. J.).

nier. D'autres le suivront de prés, et, parmi eux, Nicolas Brisejon, Henri du Vivier (aZ. du Vignyer), Marc- Antoine Gonthières et Jean Grillet, qui devinrent tour à tour supérieurs de la Missioa, Jean Destriches, Jacques de la Vallière, André de Jean, Ignace Pelleprat et Denis Méland.

Le P. Bouton ne fît que paraître à la Martinique, juste le temps nécessaire pour fonder la Mission ; il était réservé à ses successeurs de l'organiser. D'une santé précaire, éprouvée par le climat, il ne put, malgré l'énergie de sa volonté, résister aux fatigues et aux préoccupations d'une fondation, où tout était à créer. Il tomba sérieusement malade et ses frères Tobligèrent à rentrer en France vers le milieu d'octobre 1643. C'est pendant son séjour à Paris, de 1640 à 1642, qu'il composa et publia la Relation de son premier voyage : il la dédia A messieurs de la Compagnie des îles * .

Le principal organisateur de la Mission fut son successeur, le P. Nicolas Brisejon. Il établit son centre d'action à Saint-Pierre, où la résidence et l'église paroissiale furent bâties à quelques pas du fort. Comme lui et après lui, les supérieurs desservirent la paroisse et s'occupèrent princi-^ paiement des Européens sans toutefois négliger « les sauvages, qui habitaient la Cabesterre au-dessus du vent ^ ».

Les autres Pères eurent aussi leurs fonctions déterminées : ils travaillaient, les uns, à la conversion des Anglais protestants et au maintien des Irlandais dans la foi ; les

1. Voici le titre de cette relation : Relation de V eslablissement des Français depuis l'an 1635, en l'isle de la Martinique, Tune des Antilles de TAmérique, par le P. Jacques Bouton, S. J., Paris, 1640.

2. « L'isle est divisée en deux parties; l'une qu'on appelle la Cabesterre^ qui est au dessus du vent, et possédée par les Caraïbes ; l'autre peuplée de Français, appelée la Basse-terre ou les grands sables » {Relation du P. Bouton, chap. II).

autres, à révangélisation des nègres et des sauvages caraïbes à la Martinique et aux îles environnantes *.

Vingt ans après l'arrivée des Jésuites aux Antilles, de modestes résidences s'élevaient, non seulement à Saint- Pierre de la Martinique, mais à Saint-Christophe et à la Guadeloupe 2, et de là, les missionnaires visitaient en apôtres, sur la barque des sauvages convertis, Sainte-Croix, Saint- Martin, Saint-Barthélémy, Marie-Galante et Saint-Vincent -^

Dès i 651 , le P. Denis Méland, qui s'était consacré jusquelà à V instruction des Caraïbes^ rencontra un jour les Galibis ou sauvages de la Guyane dans l'île de la Grenade ^. Touché de leur docilité, il conçut le dessein d'aller les évangéliser dans leur propre pays, et se fit conduire par les Caraïbes sur le continent américain, ou, comme on disait alors, sur la terre ferme. Il fut reçu dans un carbet ou village de Galibis avec de grands témotg nages d'affection. Il apprit leur langue et fonda la Mission de Cayenne avec le P. Ignace Pelleprat, l'historien de cette Mission naissante et l'auteur d'une intro-

1. Relation du P. Pelleprat, chap. III, IV et V ; 1^« partie.

2. D'après du Tertre, le P, Pacifique serait arrivé en 1635, à Saint- Christophe, avec les trois premiers Capucins qui évangélisèrent cette lie {Histoire générale..,, édii. âe 1667, t. I, p. 59). — Le P. Breton, dominicain, fut un des quatre religieux de l'ordre de saint Dominique qui, en 1635, partirent de Dieppe pour la Guadeloupe, avec la colonie conduite par l'Olive et du Plessis. Ces mêmes religieux s'établirent à la Dominique en 1641, et à la Martinique en 1654 (Relatio gestorum à primis Ordinis Predicatorum missionariis in insulis Americae ditionis Galliae..., Ms. du P. Breton ; — Relation de l'isle de la Guadeloupe, faite par les missionnaires dominicains à leur Général, en 1647, ms. -du Tertre, édit.de 1667, t. II, p. 426).

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