‹ Le père de familleChapitre 17 sur 39 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

Les précédées, SOPHIE, Mlle. CLAIRET.

JS o p h i e, troublée .

e ne sais où je suis.... Je ne sais où je vais... O Ciel! ne m’abandonnez pas.

Germeuil, V appelle*.

Mademoiselle, mademoiselle.

Sophie.

Qui est- ce qui m'appelle ?

GermeuiL.

Rassurez-vous. Je suis l'ami de S. Albin, et mademoiselle

est sa soeur.

S o p h i e , après un moment de silence . Mademoiselle, que vous dirai-je ? Voyez ma peine. Elle est ay-clessus de mes forces .. Je suis à vos pieds , et il faut que j’y meure, ou que je vous doive touL Je suis une infortunée qui cherche un asyle... C'esf votre oncle et votre frère que je fuis.,. Votre oncle que je ne connois pas , et que je n’ai jamais

offensé: votre frère Ah! ce n’est pas de lui que j'attendois

mon chagrin.... Que vais-je devenir si vous m’abandonnez ?... Ils accompliront sur moi leurs desseins.... Secourez - moi , Sauvez-moi. Sauvez-moi d’eux. Sauvez-moi de moi-même. Ils ne savent pas ce que peut oser celle qui craint le déshonneur, et qu’on réduit à la nécessité de haïr la vie... Je n'ai pas cherché mon malheur, et je n'ai rien à me reprocher... Je travaillois, et je vivois tranquille.... Les jours de la douleur sont venus. Ce sont vos parens qui les ont amenés sur moi, et je pleurerai toute ma vie, parce qu’ils m’ont connue.

Qu’avez-vous fait ?

Sophie.

J’ai une mère qui m'aime... Comment reparoîtrois-je devant elle?... Mademoiselle , conservez une fille à sa mère , je vous en conjure par la vôtre, si vous l’avez encore... Quand je la quittai, elle dit ; Ciel ! prenez cet enfant sous votre garde et

^onduisez-là... Si vous fermez votre cœur à la pitié, le Ciel

n’aura pas entendu sa prière , et elle en mourra de douleur

Tendez la main a celle quon opprime ayez pkié de moi.

Germeuil, à Cecile.

Vos yeux se remplissent de larmes. Son malheur vous touchée. Cecile, à G erme ni L

Qu’elle me peine! Oli! que ceux qui peuvent la tourmenter sont médians! Sophie.

Dieu soit loué, tous les cœurs ne sont pas endurcis.

Cecile.

Je connois le mien. Je ne voul'ois ni vous voir, ni vous entendre.. . Comment vous nommez-vous ?

Sophie. Sophie.

Cecile, eix V embrassant*

Sophie, venez. ( Germeuil se jette aux genoux de Cécile et lui prend une main qu’il baise sans parler ). Que m© demandez-vous encore ? Ne fais je pas tout ce que vous.voulez ?

Cécile s’avance vers le fond du salon avec Sophie , au’ elle remet à sa femme de chambre ).

Germeuil, en se relevant . Imprudent... Qu’ai lois-je lui dire ?...

Mlle. Clairet.

J’entends, mademoiselle. Reposez-vous sur moi.

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