Le père d'Émile Zola
Dans l'odieuse campagne menée contre ceux qui dans l'affaire Dreyfus ont cherché l'entière vérité et l'entière justice, l'épisode le plus odieux peut-être est l'agression des journaux nationalistes contre la mémoire du père de Zola. Même si elles eussent été démontrées, les erreurs et les faits d'un homme mort il y a plus d'un demi-siècle n'avaient aucun rapport au débat. Mais, comme pour marquer une fois de plus d'un caractère frauduleux toute la campagne nationaliste, il se trouve que les documents allégués contre le père d'Emile Zola sont faux.
Dans quelle mesure ceux qui s'en sont servi ont-ils été dupes? Nous n'avons pas à le rechercher : mais, si on veut bien lire avec soin l'étude de Jacques Dhur, on aura la conviction
absolue que nous sommes en présence de pièces fausses. L'étrangeté du texte, les erreurs de fait, de dates, de noms propres, tout concourt à démontrer qu'il y a là un faux.
L'analyse de Jacques Dhur est d'une très grande pénétration et aussi d'une parfaite rigueur scientifique. C'est un modèle de discussion loyale, avisée et documentée.
Mais n'est-il pas scandaleux que le ministère de la guerre n'ait pas permis à M. Emile Zola et à son défenseur de prendre connaissance directe des documents allégués contre M. François Zola? Les bureaux de la guerre ne peuvent alléguer la nécessité du secret, puisqu'ils ont certainement manqué à cette règle en communiquant aux journaux nationalistes les prétendues lettres qui chargent M. François Zola. La vérité, c'est qu'ils ont eu peur que la preuve matérielle du faux commis par eux fût faite. Mais ils n'ont rien gagné à cette manœuvre A défaut de la preuve matérielle, la preuve logique et historique est faite.
Nous prions qu'on ne l'oublie pas. Quand
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Ici pleine lumière sera faite, quand les bureaux (le la guerre devront rendre compte des faux jMTsque innombrables qu'ils ont commis, il faudra leur demander un compte particulièrement sévère du faux odieux entre tous par leciuel ils ont souillé la mémoire du père mort pour frapper en pleine bataille le fds qui réclamait justice pour Dreyfus innocent.
L'œuvre de Jaccjues Dhur est un commencement de revanche pour la conscience publique. Tous les honnêtes gens en sauront gré à notre vaillant et clairvoyant ami.
Jean JAl UÈS.