VIII. DU MÊME {Inédite
Catalogue communiqué par MM. Charavay.
[janvier 1698.]
J'espère avoir demain des copies imprimées de mes trois Épistres (1) et vous en enverray aussi tost. J'ay mis le, mot de jésuites dans la préface^ mais avec si peu d'affectation que si vostre illustre société, à mon avis, n'en est pas contente, ce ne sera pas ma faute. Du reste je soutiens dans mon Épistre la nécessité du vray amour de Dieu avec toute la vigueur que je puis ; mais en quoy cela peut-il regarder les jésuites qui donnent tous les jours, en plus d'un monde, tant de marques de cet amour qu'ils ont encore plus dans le cœur que sur les lèvres? Je ne sçay pas s'il y a quelques auteurs chés vous qui n'admettent pas cette nécessité, mais je sçay bien qu'il y en a un fort grand nombre qui l'admettent. Ainsi tout ce qu'il faudroit en (5w;) conclure de mon ouvrage, c'est que j'ay deffendu le sentiment de beaucoup de jésuites contre quelques jésuites. Enûn, mon révérend Père^ je ne vous cacheray point que c'est en quelque sorte par l'ordre de Mgr l'archevesque de Paris que j'imprime cet ouvrage,
(1) L'épître A mes vers^ celle A mon jardinier et celle A l'abbé iîcnaudot sur l'amovr de Dieu. Elles furent imprimées avec une préface^ dans les premiers jours de 1698 {Epîtres nouvelles du S^ Z)., chez Thierry, in-4). Cela date la lettre.
que j'y ay corrigé trois endroits que le très révérend P. de la Chaize à qui je Tay lu n'approuvoit pas, et que si vostre illustre société rompoit avec moy au sujet de mon Épistre, cela feroit un ridicule effect dans le monde, puisque cela donneroit occasion à beaucoup d'imper tinans(s^) de dire que c'est qu'elle ne peut souffrir qu'on aime Dieu. . . P. S. Au nom de Dieu, mon révérend Père, criés bien de vostre costé contre cette impertinente copie qu'on donne en mon nom (1) et qui m'a donné un des plus grands chagrins que j'aye eu de ma vie.