‹ Le père de familleChapitre 5 sur 39 · TT 1 1 . „ S A I N T - A L E 1 N · texte numérisé non relu

TT 1 1 . „ S A I N T - A L E 1 N

r HeIas!, elle est aussi réservée que Sophie. Ce que j’en ai pu ner, cest que cette jeune personne est venue de Province

implorer l’assistance d’un parent , qui n’a voulu ni la voir , ni 3a secourir. d ’ O R besson.

Ayez-vous dit que vous aimiez ?

Saint-Albin, avec vivacité.

Moi , mon père ; je n ai pas même entrevu dans l'avenir le Xnoment où je 1 oserois.

d’Orbesson.

Vous ne vous croyez donc pas aimé ?

Saint-Albin.

Pardonnez-moi... Quelquefois je l’ai pensé...

d’Orbesson.

Et sur quoi ? S a i n t - A l b i n.

Sur des choses légères qui se sentent mieux qu’on ne les dit. Par exemple , elle prend intérêt à tout ce qui me touche. Son visage s’éclaircit à mon arrivée; son regard s’anime. J’ai cru quelquefois qu’elle m’attendoit. Souvent elle m’a plaint d’un travail qui prenoit toute ma journée. Je ne doute pas qu'elle m'ait prolongé le sien dans la nuit pour m’arrêter plus longtems. d’Orbesson.

i Vous m’avez tout dit ?

Saint-Albin.

Tout. d’O r besson, après une pause Allez vous reposer... Je la verrai.

Saint-Albin.

Vous la verrez ? Ah ! mon père, yous la verrez ?... Mais songez que le tems presse.

d’Orbesson.

Allez , et rougissez de n’ètre pas plus occupé des alarmes que votre conduite m’a données , et peut me donner encore.

S ain t-Al b i n y en sortant .

Mon père , vous n’en aurez plus.

d’Orbesson, seul.

De l’honnêteté , des vertus . de l'indigence , de la jeunesse, des charmes , tout ce qui enchaîne les âmes bien nées ?. . . . A peine délivré d’une inquiétude , je retombe dans une autre. . . . Quel sort ! Mais peut-être m’allarme-je encore trop-tôt... Un jeune homme passionné , violent , s’exagère à lui-même , aux autres... Il faut voir. ... Il faut appeller ici celte fille , l'entendre , lui parler. ... Si elle est telle qu’il me la dépeint , je pourrai l’intéresser, l’obliger... Que sais-je ?...

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