IX. DE BOURDALOUE
Publiée sur l'autographe par M. E. de Barthélémy, dans le Bulletin
du Bibliophile f année 1872, p. 494.
Ce30déc. [1684 ■- 16991 (2).
Je vous honore trop, mon révérend Père, pour n'avoir pas eu du chagrin de la manière dont vous receutes dernièrement ce que je voulus vous dire sur le restablissement de vostre santé, et, sans les sermons de l'Avent, je n'aurois pas esté si longtemps sans vous le tesmoigner. Je puis avoir tort en quelque chose, mais au moins du costé du cœur n'ay-je rien à 'me reprocher sur ce sujet de vostre personne; et j'ose vous dire que pour peu que
(1) Cf. la préface des Epîtres nouvelles: « Dans le temps môme que cette préface était sous la presse, on m'a apporté une misérable épître en vers, que quelque impertinent a fait imprimer, et qu'on veut faire passer pour mon ouvrage sur l'Amour de Dieu. Je suis donc obligé d'ajouter cet article, afin d'avertir le public que je n'ai fait d'Epître sur TAmour de Dieu que celle qu'on trouvera ici, l'autre étant une pièce fausse et incomplète... »
(2) Ces deux années marquent le premier et le dernier avent prêches par Bourdaloue. La lettre, où il est question de ses sermons de Tavent fut donc écrite dans l'intervalle.
282 LE PÈBK BOUHOUBS.
VOUS m'eussiés fait de justice, vous auriés pu excuser l'un par rautre(l). Mais, sans entreprendre de me justifier, il me suffit de vous avouer que mon peu d'attention à mes devoirs m*a fait souffrir et sentir en cette occasion ce que je n'aurois ni senti ni souffert^ si j'avois eu pour vous moins d'estime et d'attachement que je n'en ay ; car, quoy qu'il arrive jamais, je seray tousjours constamment et invariablement, mon révérend Père, Vostre bien humble et obéissant serviteur,
BoURDALOiJE.