‹ Le père de familleChapitre 21 sur 39 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

M. D’ORBESSON , LE COMMANDEUR , CECILE , SAINT-ALBIN v GERMEUIL.

Cecile qui V apperçoit la première , court; à lui et lui crie *

O U allez-vous ?

Saint-Albin , s\ivance ver? lui , et lui crie avec fureur. Traître , où est-elle ? Rends la moi , et te prépare à défendre ta vie. d’Orbesson , courant après Saint-Albin.

Mon fils. Cecile

Mon frère... Arrêtez... Je me meurs... j Elle tombe dans un fauteuil. Le Gomma ndeur,^ M. dJ Orbesson.

Y prend elle intérêt ? Qu’en dites-vous ?

d’ Orbesson.

Germeuil, retirez-vous.

' Germeuil

Monsieur , permettez que je reste.

Que t’a fait Sophie ? Que t’ai-je fait pour me trahir ?

d’ O r besson, toujours à Germeuil.

Vous avez commis une action odieuse.

Sain t-A l b i n*

vSi ma sœur t’est chère , si tu la voulois. , étoit-ce par une trahison qu’il te convenoit de l’obtenir. . Homme vil* tu t’es trompé... Tu ne connois ni Cécile, ni mon père , ni cet oncle cruel qui t’a dégradé , et qui jouit maintenant de ta confusion... Tu ne réponds rien.

Germeuil, avec froideur et fermeté.

Je vous écoute , et je vois qu’on ôte ici l’estime en un moment , à celui qui a passé tonte sa yi$ à la mériter. Jaîtendois autre chose.

d’O R B ESSO N.'

N’ajoutez pas la fausseté à la perfidie.

Je ne suis ni faux ni perfide.

Saint-Albin-.

Quelle insolente intrépidité ?

Le Commandeur.

Mon ami, il n’est plus tems de dissimuler. J’ai tout avoué.

Monsieur, je vous entends , et je vous reconnois.

Le Commandeur.

Que veux-tu dire ? Je t’ai promis ma fortune et ma nièce. C’est notre. traité , et il tient.

Germeuil, au Commandeur .

Je n’estime pas assez la fortune pour en vouloir au prix de l’honneur ; et votre nièce ne doit pas être la récompense d’une perfidie... Voilà votre ordre; il seroit en d’autres mains si j’en a vois fait usage.

Le Commandeur, V arrachant.

Ma lettre de cachet! Voyons, voyons.

Saint-Albin.

Sophie est libre ?

Saint- Albin, apprenez à vous méfier des apparences, et à rendre justice à un homme d’honneur. Monsieur, je vous salue. Il sort.

d’ O rb es s o n, avec regret .

J’ai jugé trop vite. Je l’ai offensé.

Le Commandeur, stupéfait regarde sa lettre de cachet .

Il m’a joué. d’Orbesson.

Vous méritez cette humiliation.

Le Commandeur.

Fort bien. Encouragez-les à me manquer. Ils n’y sont pas assez disposés. Saint - Albin,

En quelqu’endroit qu'elle sçit , je saurai la retrouver; j’y cours. Toi , Cécile , vas, chère soeur , c’est à toi à faire ma paix avec Germeuil.

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